Non, le Père-Noël ne sauvera pas l’université française.

…Seuls les universitaires le peuvent à condition qu’ils se bougent !
(en réponse à Oldcola sur ma note précédente).

En plus du débat sur l’autonomie, le débat sur la réforme des statuts fait rage. Mais les deux logiques sont évidemment liées. D’un côté les tenants du « tout Etat » qui font absolument confiance aux comités nationaux pour les promotions et l’attribution des primes. De l’autre ceux qui comme moi pensent qu’il est beaucoup plus aisé de vérifier la véracité des rapports d’activités y compris de recherche, l’effectivité des fonctions enseignantes et administratives par des dispositifs de proximité.  Ne nous berçons pas d’illusions, les réseaux ça existe et plus leur cible est éloignée du terrain moins leur action est transparente. Encore faut-il qu’un consensus existe sur l’égale grandeur du métier d’enseignement et du métier de chercheur.

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Autonomie des universités : J-18

Mais où sont passés les milliards pour l’Université ?

Il y a un an à peine, le Président de la république, relayé par sa sémillante ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, prétendait que la France, rompant avec des décennies de sous-financement de l’enseignement supérieur allait propulser dans les 100 premières universités mondiales une dizaine d’universités françaises. Toute l’année 2008 le pays a vécu au rythme des milliards liés à la privatisation d’EDF qui allaient être déversés sur 10 campus universitaires et qui ont accouché du projet de déménagement de Paris Sud sur le plateau des mille vaches et sur le fiasco d’un audit immobilier à Paris. La ministre vient de redécouvrir l’eau chaude : l’immobilier universitaire à Paris est tellement exécrable qu’il vaut mieux ne pas publier l’audit ! Mais que représentent ces cinq petits milliards probablement inclus dans le merveilleux plan de relance que la terre entière nous envie. Bref les grandes universités parisiennes attendront le prochain ministre.

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« Un président d’université doit être paranoïaque »

La lettre de l’étudiant datée du 8 décembre me consacre une interview et à l’amabilité d’annoncer le lancement de ce blog. Bienvenue donc aux lecteurs qui auront découvert son existence via la Lettre. L’interview revient sur mes années de président à l’UPMC, les réformes menées pendant ce mandat. Extrait :

Que changeriez-vous à la loi LRU ?

Il faut la simplifier radicalement. La loi LRU ne devrait pas définir aussi précisément comment les universités doivent s’organiser. Cette question concerne directement les statuts de chaque établissement, en fonction de ses objectifs de recherche et de formation qui ne sont pas les mêmes pour tous. La loi Pécresse ne laisse aucune place à la diversité. Et la loi Goulard est encore pire. les PRES sont été corsetés par l’Etat.

Quelles sont les qualités indispensables d’un président d’université ?

Il doit avant tout être paranoïaque. Il faut qu’il soit en permanence sur la défensive pour détecter ses alliés et ses ennemis, parmi les grandes écoles ou au gouvernement. Mais il ne doit pas être un paranoïaque solitaire, il doit savoir s’entourer. Il faut aussi qu’il ait de l’ambition, à la fois pour lui et son établissement. Et mieux vaut aussi qu’il soit persévérant et n’ait pas besoin de beaucoup de sommeil !

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Autonomie des universités : J-25

La partie de bonneteau engagée par l’administration avec les vingt universités désignées pour passer à la gestion du budget global en Janvier se poursuit. Malgré les engagements du ministre sur le maintien des emplois dans les grandes universités de recherche, malgré la loi LRU votée qui implique la négociation d’un contrat d’établissement, les hommes de Bercy sont à l’œuvre, appuyés en sous-main par le syndicat des P.M.U.¹ . La tactique est simple, imposer aux grandes universités une masse salariale plancher minimale et renvoyer les marges de manœuvre nécessaires à une négociation contractuelle qui surviendra plus tard.

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De retour du Liban

De retours des frimas Nord Américains me voici au Liban. La mer méditerranée est d’un vert bleu luisant au soleil de la côte libanaise, dans cet après midi de fin novembre, on se croirait au début de l’été. Parfois une zone plus sombre nous signale des ruines colossales reposant à quelques mètres en dessous. Je suis en compagnie de mon ami Ibrahim Kobeisi, l’ancien président de l’université libanaise, nous avons présidé nos universités respectives à peu près à la même époque de 2001 à 2006. Si la charge était écrasante à l’UPMC, que dire de ses responsabilités alors, lorsqu’il a dû présider à la réunification de l’unique université publique au Liban par delà les multiples communautés qui constituent la réalité de ce pays.

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L’autonomie J-35

Dans un article publié par le journal « libération » début août  (« Un an après, l’introuvable autonomie universitaire« ) à l’occasion du premier anniversaire de la loi « Pécresse », j’appelais de mes vœux un effort supplémentaire de la ministre et de son mentor élyséen pour accélérer l’autonomie universitaire. Mais la ministre qui a trouvé très « sarkozyste » le titre de mon livre « quand l’université se réveille tout devient possible » serait bien inspirée d’en suivre les recommandations car d’accélération point n’en voyons aujourd’hui.

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En voyage aux USA

La semaine suivant l’élection présidentielle aux Etat-Unis j’ai participé à une visite de la direction de l’université Pierre et Marie Curie sur la côte Est des Etats-Unis. Visite éclair mais très instructive. Ce voyage m’a conduit de Boston à Atlanta en passant par New York et Washington. Beau temps sec et frais à Boston, le train rapide qui m’emmène à New Haven pour visiter la faculté de droit de Yale chemine à la vitesse d’un train express régional français, dans l’automne finissant du Massachusetts et du Connecticut qui me rappelle les ocres et les carmins des paysages de la Normandie mancelle. Arrivée en plein centre de New York dans les senteurs de hamburger et l’agitation d’une fin d’après midi. Queues interminables à JFK airport pour le saut de puce vers Washington, vestiges du traumatisme d’un certain 11 septembre. Mais on peut quand même monter dans l’avion avec le talon du billet du voisin… Atlanta ville sans âme qui a voté Palin !

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Président honoraire de l'université Pierre et Marie Curie