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Londres, Georges Wilson et Pierre Vaneck

Londres, Georges Wilson et Pierre Vaneck

Mon dernier blog était signé de Londres, en effet j’y représentais les trois universités de « La Sorbonne » à un séminaire franco-britannique organisé par l’ambassade de France et pompeusement intitulé : « les partenariats franco-britanniques : The next chapter » (voir le programme). Ce séminaire devait traiter de la coopération universitaire entre les deux pays.

Départ la veille en Eurostar sans problème à 13 heures, le salon VIP n’est pas plus désagréable que celui d’Air France à Roissy et, contrairement à celui de Riyad, on peu s’y « taper » un « bloody mary » du feu d’Allah. En sirotant mon drink je prends connaissance de la dernière liste des participants. Arrivée à King’s Cross Saint Pancrass et en route pour « la mare aux  grenouilles » puisque le Gainsborough Hôtel où je dois passer la nuit est situé en plein cœur du quartier français près du lycée français et de l’institut français du Royaume-Uni. Sur sa route, l’« underground » frôle Russell square, l’une des cibles des attentats du 7 juillet 2005, Olborn où vécut Charles Dickens, Covent garden, Picadilly circus, les 140 hectares de Hyde park et le luxe tapageur de Knightsbridge. L’hôtel anglais de caractère a un charme désuet, plafond haut, lourdes tentures et baignoire comme jadis qui me rappelle celle de la villa Wintrebert à Banyuls, placage en or des plomberies en moins. Décidément, la perfide Albion n’est plus ce qu’elle était.

Je devais intervenir dans une table ronde sur les coopérations de recherche (vingt minutes de power-point puis débat). On annonçait des universités anglaises prestigieuses et la fine fleur du système à la française, le président de la CPU en vedette américaine et la directrice de l’Ecole normale supérieure qui devait clore la séance inaugurale. Finalement le président de la CPU s’est défilé, seuls deux présidents d’université seront présents, celui de Nantes et celui de Poitiers. Visiblement bousculé par l’enthousiasme du secteur des SHS, deux jours avant on m’informe que le power point que j’avais laborieusement préparé serait relégué au rang de simple faire valoir sur le site de l’ambassade de France à Londres (sans d’ailleurs que cela me donne droit à rémunération). Après un moment d’humeur je flanque l’essentiel de la vingtaine de slides sur un recto verso que je fais imprimer à 200 exemplaires pour les donner en pâture aux courageux assistants du séminaire. Après tout, cela me permettra une intervention plus politique pour faire prendre conscience à nos interlocuteurs des enjeux des batailles qui se livrent en France pour que les universités obtiennent la même autonomie que celle dont bénéficient les universités britanniques. Je me risque à une métaphore rugbistique en l’honneur du centième anniversaire de la France dans le tournoi des cinq nations. Il serait temps en effet que la France libère vraiment ses universités du carcan bureaucratique qui les enserre. On espère ne pas attendre 60 ans, comme ce fut le cas en rugby, pour que la France applique les règles non écrites de « l’international board » de l’Education supérieure et de la recherche.

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