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Retour sur le 22 janvier 2009.

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Ce qu’il y a de commode dans le discours de Nicolas Sarkozy du 22 janvier 2009, c’est que sa gouaille naturelle a donné à toute notre communauté un alibi facile pour ne pas voir ce qu’il contenait comme vérité au-delà des excès. Tant il est vrai que seuls les Universitaires ont le droit de se critiquer ! Comme d’ailleurs la comparaison en retour de mon ami Georges Molinié a donné l’occasion à certains de se dédouaner, en le stigmatisant, auprès du président qu’il avait stigmatisé la veille.

Au point où nous en sommes aujourd’hui, je voudrais rappeler ici que, dans l’homélie de Sarkozy, il y avait aussi quelques paroles de vérité, en particulier sur les méthodes de contrôle par l’administration de l’Etat et sur les conditions d’une autonomie pleine et entière : « Je ne vois nulle part qu’un système d’universités faibles, pilotées par une administration centrale tatillonne soit une arme efficace dans la bataille pour l’intelligence. C’est au contraire un système infantilisant, paralysant pour la créativité et l’innovation. C’est pour cela que l’on a donné l’autonomie aux universités… L’autonomie, c’est la règle pour tous les pays où il y a des universités qui se développent. Il n’y a pas un seul exemple à travers le monde, de grandes universités qui ne soient autonomes ».

Je voudrais rappeler mon accord avec Sarkozy sur ce point, mais en même temps lui rappeler qu’il doit aussi se faire obéir de sa haute administration. Qu’on en juge avec la lettre que vient d’adresser le directeur général de l’enseignement supérieur aux recteurs et aux présidents des 18 universités passées à l’autonomie en janvier : Continuer la lecture

De mauvaises décisions pour tenter de régler des problèmes biens réels.

La semaine qui vient de s’écouler nous a donné l’occasion, une fois de plus de mesurer combien l’art du double langage est une spécialité française. Lors de son discours sur la diversité à l’Ecole polytechnique, le mercredi 17 décembre, Nicolas Sarkozy déclare que dès septembre 2009, 25% des places de chaque classe préparatoire aux grandes écoles seront réservées aux meilleurs lycéens boursiers. A la rentrée 2010, ce taux devrait atteindre 30%. Le même jour, dans un numéro spécial du Nouvel Economiste, Valérie Pécresse confirme:  « Nos classes préparatoires sont de bons systèmes de formation. Je réfléchis à l’idée que les universités puissent expérimenter l’ouverture d’une classe préparatoire aux grandes écoles intégrée dans leurs parcours de formation ».

Quelques heures avant cette déclaration du chef de l’Etat devant les membres de l’Association nationale de la recherche technologique, Valérie Pécresse assurait le service après vente de sa Loi en déclarant à l’assemblée qu’il fallait renforcer les liens entre l’université et l’entreprise et le lendemain 18 décembre, au cours de l’émission de Laurence Piquet sur France 5 « un soir à la Sorbonne », par ailleurs assez bien faite, elle se fait le chantre des sciences humaines et des formations universitaires. Alors qui croire ?

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