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Iran, remaniement…retour sur la semaine

credits : Yiping Lim - Flickr

La semaine qui vient de s’écouler a été riche d’enseignements. Comme l’ont constaté plusieurs commentateurs dans le monde, l’intervention des étudiants et des universitaires n’est pas nouvelle dans l’histoire politique récente de l’Iran, mais cette fois-ci, ils n’étaient plus seuls. Une grande partie de la société avait décidé de sortir de sa schizophrénie. Et c’est pourquoi la mainmise sur les locaux de l’université de Téhéran fut rapide, brutale, meurtrière et que, symboliquement, c’est là que le guide suprême tenta de siffler la fin de la partie. Il est donc important d’avoir non une pensée pour nos collègues universitaires iraniens et leurs étudiants à l’encontre desquels la chape de plomb d’un fascisme islamique s’est déchaînée, mais de faire preuve à leur égard de solidarité active. J’en avais rencontré quelques uns une semaine avant les élections et même si nous parlions à demi-mot il était évident pour eux que cette élection constituait une étape cruciale. Bien sûr, beaucoup pressentaient ce qui allait se passer, mais ils avaient l’espoir et la détermination rivée au cœur. Quoi qu’il en soit nous devons maintenant à tout prix les aider, éviter les imprécations et les discours moralisateurs qui ne servent à rien. Non seulement il convient de ne pas perdre les contacts avec les universités iraniennes mais au contraire les renforcer, ouvrir grands les bras à ceux qui vont venir chez nous, enseignants et étudiants.

C’est pourquoi je lance ici un appel aux ministres concernés Continuer la lecture

Un cautère sur une jambe de bois !

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(cet article est la suite de Triste anniversaire, publié le 15 juin 2009)

Selon les tenants de la dernière réforme de l’entrée en médecine élaborée par le ministère, la mise en place d’une première année de licence, préalable aux études proprement dites de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de sages-femmes baptisée L1 de santé, augmenterait les chances de réussite en L1 tout en visant à limiter le nombre de redoublements immédiats des étudiants n’ayant pas atteint une note plancher. Ces étudiants, classés au-delà du nombre représenté par 2 à 2,5 fois le numerus clausus autorisé, devront compléter leur formation scientifique et ne seront autorisés à se représenter à une nouvelle inscription au concours qu’à l’issue de deux années de formation complémentaire en licence, autre que celle de santé. La même exigence pourrait s’appliquer dès la première partie du concours, à l’issue du premier semestre pour les universités qui seraient volontaires, ce qui devrait être le cas de la plupart d’entre elles, soucieuses de se débarrasser de ce surcroît d’étudiants dans les meilleurs délais. Dans ce cas, les étudiants jugés insuffisants à l’issue du premier semestre seraient appelés à compléter leur formation au cours du second semestre, pour pouvoir s’inscrire ensuite dans une deuxième année de licence et avoir le droit de revenir en L1 de santé pour repasser le concours l’année suivante, le droit au redoublement étant intangible. Rien n’étant prévu à l’heure actuelle sur la façon de réorienter les étudiants au cours du second semestre, il faudra bien les garder jusqu’à la fin de l’année. Clairement, l’objectif est de décourager les étudiants qui pourront néanmoins passer jusqu’à 4 ans pour tenter de réussir le concours d’entrée. Renforcement de la discrimination sociale ici encore, puisque seuls les plus fortunés seront à même de s’autoriser un tel parcours. Continuer la lecture