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Décidément Valérie Pécresse est têtue

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Je finis mon périple à Singapour où la ministre m’a précédé il y a quelques mois sans y laisser un souvenir impérissable. En contemplant Biopolis et son articulation avec les deux universités phares de la ville Etat on comprend tout le retard français englué dans sa bureaucratie.

En sept années s’est construit ici un complexe de recherche en bioingénierie alors qu’en plus de dix ans un tiers seulement du campus Jussieu est rénové ! Et que depuis quatre ans, de LRU en plan campus et maintenant grand emprunt, les universités françaises intensives en recherche attendent encore l’argent promis. Avant de reprendre l’avion pour Paris le vendredi, j’apprends que la potion du bon docteur Fillon qui n’a rien de magique a été prescrite et qu’elle n’épargnera pas les opérateurs publics que sont les universités. Le lundi j’assiste à un discours de Valérie Pécresse qui s’est invitée à Jussieu. Continuer la lecture

Aller de l’avant !


Aller de l'avant

Dans la dernière lettre des relations internationales de l’UPMC, j’ai fait le point sur sa situation à l’aune de son évolution des dernières années et de la constitution historique de Sorbonne Universités. Pour moi en effet, et n’en déplaise aux esprits chagrins, l’enjeu de la refondation au cœur du Quartier latin d’une université globale est de première importance pour le pays. Il parait qu’au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche on n’est pas content de mes prises de positions sur le rapport Larrouturou. Visiblement la ministre de l’enseignement supérieur n’a pas bien pris la mesure de ce qu’il convient de faire pour que l’objectif présidentiel de placer une dizaine d’universités françaises dans le peloton de tête des universités du monde soit atteint.

J’espère qu’elle ne s’entêtera pas à suivre le premier reçu, premier sorti, premier viré. Nous ne sommes pas résignés, comme les romains du troisième siècle avant notre Ère, à subir la peine du joug dans le défilé du Caudium en passant la tête courbée et les mains liées dans le dos, sous une pique ou une fourche tendue à l’horizontale. Il serait malsain d’ailleurs pour elle de poursuivre un double langage en faisant semblant de faire siennes à Nancy les analyses élyséennes ou matignonesques tout en persistant à exiger de Sorbonne Universités qu’elle adopte la gouvernance des PRES[1]« du Villepiniste François Goulard ». Il faudra plus qu’une manifestation médiatique par les champions du méli-mélo et de l’отдел агитации и пропаганды[2] pour tout réinventer à la Sorbonne et créer la cité de la réussite.

Plutôt que de s’accrocher aux chimères du rapport Larrouturou, elle ferait bien de se plonger dans le rapport de Pascal Aimé, Thierry Berthé et Jean-Pierre Korolitski sur le développement des PRES et la reconfiguration des sites universitaires. Car, contrairement à ce que pense le Germanopratain, tout n’est pas mauvais dans ce rapport, Continuer la lecture

Paris à la Larrouturou

Plan Paris

C’est en ces termes que le blogueur d’histoires d’université salue le rapport de l’X-Pont du même nom annoncé avec tambours et trompettes par la ministre en campagne. Faire de Paris la plus belle métropole universitaire du monde, un sous-titre ronflant pour un rapport que les trois présidents de Sorbonne Universités ont qualifié de « partial et mal informé qui nie le principe même d’autonomie des universités. Décalé et anachronique, il ne répond pas à leurs attentes et à leurs besoins. Il s’agit en réalité d’oukases, mal argumentés, mal documentés, établis sans concertation ni avec les universités, ni avec les collectivités locales[1] »… Il faut dire qu’en 127 pages on a là la quintessence de tout ce qu’un technocrate de notre république peut produire en 18 mois. Véritable auberge espagnole d’établissements parisiens ou franciliens, à la notable exception du trio susmentionné[2], sans logique rationnelle eût égard à la loi d’autonomie des universités, il rejoindra au rayon des inutilités les nombreux rapports sur l’immobilier universitaire à Paris qui l’ont précédé.

La présidente de l’université Paris 3 se félicitait (Dépêche AEF n°120778 – réservé aux abonnés) que les prémices qu’elle avait consultés et qui confortaient « l’implantation de [son] université sur l’îlot Poliveau, tout proche de Censier […] pourrait constituer une solution idéale ». Prudente elle ajoutait cependant : « J’ai toutefois pleinement conscience que, pour des raisons tenant à l’échec passé[3] d’un projet similaire, l’évocation de cette hypothèse ne peut manquer de susciter des interrogations, voire de l’incrédulité ». Cependant, la présidente ajoutait que, « par rapport à cette situation antérieure, plusieurs éléments ont changé : ce nouveau projet Poliveau est inclus dans un schéma global de restructuration des implantations universitaires parisiennes, au sein duquel l’avenir immobilier de notre université est affirmé comme la priorité parmi les priorités ».

Elle a dû être pleinement rassurée par le courrier que les présidents de Paris 5 et de Paris 7 ont envoyé à leurs ouailles et qui réaffirment les priorités du PRES Paris Cité auquel Paris 3 participe dorénavant Continuer la lecture

Lundi 5 octobre, la « Montagne » accouche d’une souris.

valérie pécresse

L’an dernier, à la même époque, un rapport sur l’immobilier universitaire parisien patronné par l’Inspection Générale des Finances, l’Inspection Générale de l’administration de l’Education Nationale et de la Recherche et du Conseil général de l’environnement et du développement durable circulait sous le manteau. Ce rapport enfonçait des portes ouvertes par de nombreux rapports antérieurs mais avait au moins l’intérêt de lister les 120 sites universitaires de Paris intramuros sans d’ailleurs donner de pistes sérieuses pour l’évolution de la situation. Ce rapport ne sera rendu public qu’à la fin de l’année 2008 en même temps que Valérie Pécresse confiait une nouvelle mission à un ingénieur des Ponts, Bernard Larrouturou qui s’était illustré avec le succès que l’on sait dans la réforme du CNRS alors qu’il en était le Directeur Général. Remercié sans beaucoup de tact par le Gouvernement en janvier 2006, il avait tenté, sans plus de succès, un passage chez Schneider Electric, recruté en novembre 2006, il aurait été remercié, selon boursica, en février 2008 « en raison de ses maladresses, il aurait notamment voulu redimensionner la recherche en transférant certains salariés de la recherche au développement (R&D), mais aurait fait certaines annonces sans l’aval de sa hiérarchie ».

Valérie Pécresse, que la contradiction n’effraye nullement, indiquait le 6 janvier 2009 que Bernard Larrouturou devait proposer, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés – collectivités locales et établissements – un schéma directeur pour l’enseignement supérieur à Paris, appuyé sur les projets pédagogiques et scientifiques des établissements. Il devait proposer, au mois de mars 2009 pour les questions de vie étudiante et au mois de mai 2009 pour l’ensemble du dossier, un dispositif permettant de piloter, dans la durée, la mise en œuvre du schéma directeur retenu par l’Etat, en lien avec les collectivités locales, et d’accompagner et de coordonner les établissements concernés, dans le cadre et le respect de la loi sur l’autonomie des universités. Bref autonomie certes mais encadrée.

La création fut réalisée en sept jours selon les textes bibliques, mais notre sémillant X-pont, entré et sorti premier de Polytechnique, auquel “l’usine nouvelle” du 16 novembre 2006 trouvait « un physique de rugbyman et un mental de bête à concours » mettra neuf mois pour pondre un texte où la fatuité l’emporte sur le ridicule. Continuer la lecture