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Déprime d’été

sarkozy plage

Il n’y a pas de risque zéro. L’incident que vient de subir notre hyperprésident vient à point nommé nous le rappeler. Comme ses thuriféraires ont cru bon de le constater, la charge est lourde, sans doute angoissante parfois. Cela peut largement expliquer un malaise provoqué par l’action conjuguée d’un effort et de la chaleur sans aller chercher plus loin ! Après tout ce risque est inhérent à une position sociale qui n’a certes pas que des avantages. Mais aussi inconfortables soient ils, les désagréments qu’endure Nicolas Sarkozy ne sont rien par rapport à ceux qu’endurent aujourd’hui, non seulement les exclus de la couche moyenne de plus en plus nombreux et que risquent de rejoindre la cohorte des licenciés annoncés et des jeunes qui, arrivés sur le marché du travail, ne trouveront pas d’emploi. Ils ne sont rien par rapport à ceux qu’endurent les travailleurs sociaux qui, payés au lance-pierre quand ils le sont, s’efforcent tant bien que mal de colmater les brèches d’une société en crise et les enseignants des quartiers difficiles sommés d’expliquer à des enfants et des adolescents de moins en moins apathiques comment il faut s’y prendre pour rejoindre la noblesse d’Etat. Comme le déclare Didier Rousseau, président du cabinet Weave qui annonce à l’AEF  (Dépêche n°116919) une baisse de plus de 50% des recrutements en 2009, « il y a un risque de sacrifier une à deux générations de diplômés ».

En cet été du quarantième anniversaire des premiers pas de l’Homme sur la lune, les nuages s’amoncellent et pas seulement à cause de la pandémie grippale arrivant à grands pas. La question n’est pas de savoir si l’explosion surviendra, mais quand elle se produira tant les tensions sont apparentes. Le six mois de crise que viennent de subir la quasi-totalité des facultés de lettres n’étaient pas dus uniquement au conservatisme de quelques professeurs mais à la tentative réussie du gouvernement de faire payer à la jeune génération la décision de réduction de la masse salariale dans le second degré en supprimant l’année de formation rémunérée. Bien sur, nul n’a songé alors à faire des économies en supprimant la rémunération des élèves fonctionnaires des Ecoles Normales Supérieures ou celle des élèves de l’Ecole Polytechnique. Continuer la lecture