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Paroles, paroles, paroles …

Les chiffres sont cruels, le score moyen en mathématiques des élèves français chute de 14 points entre 2003 et 2009 (enquête PISA 2009), ils obtiennent un score en sciences qui stagne et se révèle tout aussi moyen. Pourtant, 50 % des lycéens de la voie générale s’orientent en première S qui devrait être la filière scientifique par excellence. Comment dans ces conditions redonner aux élèves le goût pour les carrières scientifiques et relever leur niveau pour rendre la France plus compétitive dans la recherche et l’innovation ?

Face à cette situation le ministre Luc Châtel propose une énième réforme du lycée qui vient de recevoir une volée de bois vert de l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public : « Ce plan sciences est un écran de fumée qui masque la diminution des heures de sciences pour la série S et la disparition des mathématiques dès la seconde pour la série des « littéraires » les professeurs des sciences de la vie et de la terre ne sont d’ailleurs pas en reste, ils estiment que leurs disciplines « perdent une demi-heure en seconde et une heure en première par semaine. » Alors que leur enseignement était expérimental, les cours en groupes restreints sont diminués. Eric Barbazo, président de l’association des professeurs de mathématique de conclure : « Ce n’est pas comme cela que l’on va concurrencer les élèves indiens et chinois ».

Qu’en est-il réellement ? Les jeunes français sont-ils devenus des crétins en moins d’une décennie ? Et des incultes puisque les tests PISA montrent aussi un recul dans la compréhension de l’écrit. Continuer la lecture

L’exception française

l'exception française

Mon récent article sur le soixante dixième anniversaire de la débâcle de 1940, dans lequel je faisais retour sur les épisodes antérieurs de 1914 et de 1970 n’a pas eu l’air de plaire à certains adeptes de la méritocratie. Je leur conseille donc la lecture de deux livres qui jettent une lumière crue sur les acteurs de ces drames : L’impardonnable défaite 1918-1940 et Joffre, l’âne qui commandait des lions. Signe des temps, la déroute française en Afrique du Sud vient rappeler au pays que le choix des managers et des coachs n’a jamais été le point fort de notre pays et devrait nous conduire à plus de modestie, nous qui donnons des leçons au monde entier.

J’étais la semaine dernière à un séminaire organisé par Campus France à l’École supérieure des affaires à Beyrouth. On y débattait de la politique française en matière d’attractivité des étudiants étrangers. J’y ai fait la connaissance de Dominique Wolton directeur de l’institut des sciences de la communication du CNRS[1]. Individu étonnant qui ferraille contre les institutions méritocratiques, ce pourquoi il a toute ma sympathie, mais n’a pas compris que la défense de « l’Esprit Français » ne peut plus se faire aujourd’hui comme au temps de Montesquieu. Et voilà pourquoi l’on butte sur des alliances contre-nature dans notre pays. Nous savons tous que la « Lingua franca » des sciences « inhumaines » que sont les sciences économiques, les sciences managériales, les sciences naturelles et les sciences biologiques et médicales est l’anglais ou, plutôt, le globish. Nous avons été avec Richard Descoings les premiers à refuser la monoculture universitaire en créant les doubles cursus exigeants de sciences et sciences humaines en licence et maintenant en masters. Je réclame ardemment que l’on stoppe la dérive stupide des classes préparatoires scientifiques et de la première année de médecine. C’est donc sans complexe que je milite pour une révolution copernicienne de la formation des jeunes français afin de les faire sortir du splendide isolement où les a plongés une vision restrictive de l’exception française. En outre je suis de ceux qui pensent qu’il y a une crise mondiale de l’éducation. Continuer la lecture

L’alternative

L'alternative

En rebond sur mon dernier article, Irnérius me taquine sur mon manque de propositions et pointe le risque, avec les doubles cursus que j’ai créés à l’UPMC en 2005 en partenariat avec l’Institut d’études politiques d’abord puis de Paris Sorbonne ensuite, d’avoir ainsi mis en place des licences fréquentées par les seuls étudiants issus des classes favorisées. Ce n’était pas le but de ces programmes qui visaient à restaurer un minimum de mixité intellectuelle chez les primo-entrants et de représenter une alternative aux classes préparatoires. Cinq années plus tard, malgré une concurrence accrue, on peut constater l’effet positif de ce dispositif :

Mention au baccalauréat

Revenons maintenant sur le panorama éducatif français. Nous savons que l’intégration de la dernière grande vague d’immigration constituée pour l’essentiel des anciens colonisés attirés en France dans les années soixante pour les besoins du développement industriel ne s’est pas effectuée, contrairement à ce qui s’était passé pour les vagues antérieures de polonais, d’italiens, d’espagnols et de portugais. Mais ce qu’Arlette Chabot appelle hypocritement l’échec de 30 ans de politique de la ville est en réalité l’échec d’une politique d’intégration Continuer la lecture