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Contre-attaque de la Noblesse d’Etat

La contre-attaque des partisans du système méritocratique est de grande ampleur. Elle allie désinformation et guérillas de tranchées. Les médias se sont fait largement l’écho des déclarations de Pierre Tapie, directeur général du groupe ESSEC[1], qui préside la conférence des « grandes écoles »[2],  inquiet comme Athalie[3], en écho peut être aux déclarations récentes de Valérie Pécresse. Selon lui, les classes préparatoires « qui parviennent à rattraper la moitié du retard des boursiers, sont clairement un ascenseur social ». Et les médias nationaux d’emboiter le pas en mettant en exergue quelques uns des veinards du 9-3 qui trouvent que, finalement, les concours c’est pas si difficile dès lors que l’on a eu la chance d’être coaché convenablement à Saint-Louis où à Louis le Grand[4] (quid à Ginette ?) ! En cela Tapie et les médias reprennent à leur compte les arguments du philosophe de pacotille qui s’est rendu célèbre en crachant dans la soupe et qui récidive dans un pamphlet récent publié « en raison des menaces qui se précisent sur les classes préparatoires et les grandes écoles », et de leur possible dilution dans le système universitaire. Haro sur les quotas de boursiers dans les grandes écoles qui ne visent qu’à déboulonner ce qui marche au nom de l’égalitarisme : « Quand certains promettent la réussite pour tous, c’est de l’escroquerie ». Mais qui est l’escroc lorsque, sous couverts d’éthique, la conférence des grandes écoles se fait un devoir de ne pas donner d’information permettant des comparaisons ou des classements des écoles membres ? En réalité concernant, les moyens, les forces réelles de recherche et les résultats c’est l’omerta car les mauvais esprits pourraient en tirer des arguments en faveur du monde universitaire. Continuer la lecture

Le mirage des concours

credit flickr - rbglasson

Michel Guillon me reproche de solliciter « en quelque sorte, la séparation des ordres, en l’habillant d’un discours convenu sur la mixité sociale et l’intégration ». Je crois qu’il a mal interprété mon propos. Mon problème majeur n’est ni la mixité sociale ni l’intégration. Certes je ne suis contre ni l’une ni l’autre, mais je considère que la mixité sociale est beaucoup plus difficile à réaliser, voire impossible, dans une société en régression où chacun s’efforce d’abord de protéger son pré carré et sa progéniture.

Ma préoccupation est toute autre, le système éducatif français qui consiste à séparer le bon grain de l’ivraie résulte d’une lecture imparfaite de l’évangile selon Mathieu . Le Christ nous invite à favoriser la croissance de la bonne graine, certes, mais encore faut il d’abord que le Père se soit « fendu » de la bonne semence ! Qui peut dire à l’adolescence que la semence sera la bonne ? Il se trouve que la semaine dernière j’ai, pour la troisième année consécutive, corrigé 140 copies de l’épreuve dite « de culture générale » du concours d’entrée en deuxième année de médecine. Au moins dans cet exercice, il n’est pas besoin de s’interroger sur le fait de savoir si « la suppression des concours, [est] la meilleure protection contre le recrutement au faciès ». Nous savons en effet que la filière médicale est redevenue la plus ségrégative.

Deux questions avec réponse sur une demi-page au maximum pour chacune étaient proposées aux impétrants. Le correcteur, disposait de la liste des 13 mots clés pour chaque question et d’une feuille où il devait comptabiliser la présence des mots clés. Toute pondération pour le style, l’orthographe, la compréhension du sujet était interdite. Aucun contre sens ne pouvait être utilisé pour invalider le décompte d’un mot Moins de 20% des copies avaient plus de 50% de bonnes réponses. Pas plus de 10% des copies faisaient apparaître une maitrise du sujet. Impossible de détecter à travers cet exercice une quelconque motivation pour l’exercice du métier de médecin. Par contre une certitude, celles que les quatre cinquièmes des candidats n’avaient pas assez d’envie d’être médecin pour connaître l’état de la médecine dans l’empire Romain et aucun pour savoir que l’utilisation des antibiotiques avait éradiqué les maladies cardiaques induites par le streptocoque hémolytique. Et voilà comment sont sélectionnés nos futurs médecins avec comme seule justification théorique « la meilleure protection contre le recrutement au faciès ».

En réalité je prône la création, au sein des universités, de collèges « undergraduate » permettant certes la mixité sociale, mais aussi celle de l’intelligence. Continuer la lecture

Le déni d’échec.

credit : 1suisse sur Flickr

Le déni de grossesse se définit comme le fait, pour une femme enceinte, de ne pas avoir conscience de l’être . C’est bien de cette pathologie dont est atteinte la société française en ce qui concerne son système éducatif. Un rapport de la Cour des Comptes qui tentait naïvement de présenter quelques symptômes du mal a été immédiatement relativisé par Luc Châtel ministre de l’éducation nationale . Et en dehors d’un Slam des banlieues on ne peut qu’être frappé par le silence abyssal de la communauté éducative.  De fait on sait que, depuis 1995 tous les indicateurs stagnent voire même régressent.

Les comparaisons internationales effectuées par l’OCDE font apparaître une efficacité moyenne de l’enseignement scolaire français. Qu’il s’agisse de la compréhension de l’écrit, des mathématiques ou des sciences, la France se situait en 2006 juste au-dessous de la moyenne de l’OCDE. Ainsi, sur les 30 pays figurant sur le tableau ci après, la France figure au 17ème rang pour la compréhension de l’écrit et les mathématiques et au 19ème rang pour les sciences. Il est certain que les prochaines études montreront que la situation en 2010 s’est encore détériorée. Continuer la lecture