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Ces jours qui ont déshonoré la France

Je rentre d’Alger ému par la découverte d’un pays que je connais peu. J’ai eu la chance, grâce à l’ami d’un collègue lyonnais, de visiter la Casbah, siège majeur de la bataille d’Alger, qui n’en finit pas de mourir. On feint de ne pas s’en souvenir, mais c’est dans la Casbah qu’était entassée la masse de la population autochtone et que ce furent les extrémistes de l’Algérie française qui déclenchèrent les premiers la terreur dans la Casbah par le terrible attentat de la rue de Thèbes. De me promener sous les Sabbats de la Casbah et dans le dédale de ses ruelles, j’ai pu comprendre pourquoi il fut extrêmement difficile pour les militaires français d’y dénicher les combattants du FLN, et me faire expliquer leurs méthodes musclées utilisées pour remettre les souteneurs dans le chemin de la morale populaire. J’ai pu aussi contempler la magnifique baie d’Alger et  parcourir la rue puis la place Maurice Audin, glisser un œil dans le tunnel des facultés, apercevoir la villa Susini où le sale boulot était effectué et la villa Andréa dans le quartier  » El Biar  » où des barbouzes gaullistes préparèrent les actions anti-OAS. La journée se termine en famille par la dégustation d’un merveilleux couscous. Mes hôtes m’expliquèrent en quoi la France décevait les intellectuels algériens restés pour la plupart, eux, résolument francophones, et comment ils considéraient qu’ayant réussi le rapt de la langue française, les soit-disant effets positifs de la colonisation et, récemment, le projet sarkozyste de Maison de l’histoire de France avaient visiblement du mal à passer.

Le retour à Paris me replonge dans l’histoire, Montoire le 24 octobre 1940. Pétain est au pouvoir depuis le 16 juin. Du dernier cabinet Raynaud, seuls De Gaulle, et à un moindre degré Mandel, Marin ou Dautry, voulaient poursuivre la lutte. En faisant appel à Pétain, le président Lebrun, polytechnicien de son état, prend acte lâchement de la défaite de la France puisque Pétain, vice-président du conseil des ministres depuis le 18 mai a très vite pris le leadership de ceux qui, refusant le repli du gouvernement en Afrique du nord, préconisent l’armistice. Il n’était pas question pour eux de faire dépendre en quoi que ce soit les destinées du pays des possessions coloniales car alors, c’eut été l’inéluctable reconnaissance du droit des autochtones à être des français à part entière. Partisan résolu de la fin du conflit avec l’Allemagne nazie comme pré-requis nécessaire à la rectification idéologique de la France, Continuer la lecture

Octobre Rouge, Trou Noir ?

Maurice Allais vient de s’éteindre à 99 ans, ce polytechnicien atypique fut le seul Français à avoir obtenu le prix Nobel d’économie. Le décès de celui que certains, il n’y a pas si longtemps, qualifiaient d’économiste ringard puisqu’il remettait en cause le libre échangisme et que la ministre a cru bon de désigner comme le « symbole de la méritocratie républicaine« , vient à point pour nous rappeler à plus de modestie. Car si la France se targue d’avoir quelques-unes des meilleures écoles de commerce et de management au monde, ces écoles, pour la plupart hors de l’université, sont loin de disposer d’une activité de recherche à la hauteur des nécessités du moment et aucune, à part l’INSEAD, ne figure dans les classements internationaux en matière de science économique.

En ce mois d’octobre, centième anniversaire de la mort du grand écrivain Russe Léon Tolstoï (20 octobre 1910), il est bon de se souvenir que dans le passé l’armée menait à tout, à condition d’en sortir ! Léon Tolstoï y était entré à 23 ans, il avait fait le coup de feu contre les rebelles tchétchènes (déjà !). Cinq années après, il en démissionnait pour donner à la postérité Guerre et Paix et Anna Karénine. Emblématique que Bernard Clavel, chantre du terroir jurassien, soit mort le même mois à un siècle d’intervalle, lui qui aussi n’existait que par et pour ses livres ! Qu’y a-t-il de commun en effet entre le l’apprenti pâtissier, combattant de la paix, né au sein de la plèbe et le comte Lev Nikolaïevitch Tolstoï si ce n’est leur attachement au terroir et leur amour de l’écriture ? Les funérailles eurent lieu en famille et entre amis à Frontenay, le cercueil fit son entrée entre une haie d’honneur de cors et au son d’un violon, dans une simplicité qu’il aurait aimée.

Autre départ important, celui de Claude Lefort qui créa le groupe « Socialisme ou barbarie » Continuer la lecture