Archives du mot-clé Autonomie des universités

Deux bonnes nouvelles en plein été

credits : MEDEF - Flickr

Deux bonnes nouvelles en plein été : Le conseil d’administration de l’UPMC adopte une politique hardie de primes et Martin Hirsch propose des modalités réalistes pour financer les jeunes, en particulier étudiants.

Oui il y a des normaliens sympathiques et utiles. Martin Hirsch est l’un de ceux là. Au mois de janvier, dans mon blog, je saluais sa nomination comme haut commissaire à la jeunesse et il s’attaquait sans tarder à l’épineux problème de l’autonomie financière des jeunes. Dans son livre vert publié le 7 juillet, il rend compte du travail de la commission qu’il a réuni sur ce sujet.

Il propose d’expérimenter un fond en dotation de capital qui pourrait être mobilisé pour aider les jeunes dans leur recherche d’un premier emploi, pour payer des frais de scolarité, ou serait utilisé comme complément aux différentes bourses. Selon l’AEF: « pour un jeune rattaché à un foyer non imposable, la dotation serait de 1 000 euros par an, et lui rapporterait ainsi, au bout de 3 ans, 4 000 euros. Les jeunes dont le foyer se situerait dans la première tranche d’imposition bénéficieraient d’une dotation de 500 euros (soit 2 000 euros au bout de 3 ans), et de 250 euros (1 000 euros après 3 ans) si leur famille est imposée dans la seconde tranche. Les autres (8 % des 15-18 ans) ne pourraient pas bénéficier de cette dotation. Dans cette hypothèse, le coût de cette mesure s’élèverait à 1,6 milliard d’euros, et concernerait 2,9 millions de jeunes. La commission reconnaît que ces critères pourraient être affinés avec la prise en compte du lieu de résidence (zone urbaine sensible…), et du type de lycée (ZEP…). Cette dotation serait accompagnée d’un « complément universel » de 1 000 euros, versé à tous les jeunes de 18 ans. » Par ailleurs, cette commission recommande aux universités d’accroître l’emploi étudiant en leur sein comme c’est le cas dans beaucoup d’universités étrangères. J’espère que cette proposition, qui a été bien accueillie par la Confédération Etudiante, ne sera pas bloquée par ceux qui veulent tout, tout de suite, et en conséquence n’obtiennent jamais rien.

La seconde bonne nouvelle nous vient de l’université Pierre et Marie Curie. Continuer la lecture

Universités : oui, une plus grande souplesse dans les statuts est nécessaire

crédits: gadl sur flickr

Oui une plus grande souplesse dans les statuts est nécessaire, oui les rémunérations doivent être revues, mais là encore, il faut laisser jouer l’autonomie. L’Etat ne doit pas se mêler de tout.

Au sein de l’université Pierre et Marie Curie coexistent deux secteurs. Le secteur des sciences, soumis à la règle stupide des 192 heures d’équivalent de travaux dirigés. Un cours valant une fois et demie le temps d’un enseignement dirigé et deux fois le temps d’une séance de travaux pratiques, alors qu’en sciences, l’effort pédagogique principal ne peut se concevoir qu’en groupes constitués d’un petit nombre d’étudiants assorti d’un dialogue fort avec les enseignants. De son côté, le secteur médecine dont la seule règle est que les hospitalo-universitaires soient présents cinq jours et demi par semaine, dont cinq demies journées, en principe, consacrées à l’hôpital, sans obligation formelle d’enseignement et avec de très fortes disparités. De plus, ces personnels reçoivent une rémunération accessoire pour leurs activités hospitalières qui se traduit environ par un doublement de leur salaire. Bref deux poids, deux mesures !

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De retour de Marrakech

Crédits kali.ma  sur Flickr

De retour de Marrakech où j’étais invité, au titre de l’UPMC, par des universitaires marocains qui célébraient les progrès dans la solution d’un contentieux vieux de 18 ans, à savoir la reconnaissance par le gouvernement marocain du nouveau doctorat français pour leur carrière, au même titre que le PhD anglo-saxon. Rencontre fraternelle et stimulante. J’étais le seul invité français à avoir fait le déplacement pour remercier simplement nos collègues de la défense du doctorat français. Preuve s’il en était de la frilosité de nos universités et de leurs syndicats dans la défense de leurs diplômes.

Dans l’avion du retour, je prends connaissance des déclarations de Nicolas Sarkozy, à l’occasion du lancement de la réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation, devant un parterre de Présidents d’universités, de directeurs d’écoles et d’organismes et de chefs d’entreprises, jeudi dernier. Se référant à la publication annuelle des indicateurs de l’OCDE en janvier, il fit le constat que la France prenait du retard en matière de recherche et d’innovation et que la part du financement privé, déjà une des plus faibles par rapport aux pays comparables, était encore en recul. Continuer la lecture

Ne se tromper ni de combat ni d’alliés

credits : Caro Wallis sur Flickr

Dans un communiqué paru dans l’AEF le 5 janvier (Dépêche n°107098), la nouvelle direction de la CPU vient de se faire l’écho de certaines « interrogations et incompréhensions » qui subsisteraient, quant à la « proportion des moyens nouveaux qui parviennent réellement aux universités », aux « suppressions d’emplois », à « la réalité des dotations de l’État pour les neuf campus retenus par l’opération campus » et « sur le devenir des statuts des personnels au sein des universités devenues autonomes » (lire la lettre de la CPU) . Parallèlement « Le Monde » publie le même jour une tribune libre d’une dizaine de professeurs d’universités qui tout en se défendant d’être des partisans du statut quo refusent tout à la fois la nouvelle loi LRU et l’évolution du statut des enseignants car la première « renforcerait le pouvoir des présidents » et la seconde « porterait atteinte aux libertés académiques sans lesquelles il n’y a pas d’universités dignes de ce nom ».

Cette sainte alliance réuni ceux qui, arroseurs arrosés, après avoir accompagné le nouveau processus d’allocation des ressources cheval de Troie des technocrates contre la création d’universités compétitives dans la recherche internationale, se trouvent en être les premiers dindons de la farce et ceux qui, en dépit de leurs dénégations, sont les champions des adeptes du « sur-place » universitaire qui cherchent sans arrêt du côté de l’Etat comment maintenir leurs petits privilèges.

Ce combat n’est pas, ne peut pas être le nôtre. Continuer la lecture

2009 sera-t-elle l’année de l’autonomie universitaire ?

En réalité l’année 2009 va être décisive. Il semble bien que ce que la haute administration dénoncée par Bourdieu comme la « Noblesse d’Etat » ait ressenti comme un danger pour elle dans l’avenir la mise en œuvre d’une autonomie réelle des universités. Dès lors tout est entrepris pour reprendre par de multiples directives et de nombreux décrets ce que la loi LRU a concédé. On est bien dans des circonstances analogues à l’après soixante-huit où l’Etat s’était ingénié à annuler ce que les « politiques » avaient concédé.

C’est à mes yeux de cette façon qu’il faut analyser l’inflexion actuelle des discours de Valérie Pécresse.

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Y a-t-il 20 universités autonomes depuis le 1er janvier 2009 ?

Ca y est, nous sommes le 1er janvier 2009. Vingt universités devraient, selon les dires de Valérie Pécresse et en vertu de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, être des universités autonomes. Qu’en est-il exactement ? Si l’on se réfère au texte de la loi, son article 15 indique que «  Les universités peuvent, par délibération adoptée dans les conditions prévues à l’article L. 711-7, du code de l’éducation demander à bénéficier des responsabilités et des compétences élargies en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines sous réserve que la délibération du conseil d’administration soit approuvée par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du ministre chargé de l’enseignement supérieur ». A ma connaissance les conseils d’administration des 20 établissements ont délibéré positivement sur ce transfert de compétence.

L’article 24 indique que « l’État peut transférer aux établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel qui en font la demande la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’État qui leur sont affectés ou sont mis à leur disposition. Ce transfert s’effectue à titre gratuit. Il s’accompagne, le cas échéant, d’une convention visant à la mise en sécurité du patrimoine, après expertise contradictoire ». A ma connaissance, deux universités ont fait délibérer leurs conseils positivement, l’université de Corte et l’université Pierre et Marie Curie.

En réalité les choses sont beaucoup plus floues. Continuer la lecture

Non, le Père-Noël ne sauvera pas l’université française.

…Seuls les universitaires le peuvent à condition qu’ils se bougent !
(en réponse à Oldcola sur ma note précédente).

En plus du débat sur l’autonomie, le débat sur la réforme des statuts fait rage. Mais les deux logiques sont évidemment liées. D’un côté les tenants du « tout Etat » qui font absolument confiance aux comités nationaux pour les promotions et l’attribution des primes. De l’autre ceux qui comme moi pensent qu’il est beaucoup plus aisé de vérifier la véracité des rapports d’activités y compris de recherche, l’effectivité des fonctions enseignantes et administratives par des dispositifs de proximité.  Ne nous berçons pas d’illusions, les réseaux ça existe et plus leur cible est éloignée du terrain moins leur action est transparente. Encore faut-il qu’un consensus existe sur l’égale grandeur du métier d’enseignement et du métier de chercheur.

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Autonomie des universités : J-18

Mais où sont passés les milliards pour l’Université ?

Il y a un an à peine, le Président de la république, relayé par sa sémillante ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, prétendait que la France, rompant avec des décennies de sous-financement de l’enseignement supérieur allait propulser dans les 100 premières universités mondiales une dizaine d’universités françaises. Toute l’année 2008 le pays a vécu au rythme des milliards liés à la privatisation d’EDF qui allaient être déversés sur 10 campus universitaires et qui ont accouché du projet de déménagement de Paris Sud sur le plateau des mille vaches et sur le fiasco d’un audit immobilier à Paris. La ministre vient de redécouvrir l’eau chaude : l’immobilier universitaire à Paris est tellement exécrable qu’il vaut mieux ne pas publier l’audit ! Mais que représentent ces cinq petits milliards probablement inclus dans le merveilleux plan de relance que la terre entière nous envie. Bref les grandes universités parisiennes attendront le prochain ministre.

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Autonomie des universités : J-25

La partie de bonneteau engagée par l’administration avec les vingt universités désignées pour passer à la gestion du budget global en Janvier se poursuit. Malgré les engagements du ministre sur le maintien des emplois dans les grandes universités de recherche, malgré la loi LRU votée qui implique la négociation d’un contrat d’établissement, les hommes de Bercy sont à l’œuvre, appuyés en sous-main par le syndicat des P.M.U.¹ . La tactique est simple, imposer aux grandes universités une masse salariale plancher minimale et renvoyer les marges de manœuvre nécessaires à une négociation contractuelle qui surviendra plus tard.

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L’autonomie J-35

Dans un article publié par le journal « libération » début août  (« Un an après, l’introuvable autonomie universitaire« ) à l’occasion du premier anniversaire de la loi « Pécresse », j’appelais de mes vœux un effort supplémentaire de la ministre et de son mentor élyséen pour accélérer l’autonomie universitaire. Mais la ministre qui a trouvé très « sarkozyste » le titre de mon livre « quand l’université se réveille tout devient possible » serait bien inspirée d’en suivre les recommandations car d’accélération point n’en voyons aujourd’hui.

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