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Paris Universitas requiem in pace ; Sorbonne Universitas virtutes cernuntur in agendo.

Alliance Paris universitas

La semaine dernière, le 15 juin, l’assemblée générale de l’alliance Paris Universitas a prononcé à l’unanimité la dissolution de son association. Le lendemain, un concert organisé sur le campus des Cordeliers a célébré la naissance de Sorbonne Université. Le président exécutif de Sorbonne Université, Louis Vogel, y a célébré la renaissance au Quartier latin d’une université omni-disciplinaire. C’est une bonne nouvelle pour tous car, si elle s’en donne les moyens, Sorbonne Université pourra être la locomotive qui tire vers le haut les universités françaises contrairement à la CPU qui les englue dans le marais de l’uniformité. La fin de Paris Universitas n’en déplaise aux esprits chagrins, loin de traduire un échec, concrétise la fin d’un cycle, celui où les universitaires parisiens se consolaient de leur impuissance face au système méritocratique en se perdant dans des querelles dérisoires.

Paris Universitas tire son origine d’une rencontre stratégique entre Elie Cohen[1] et Jean Lemerle[2] qui en 1999 eurent l’idée de créer un incubateur[3] : AGORANOV. Cette initiative sera concrétisée par la création d’une association en décembre 2000 portée sur les fonds baptismaux par Bernard de Montmorillon[4] Jean Lemerle et Gabriel Ruget[4]. A la suite de mon élection à la présidence de l’UPMC, j’entrepris de renforcer les contacts avec Paris Dauphine et l’ENS. Dans le cadre de la réforme des formations supérieures en gestation, nous avons, de manière sélective, mis l’ENS en tête de nos coopérations scientifiques. Puis l’UPMC a prêté main forte à la fondation de l’ENS pour lui permettre l’importante opération immobilière de la Villa Pasteur 3 rue des Ursulines en prenant à notre compte une partie de l’immeuble pour qu’il reste entièrement entre les mains de l’enseignement supérieur public. Dès 2004, nous avons créé des spécialités de master associant sciences et management avec Paris Dauphine. Tout cela a conforté nos liens. Lorsque Bernard Bosredon a été élu à la présidence Continuer la lecture

2009 sera-t-elle l’année de l’autonomie universitaire ?

En réalité l’année 2009 va être décisive. Il semble bien que ce que la haute administration dénoncée par Bourdieu comme la « Noblesse d’Etat » ait ressenti comme un danger pour elle dans l’avenir la mise en œuvre d’une autonomie réelle des universités. Dès lors tout est entrepris pour reprendre par de multiples directives et de nombreux décrets ce que la loi LRU a concédé. On est bien dans des circonstances analogues à l’après soixante-huit où l’Etat s’était ingénié à annuler ce que les « politiques » avaient concédé.

C’est à mes yeux de cette façon qu’il faut analyser l’inflexion actuelle des discours de Valérie Pécresse.

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Non Madame la Ministre, le compte n’y est pas.

« Je pense qu’il y a une focalisation excessive sur la question des emplois, mais en regardant les dotations des années précédentes, les universités se rendront compte de l’augmentation sans précédent de leurs moyens », estime Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, à l’occasion d’une conférence de presse sur la répartition des moyens et des emplois des universités, lundi 15 décembre 2008 rapporte l’AEF du 16 décembre. Non Madame le ministre, le compte n’y est pas. Votre argument concernant l’université Pierre et Marie Curie, première université de l’Alliance Paris Universitas à avoir demandé pour elle-même l’application de la loi LRU est inexact, voire spécieux. Vous affirmez : « Quant à la contribution qui est demandée à certaines universités, elle reste modérée : Paris-VI a -14 emplois, soit 0,3% de ses emplois… alors que ses effectifs étudiants ont diminué de 1% de 2005 à 2008 » ce qui est contestable. Comment croire vos affirmations comme quoi « Il faut en finir avec le pseudo-égalitarisme » lorsque vous ajoutez « on ne peut pas traiter toutes les universités de la même manière selon notamment que leurs effectifs baissent ou augmentent ». Mais le pseudo-égalitarisme c’est précisément la politique de redéploiement.

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8 au 13 décembre, une folle semaine.

Lundi : le comité exécutif de l’UPMC se réunit aux aurores. Il dresse un bilan morose des propositions du ministère.  Des demandes d’explication et des protestations lui sont adressées, on va se tenir en contact toute la semaine.

Mardi 9 décembre : grande déclaration de Nicolas Sarkozy aux premières assises européennes de l’innovation où, après avoir dressé un portrait dithyrambique  de l’ancien ministre de Jospin, Claude Allègre, il réaffirme sans ambage : « Nous avons lancé en dix-huit mois des chantiers colossaux… Cinq milliards d’euros pour créer dix grands campus universitaires de rang mondial. Mais ce qui est extraordinaire c’est que l’on a réussi sans drame à faire accepter l’idée que tout ne se valait pas, qu’on pouvait choisir d’abord les meilleurs et que les autres devaient continuer à travailler. Quinze autres milliards d’euros en 5 ans seront investis dans l’ensemble de nos universités, enfin devenues autonomes ». Mais en réalité, depuis la veille on connait les chiffres, les six plus grandes universités française sont priées de rendre de 8 à 14 emplois l’an prochain et soumises à la diète budgétaire. Alors qui dit la vérité ? Qui croire avec ce gouvernement ? Dans le même temps les moyens sont maintenus voire renforcés dans les principales écoles d’ingénieurs.

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