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Contre-attaque de la Noblesse d’Etat

La contre-attaque des partisans du système méritocratique est de grande ampleur. Elle allie désinformation et guérillas de tranchées. Les médias se sont fait largement l’écho des déclarations de Pierre Tapie, directeur général du groupe ESSEC[1], qui préside la conférence des « grandes écoles »[2],  inquiet comme Athalie[3], en écho peut être aux déclarations récentes de Valérie Pécresse. Selon lui, les classes préparatoires « qui parviennent à rattraper la moitié du retard des boursiers, sont clairement un ascenseur social ». Et les médias nationaux d’emboiter le pas en mettant en exergue quelques uns des veinards du 9-3 qui trouvent que, finalement, les concours c’est pas si difficile dès lors que l’on a eu la chance d’être coaché convenablement à Saint-Louis où à Louis le Grand[4] (quid à Ginette ?) ! En cela Tapie et les médias reprennent à leur compte les arguments du philosophe de pacotille qui s’est rendu célèbre en crachant dans la soupe et qui récidive dans un pamphlet récent publié « en raison des menaces qui se précisent sur les classes préparatoires et les grandes écoles », et de leur possible dilution dans le système universitaire. Haro sur les quotas de boursiers dans les grandes écoles qui ne visent qu’à déboulonner ce qui marche au nom de l’égalitarisme : « Quand certains promettent la réussite pour tous, c’est de l’escroquerie ». Mais qui est l’escroc lorsque, sous couverts d’éthique, la conférence des grandes écoles se fait un devoir de ne pas donner d’information permettant des comparaisons ou des classements des écoles membres ? En réalité concernant, les moyens, les forces réelles de recherche et les résultats c’est l’omerta car les mauvais esprits pourraient en tirer des arguments en faveur du monde universitaire. Continuer la lecture

Autonomie ou loi Goulard that is the question !

cité internationale de paris credits : clic me - flickr

Dans mon livre « Quand l’université se réveille tout devient possible », j’écrivais en 2008 :

« [En 2003] les universités Dauphine, Sorbonne Nouvelle, Pierre et Marie Curie ainsi que l’Ecole Normale Supérieure créent une confédération universitaire. En 2004, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales demande à participer à l’aventure.[…] L’année 2006 verra l’arrivée de l’université Panthéon Assas et au début de l’année 2007 des discussions seront entamées avec d’autres établissements d’enseignement supérieur. La constitution d’un pôle d’érudition de réputation mondiale au sein de Paris Universitas comportant l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l’Ecole Normale Supérieure, est effective avec la décision de l’université Paris Sorbonne de nous rejoindre mettant fin ainsi aux séparations arbitraires de l’après 68. L’objectif est maintenant clair, il s’agit de faire converger les politiques et les organisations d’établissements fort différents et de créer ainsi un mouvement de refondation solide d’une une université globale, omni-disciplinaire, qui ne soit pas dépendant des tergiversations de l’Etat et puisse perdurer par delà le renouvellement des équipes dirigeantes. »

La consultation des classements de l’ISI web of science, montrait clairement l’effet qu’aurait la création en Ile-de-France de trois universités de plein exercice en lieu et place des trois regroupements qui se sont opérés en 2005, l’Alliance Paris-Universitas, L’alliance Paris Centre Universités et l’alliance Paris Sud, la première se situerait au 12ème rang mondial et au premier rang européen pour le nombre des articles publiés, la seconde se situerait au 30ème rang mondial et au 3ème rang européen  et la dernière serait au 36ème rang mondial et au 4ème rang européen. Si l’Ecole Polytechnique de Palaiseau, fort loin dans les classements était intégrée dans l’alliance Paris Sud, celle-ci serait alors au 16ème rang mondial et au 2ème rang européen.

Fin 2005, Paris Universitas aurait pu être un PRES, mais ni le directeur de l’enseignement Supérieur d’alors, ni la noblesse d’Etat n’en voulurent : trop grand, trop prestigieux, bref trop tout. En France « Small is Beautiful ».

Qu’en est-il quatre années plus tard ? Continuer la lecture