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Paroles, paroles, paroles …

Les chiffres sont cruels, le score moyen en mathématiques des élèves français chute de 14 points entre 2003 et 2009 (enquête PISA 2009), ils obtiennent un score en sciences qui stagne et se révèle tout aussi moyen. Pourtant, 50 % des lycéens de la voie générale s’orientent en première S qui devrait être la filière scientifique par excellence. Comment dans ces conditions redonner aux élèves le goût pour les carrières scientifiques et relever leur niveau pour rendre la France plus compétitive dans la recherche et l’innovation ?

Face à cette situation le ministre Luc Châtel propose une énième réforme du lycée qui vient de recevoir une volée de bois vert de l’association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public : « Ce plan sciences est un écran de fumée qui masque la diminution des heures de sciences pour la série S et la disparition des mathématiques dès la seconde pour la série des « littéraires » les professeurs des sciences de la vie et de la terre ne sont d’ailleurs pas en reste, ils estiment que leurs disciplines « perdent une demi-heure en seconde et une heure en première par semaine. » Alors que leur enseignement était expérimental, les cours en groupes restreints sont diminués. Eric Barbazo, président de l’association des professeurs de mathématique de conclure : « Ce n’est pas comme cela que l’on va concurrencer les élèves indiens et chinois ».

Qu’en est-il réellement ? Les jeunes français sont-ils devenus des crétins en moins d’une décennie ? Et des incultes puisque les tests PISA montrent aussi un recul dans la compréhension de l’écrit. Continuer la lecture

Cher Richard Descoings, ne pas se contenter d’un replâtrage de façade.

montaigne | crédits Djof - Flickr

Le Professeur Léna, après tant d’autres, vient une nouvelle fois, dans une interview au supplément Education Demain du journal « Le Monde », de tirer la sonnette d’alarme du désamour pour les sciences des jeunes générations et de s’étonner que seuls 7% des anciens étudiants de l’Ecole Polytechnique se tournent vers la recherche. Richard Descoings estime quant à lui que priorité doit être donné au maniement de la langue française. Anne Astier, docteur 1994 de l’UPMC, actuellement en poste en Grande-Bretagne, remarque sur le blog www.sciencesetmedecine.fr que l’érosion de la barrière linguistique, si paralysante pour les chercheurs français sur la scène mondiale, ne peut commencer que par la réforme structurelle de l’enseignement des langues en France.  Nous sommes nombreux à réclamer une réforme de l’enseignement secondaire pour une meilleure orientation des élèves vers l’enseignement supérieur et la recherche. Encore faudrait-il s’entendre sur les termes.

Les premières orientations qui se dégagent de la mission de Richard Descoings sont encourageants lorsqu’elles laissent penser que l’organisation pyramidale qui place le baccalauréat S au firmament des bacs pourrait s’écrouler et que les cours les plus difficiles devraient être donnés lorsque les enfants sont les plus réceptifs. Mais encore ne faudrait il pas  que l’arbre du baccalauréat S cache la forêt de l’utilisation des sciences à tous les niveaux à des fins sélectives. Continuer la lecture