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Bye Bye

Jussieu

Le 16 juin, jour de mes 68 ans, j’ai quitté l’équipe présidentielle de l’université Pierre et Marie Curie, son comité exécutif et la vice-présidence des relations internationales. La veille nous avions enterré sans tambour ni trompettes Paris Universitas. Trois jours plus tard Valérie Pécresse rendait les armes et signait le décret créant Sorbonne Universités. Louis Vogel, qui sera le premier président de Sorbonne Université, m’a demandé d’être son conseiller. Bye bye donc Zamansky’s Tower and Good bye Panthéon. Des Catacombes de la soif au Cénotaphe de Pierre et de Marie Curie, en passant par la Sorbonne maison mère tout un programme !

Je suis arrivé au sein de l’équipe présidentielle de l’UPMC à la fin du mandat de Jean Claude Legrand, en 1995. Il venait de repousser les tentatives d’OPA sur les stations marines lancées par Claude Allègre. Pour contrer ces opérations, il créa le centre scientifique de la mer et initia une politique visant à leur développement. C’est également lui qui repoussa les appétits de l’Etat sur le centre des Cordeliers dénoncé par une mission de l’inspection générale de l’Education nationale comme « la maison de retraite des professeurs de médecine ». C’est lui qui engagea une politique de restauration d’un site qu’abandonnèrent lâchement les universités Paris 5 et Paris 7 parce qu’elles ne voulaient pas participer financièrement aux investissements nécessaires à sa remise en état. Cette politique fut poursuivie par Jean Lemerle tant en direction des stations marines des Cordeliers. Une fois la rénovation du site des Cordeliers bien engagée et sa transformation en centre de recherche reconnu, il redevint une proie désirable pour les hyènes germanopratines. De cette époque date le premier plan de parachèvement du Campus Jussieu. Ce plan proposait de transformer Cuvier en centre universitaire comportant un dispositif hôtelier pour l’accueil de visiteurs étrangers et une résidence étudiante[1]. Continuer la lecture

Décidément Valérie Pécresse est têtue

ruban

Je finis mon périple à Singapour où la ministre m’a précédé il y a quelques mois sans y laisser un souvenir impérissable. En contemplant Biopolis et son articulation avec les deux universités phares de la ville Etat on comprend tout le retard français englué dans sa bureaucratie.

En sept années s’est construit ici un complexe de recherche en bioingénierie alors qu’en plus de dix ans un tiers seulement du campus Jussieu est rénové ! Et que depuis quatre ans, de LRU en plan campus et maintenant grand emprunt, les universités françaises intensives en recherche attendent encore l’argent promis. Avant de reprendre l’avion pour Paris le vendredi, j’apprends que la potion du bon docteur Fillon qui n’a rien de magique a été prescrite et qu’elle n’épargnera pas les opérateurs publics que sont les universités. Le lundi j’assiste à un discours de Valérie Pécresse qui s’est invitée à Jussieu. Continuer la lecture

Un mardi 20 octobre.

tour zamansky

Le mardi 20 octobre de l’année du bœuf, l’université Pierre & Marie Curie, en grande pompe et devant la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a célébré à sa façon 900 années de vie universitaire sur le site où est installé son campus principal, Jussieu. L’UPMC confirme que la tour administrative, si haïe de certains à Bercy, se dénommera désormais la tour Zamansky et décide que la dalle du site Jussieu portera désormais le nom de Guillaume de Champeaux. J’ai décrit dans mon livre, « Quand l’université se réveille tout devient possible », les combats que nous avons menés ces dix dernières années pour que la tour ne soit pas détruite et que le site soit désamianté et réhabilité contre ceux qui voulaient dépecer l’université Pierre et Marie Curie et la réduire aux acquêts dans les friches industrielles du nord de Paris hors les murs. Sans oublier de la mettre à contribution pour l’opération de Saclay. Pour cela ce livre a subi la censure. C’est donc d’abord la victoire sur la haute administration et la noblesse d’Etat qui est ainsi honorée. C’est aussi la constance et la continuité politique de trois équipes présidentielles successives qui est aussi récompensée, sans oublier la ténacité de tous les membres de la communauté universitaire qui s’y sont accrochés comme le paysan s’accroche à sa terre.

Ce fut l’occasion pour la poignée de bolcheviques d’opérette et de leurs alliés apprentis nazillons de tenter de perturber la cérémonie. Continuer la lecture

Les immobilistes au chevet de l’immobilier universitaire.

credits : pierre G5 - flickr

Michel Zulberty, l’inénarrable directeur de l’Etablissement public du campus Jussieu, vient de claironner l’annonce de la remise des clés de la tour administrative du campus Jussieu à l’université Pierre et Marie Curie lundi 22 juin ! La tour administrative a été totalement libérée des occupant durant ma présidence à l’été 2003. Il aura donc fallut six années pour la remettre aux normes de sécurité alors que le désamiantage lui-même a duré moins d’un an et que sa réhabilitation a pris deux années et demie. Deux à trois ans d’atermoiements imputables d’abord à lui-même et, comme je l’explique dans mon ouvrage « quand l’université se réveille tout devient possible », à la cohorte des inspecteurs, contrôleurs et autres énarques X-Mines-Ponts de tout poil, alliés en la circonstance à ceux qui voulaient abattre la plus grande université française au seul titre que « small is beautiful » et que rien de bon ne doit sortir de l’université. Continuer la lecture

La noblesse d’Etat au secours des gauchistes

crédits : claytron sur flickr

L’état n’a pas accompagné la massification de l’enseignement supérieur par une politique immobilière conséquente envers les universités, réservant son soutien principal aux filières sélectives. La mise en action en 1992 du plan université 2000 à travers les contrats de plan Etat/Régions (1989-1993, 1994-1999 puis 2000-2006) s’est faite sans que les présidents des universités concernées aient pu y avoir une influence importante puisqu’ils n’en étaient pas signataires. Le plan université 2000 qui était destiné d’abord à palier le déficit en locaux  s’est traduit par un maillage relevant d’abord d’une accumulation de décisions successives sans coordination entre elles et a finalement renforcé l’émiettement des implantations. Le plan universités du 3ème millénaire qui lui a succédé n’a pas non plus été harmonisé avec le schéma d’implantation des services collectifs, bien qu’il ait dégagé des axes prioritaires portant essentiellement sur les restructurations et les réhabilitations. Il a été décliné en plusieurs opérations : Continuer la lecture

Retour sur le 22 janvier 2009.

sarkozy-recherche

Ce qu’il y a de commode dans le discours de Nicolas Sarkozy du 22 janvier 2009, c’est que sa gouaille naturelle a donné à toute notre communauté un alibi facile pour ne pas voir ce qu’il contenait comme vérité au-delà des excès. Tant il est vrai que seuls les Universitaires ont le droit de se critiquer ! Comme d’ailleurs la comparaison en retour de mon ami Georges Molinié a donné l’occasion à certains de se dédouaner, en le stigmatisant, auprès du président qu’il avait stigmatisé la veille.

Au point où nous en sommes aujourd’hui, je voudrais rappeler ici que, dans l’homélie de Sarkozy, il y avait aussi quelques paroles de vérité, en particulier sur les méthodes de contrôle par l’administration de l’Etat et sur les conditions d’une autonomie pleine et entière : « Je ne vois nulle part qu’un système d’universités faibles, pilotées par une administration centrale tatillonne soit une arme efficace dans la bataille pour l’intelligence. C’est au contraire un système infantilisant, paralysant pour la créativité et l’innovation. C’est pour cela que l’on a donné l’autonomie aux universités… L’autonomie, c’est la règle pour tous les pays où il y a des universités qui se développent. Il n’y a pas un seul exemple à travers le monde, de grandes universités qui ne soient autonomes ».

Je voudrais rappeler mon accord avec Sarkozy sur ce point, mais en même temps lui rappeler qu’il doit aussi se faire obéir de sa haute administration. Qu’on en juge avec la lettre que vient d’adresser le directeur général de l’enseignement supérieur aux recteurs et aux présidents des 18 universités passées à l’autonomie en janvier : Continuer la lecture