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La Noblesse d’Etat dans tous ses émois

Le président de la fondation ParisTech, lors d’une cérémonie organisée par sa fondation à la chambre de commerce et d’industrie de Paris en l’honneur de ses entreprises partenaires a lâché le morceau : « Il ne s’agit pas de faire de ParisTech un bunker, replié sur son passé. Mais il s’agit de reconnaître que nous avons un peu plus en commun ensemble qu’avec les autres »[1]. Cet X-Mines ingénieur du corps des mines, emblématique de cette Noblesse d’Etat, a occupé diverses fonctions au ministère de l’industrie jusqu’en 1983. Puis il devient PDG de Thomson-CSF, puis de Thalès produit du mariage de Thomson avec Dassault Électronique qu’il quittera en 2008. Il exprime en fait ce que l’actuel président de Paris-Tech dévoilait récemment : « Une décision forte a été prise, à l’unanimité du conseil d’administration, d’aller vers une intégration accélérée des huit écoles de ParisTech qui ont vocation à déménager sur le plateau de Saclay ou qui y sont déjà. Nous allons en faire le noyau dur, avec une coopération renforcée entre les huit écoles, visant une intégration physique et opérationnelle »[2]. Pour ce faire il vante les « cinq gènes identiques et fondateurs » de ParisTech que seraient :

-    la qualité du recrutement avec une sélection très élevée (évidemment avec des sergents recruteurs dans les lycées)
–    la pluridisciplinarité (mais limitée aux sciences et aux technologies)
–    la gouvernance car c’est le directeur qui dirige (sous le contrôle du monde économique)
–    les anciens (comprenez les lobbys des écoles)
–    l’intensité du rapport avec les entreprises (comprenez le pré recrutement par le CAC 40)

Ces fortes paroles cachent mal l’exaspération de cette Noblesse d’Etat par la perception de plus en répandue de l’impasse absolue du système dualiste et discriminatoire français. Juan Branco, président du groupe de réflexion Jeune République, vient opportunément de rappeler qu’à l’Ecole normale supérieure il existe une discrimination de fait entre les « élèves » issus du concours qui peuvent seuls se prévaloir du titre d’anciens normaliens et les « étudiants » reçus par la voie parallèle, souvent via l’université, tout aussi brillants que les précédents et qui ne le peuvent pas. « Moins d’une dizaine de chambres sont réservées à ces derniers à titre exceptionnel contre le millier dont bénéficient les « élèves » tout au long de leur scolarité »[3]. D’autres que moi ont souligné « l’inbreeding » des conseils d’administration des sociétés du CAC 40 et des grands corps de l’Etat avec la dizaine de grandes écoles qui tiennent le haut du pavé. Michel Mortier n’a pas tord de dire que : « le problème des grandes écoles est davantage celui des grands corps de l’État, qui est un modèle dépassé et malsain car il fabrique des rentes de situation à vie ». Mais, ajoute t-il, « les élèves de Chimie ParisTech, eux, n’ont aucun filet de sécurité »[4]. Car il y a écoles et écoles à ParisTech comme il y a élèves et étudiants à l’ENS. Michel Mortier n’a pas la reconnaissance facile, Continuer la lecture