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Nostalgie de Vendémiaire 218 (an III du 3ème empereur des français)

A mon retour de Savoie, alors que se déroulent encore les commémorations du cent cinquantième anniversaire de son rattachement à la France et la création des deux départements savoyards, je retrouve l’ambiance morose de la politique française. Le début de l’automne est souvent mortifère. Après que l’été a enlevé à notre affection Bernard Giraudeau (arrière-petit-fils d’un cap-hornier et fils d’un fantassin de la coloniale) en plein mois d’août et que Hortefeux (véritable Iadalbaoth-Sacla de la sarkozie) a remué la vase, sans doute pour célébrer à sa façon le centième anniversaire de la naissance de Django Reinhardt (prince du jazz manouche qui, lui, avait honoré la France) l’automne nous prive d’Alain Corneau, de Claude Chabrol et de Jean Marcel Jeanneney.

Bernard Giraudeau engagé comme arpette dans la marine nationale à l’âge où d’autres subissent leur acné juvénile, matelot puis quartier-maître, embarqué sur le Jeanne d’Arc puis sur la frégate Duquesne, il fût emblématique des enfants de l’après guerre, revendiquant ses opinions progressistes, forgées dans la vie ordinaire des petits boulots qu’il dut pratiquer. Il nous a donné une très riche filmographie tant comme acteur, que comme auteur ou producteur, et un exemple de courage et de dignité.

Deux phrases d’Alain Corneau : « Si on accepte les différences, tout type d’influence, le fait qu’on ait fait de plein de choses, à ce moment-là on n’a plus de danger, on est prêt à accepter même des choses que l’on ne comprend pas. Une chose que je ne comprends pas, je l’accepte mille fois plus qu’une chose que je comprends » sont à l’opposé du leitmotiv sociétal actuel du principe de précaution. Et que dire de sa filmographie ! Il a été conduit à sa dernière demeure par la musique de Jordi Savall qu’il avait si bien mis en valeur dans « tous les matins du monde ».

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