Archives du mot-clé excellence

Excellence, vos Excellences !

Ah le beau mot dont se gargarise la droite et la Noblesse d’Etat  à propos de l’enseignement supérieur et de la recherche : campus d’excellence, équipements d’excellence, laboratoires d’excellence, initiative d’excellence, l’excellence est partout ! Mais comme le fait fort justement remarquer Denis Diderot, « si tout ici-bas était excellent, il n’y aurait rien d’excellent ». En vérité, en un demi-siècle de vie universitaire, je n’ai que très rarement rencontré des collègues qui ne se jugeaient pas excellents et pour la plupart, ce sont ces derniers qui l’étaient. En réalité la France est un pays de menteurs. Nous avons nos filières d’élites (les classes préparatoires, Polytechnique, Normale Sup, Sciences Po, l’ENA etc.) et qui peut dire, parmi les 500 classes préparatoires et les quelques 300 soit disant grandes écoles réunies dans la conférence du même nom, lesquelles le sont réellement ? Excellence, la ministre n’a que ce mot à la bouche mais, rappelle Ibsen, « ne vous servez donc pas de ce terme élevé d’idéal quand nous avons pour cela, dans le langage usuel,  l’excellente expression de mensonge ».

Exigence et Devoir.

L’émission « fric, krach et gueule de bois » de Daniel Cohen et Erik Orsenna présentée par Pierre Arditi a eu le grand mérite de montrer de manière simple combien la donne économique a changé ces trente dernières années avec la chute du mur de Berlin, la crise energético-environnementale, la révolution numérique et la montée des économies de grands pays (Chine, Brésil et Inde) qui réclament maintenant leur place dans le concert des Nations. L’intervention des trois témoins fut caricaturale de ce qu’est la société française aujourd’hui Continuer la lecture

L’alternative

L'alternative

En rebond sur mon dernier article, Irnérius me taquine sur mon manque de propositions et pointe le risque, avec les doubles cursus que j’ai créés à l’UPMC en 2005 en partenariat avec l’Institut d’études politiques d’abord puis de Paris Sorbonne ensuite, d’avoir ainsi mis en place des licences fréquentées par les seuls étudiants issus des classes favorisées. Ce n’était pas le but de ces programmes qui visaient à restaurer un minimum de mixité intellectuelle chez les primo-entrants et de représenter une alternative aux classes préparatoires. Cinq années plus tard, malgré une concurrence accrue, on peut constater l’effet positif de ce dispositif :

Mention au baccalauréat

Revenons maintenant sur le panorama éducatif français. Nous savons que l’intégration de la dernière grande vague d’immigration constituée pour l’essentiel des anciens colonisés attirés en France dans les années soixante pour les besoins du développement industriel ne s’est pas effectuée, contrairement à ce qui s’était passé pour les vagues antérieures de polonais, d’italiens, d’espagnols et de portugais. Mais ce qu’Arlette Chabot appelle hypocritement l’échec de 30 ans de politique de la ville est en réalité l’échec d’une politique d’intégration Continuer la lecture