Archives du mot-clé loi LRU

Dura lex sed lex !

Voire.

L’opéra bouffe de New York et la tragédie d’Oslo ont repoussé au second plan les bégaiements de la politique universitaire sarkozyste. Mais il se murmure ici ou là avec insistance, que l’un des lauréats de l’Idex doit son succès à une présentation complaisante de la réalité de son existant et de ses engagements en matière de gouvernance. Qui peut croire en effet que l’ENS Ulm, le collège de France, l’observatoire de Paris et Dauphine vont se regrouper au sein d’une université soumise à la loi Pécresse ? Qui peut croire en outre que l’ENS Ulm se fera Hara Kiri sur l’autel de Shanghai en renonçant au label qui lui assure la troisième place en France alors que l’effet de taille provoqué par l’accroissement du nombre de chercheurs, résultant de la fusion avec des établissements ayant des doses homéopathiques d’étudiants, entraînera inéluctablement un recul important dans leur classement ? Et ce ne sont pas les belles du bois de Boulogne qui pourront les sauver.

Le président du jury de l’Idex s’est ému du discrédit qui risquait d’en résulter pour son jury. Il a cru bon de préciser ici ou là que la vérification de la véracité des dires des établissements candidats relevait des ministères concernés et non pas de son Jury. C’est un peu court jeune homme. Que dirait-on si la NSF américaine, le MRC anglais ou l’ANR française ne s’assuraient pas de la réalité des listes de publications et la faisabilité des projets transmis par les candidats aux subventions ? En outre, Jean Marc Rapp ne pouvait ignorer que l’un des membres à qui il avait confié le dossier des siamois ennemis (PSL et SU) était un ancien directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur, qui plus est issu d’une Ecole impliquée dans l’un des projets. Continuer la lecture

La droite jacobine à la manœuvre

N’en déplaise aux membres de la Noblesse d’Etat qui adorent mon blog, trois faits constatés la semaine passée mettent en relief le caractère schizophrène de la sarkozyste.

Le premier est résumé dans un éditorial de « Le Monde« [1]. Dédié au développement de l’industrie du solaire il constate que le gouvernement « s’apprête à publier cet été un nouveau dispositif destiné en principe à relancer la filière [du développement du solaire]… A y bien regarder tout semble fait pour compliquer, retarder et surtout encadrer…. La France va réussir cet exploit d’être l’un des rares pays à perdre des emplois dans une filière pourtant porteuse d’avenir » ! A vrai dire, ce qui se passe dans le secteur des énergies nouvelles ressemble étrangement à ce qui se passe pour l’université.

Après avoir surfé sur le désir des universitaires d’une autonomie renforcée lors de la campagne électorale de 2007, le temps des contrôles et du dirigisme est revenu. J’ai dit ce que je pensais des premiers dans de nombreux articles. Mais le projet d’arrêté qui vient d’être soumis au CNESER montre aussi que l’heure est à la démagogie pré-électorale. Au printemps 2002, Jack Lang avait cédé aux étudiants en refusant la césure entre la licence et le master et aux caciques des sciences humaines, sociales et juridiques en instaurant la sélection après la première année de master. Le couple WP vient de rééditer l’exercice en fixant des normes plancher ne reposant sur aucune étude sérieuse et en prétendant imposer aux universités les modalités pratiques de déroulement du cycle licence alors que selon la loi LRU celles-ci sont du strict ressort des établissements.

Un troisième fait montre bien que, malgré une propagande intensive, le sarkozysme ne s’est pas attaqué aux racines profondes du mal français. Cette année, avec une balance courante négative de près de 45 milliards d’euros, le déficit commercial dépassera les 70 milliards. La dette publique atteindra 85 % du produit intérieur brut. Crash tests des banques réussis ou pas, la France n’est pas à l’abri d’une récession profonde et durable. L’économiste Laurent Faibis réclame dans « Les Echos » du 13 juillet un nouveau modèle économique : Continuer la lecture

Réponse à Michel Leroy sur l’autonomie universitaire

Je n’ai pas encore lu votre livre[1] et vais m’y atteler de ce pas. Cependant, si j’en crois l’article de Philippe Jacqué paru à ce sujet dans Le Monde[2], nous sommes d’accord sur quelques points. D’abord le mouvement fondateur de l’autonomie universitaire est bien mai 68 n’en déplaise à la droite. Je finissais à cette époque mes études de médecine et je me rappelle fort bien le bouillonnement, parfois erratique, qui a présidé au décès des facultés et à la création des nouvelles universités. Je suis également d’accord sur le fait que l’autonomie universitaire clive à travers toutes les sensibilités politiques. Mais je ne suis pas d’accord avec Philippe Jacqué[3] selon lequel la démarcation à gauche est entre le courant social-démocrate classique et l’autre beaucoup plus à gauche.

Pour aller de l’avant je considère, comme Louis Vogel que l’autonomie n’est rien sans les moyens :

1° Il faut que cesse immédiatement le contrôle tatillon à priori que la haute administration de la rue de Grenelle et de Bercy qui, aujourd’hui plus encore qu’hier, entrave les initiatives universitaires.

2° Les universités doivent être pleinement gestionnaires de leurs finances et ne plus être soumises à l’obligation de faire gérer l’argent de leurs salaires par le trésor public. Le capital non consomptible des opérations du grand emprunt comme du plan campus doit être transféré dans les fondations que les universités ou leurs regroupements ont créés.

3° L’esprit de la loi LRU doit être respecté en revenant à une contractualisation financière incluant la masse salariale négociée entre l’Etat et les Universités autonomes avec sécurisation des crédits pendant la durée du contrat (5 ans) contrairement à ce qui à été fait en 2008/2009. Il faut donc mettre fin à l’annualisation budgétaire et à tous les systèmes, SYMPA ou pas, incapables de prendre en compte la diversité des situations.

4° Les universités doivent être libres de contractualiser avec d’autres partenaires publics (Régions, Villes, Organismes de recherche, CROUS) ou privés (fondations, entreprises).

5° La dévolution des biens immobiliers doit être immédiate Continuer la lecture