L’espoir et la désolation

Crédits : Amir Farshad Ebrahimi sur Flickr

Cette semaine nous oscillons entre l’espoir et la désolation.

Désolation de ce qui se passe en Palestine, à Gaza, l’une des plus vieilles cités du monde méditerranéen, là où est née la civilisation moderne. Et comme toujours, à l’irresponsabilité des uns répond le cynisme des autres. Pourtant, tous se réclament des peuples sémites originaires d’Asie occidentale (ancienne Mésopotamie et du Moyen-Orient) que la tradition fait descendre de Sem, fils de Noé, et qui ont parlé ou parlent les langues dites sémitiques (l’hébreu, l’arabe, l’araméen, le babylonien, l’assyrien, et l’amharique). Mais le nazisme n’absout pas l’utilisation de méthodes barbares par les fils et les filles de ceux qu’ils ont tenté d’exterminer. Il y a six ans, mon université qui réclamait de l’Union européenne : « que dans le cadre de la préparation de son sixième programme cadre de recherche et développement, le contrat d’association entre l’Union européenne et l’Etat d’Israël soit renégocié pour être étendu à la partie palestinienne … et que l’Union européenne veille au respect par toutes les parties de l’ensemble des clauses du contrat » a été l’objet d’une virulente campagne de désinformation.

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Ne se tromper ni de combat ni d’alliés

credits : Caro Wallis sur Flickr

Dans un communiqué paru dans l’AEF le 5 janvier (Dépêche n°107098), la nouvelle direction de la CPU vient de se faire l’écho de certaines « interrogations et incompréhensions » qui subsisteraient, quant à la « proportion des moyens nouveaux qui parviennent réellement aux universités », aux « suppressions d’emplois », à « la réalité des dotations de l’État pour les neuf campus retenus par l’opération campus » et « sur le devenir des statuts des personnels au sein des universités devenues autonomes » (lire la lettre de la CPU) . Parallèlement « Le Monde » publie le même jour une tribune libre d’une dizaine de professeurs d’universités qui tout en se défendant d’être des partisans du statut quo refusent tout à la fois la nouvelle loi LRU et l’évolution du statut des enseignants car la première « renforcerait le pouvoir des présidents » et la seconde « porterait atteinte aux libertés académiques sans lesquelles il n’y a pas d’universités dignes de ce nom ».

Cette sainte alliance réuni ceux qui, arroseurs arrosés, après avoir accompagné le nouveau processus d’allocation des ressources cheval de Troie des technocrates contre la création d’universités compétitives dans la recherche internationale, se trouvent en être les premiers dindons de la farce et ceux qui, en dépit de leurs dénégations, sont les champions des adeptes du « sur-place » universitaire qui cherchent sans arrêt du côté de l’Etat comment maintenir leurs petits privilèges.

Ce combat n’est pas, ne peut pas être le nôtre. Continuer la lecture

2009 sera-t-elle l’année de l’autonomie universitaire ?

En réalité l’année 2009 va être décisive. Il semble bien que ce que la haute administration dénoncée par Bourdieu comme la « Noblesse d’Etat » ait ressenti comme un danger pour elle dans l’avenir la mise en œuvre d’une autonomie réelle des universités. Dès lors tout est entrepris pour reprendre par de multiples directives et de nombreux décrets ce que la loi LRU a concédé. On est bien dans des circonstances analogues à l’après soixante-huit où l’Etat s’était ingénié à annuler ce que les « politiques » avaient concédé.

C’est à mes yeux de cette façon qu’il faut analyser l’inflexion actuelle des discours de Valérie Pécresse.

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Y a-t-il 20 universités autonomes depuis le 1er janvier 2009 ?

Ca y est, nous sommes le 1er janvier 2009. Vingt universités devraient, selon les dires de Valérie Pécresse et en vertu de la loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités, être des universités autonomes. Qu’en est-il exactement ? Si l’on se réfère au texte de la loi, son article 15 indique que «  Les universités peuvent, par délibération adoptée dans les conditions prévues à l’article L. 711-7, du code de l’éducation demander à bénéficier des responsabilités et des compétences élargies en matière budgétaire et de gestion des ressources humaines sous réserve que la délibération du conseil d’administration soit approuvée par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du ministre chargé de l’enseignement supérieur ». A ma connaissance les conseils d’administration des 20 établissements ont délibéré positivement sur ce transfert de compétence.

L’article 24 indique que « l’État peut transférer aux établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel qui en font la demande la pleine propriété des biens mobiliers et immobiliers appartenant à l’État qui leur sont affectés ou sont mis à leur disposition. Ce transfert s’effectue à titre gratuit. Il s’accompagne, le cas échéant, d’une convention visant à la mise en sécurité du patrimoine, après expertise contradictoire ». A ma connaissance, deux universités ont fait délibérer leurs conseils positivement, l’université de Corte et l’université Pierre et Marie Curie.

En réalité les choses sont beaucoup plus floues. Continuer la lecture

Bonne année 2009

Bonne et heureuse nouvelle année, en espérant que notre lutte pour une autonomie réelle et complète ne se traduise pas par son contraire, c’est à dire plus de contrôle bureaucratique de l’Etat et moins de démocratie à l’intérieur des universités. Plus que jamais l’exigence d’un budget global permettant à nos universités de rattraper leur retard et celle de la dévolution des biens impliquant la maîtrise d’ouvrage de leur adaptation et de leur entretien, sans lesquelles il n’y aura pas d’autonomie véritable, sont d’actualité. L’année de l’astronomie ne doit pas être celle des astrologues et des prestidigitateurs et l’année du boeuf devenir l’année du chien.
Parmi les cadeaux que j’ai reçu pour noël, j’ai reçu de mon fils l’excellent livre de Alain Dugrand et Frédéric Laurent sur Willie Munzenberg. Sans approuver toutes les thèses fortement inspirées par la mouvance 4ème internationale, la description précise et détaillé des combats sociaux et révolutionnaires des cinquante premières années du XXème siècle donne à réfléchir sur les occasions perdues, le sectarisme et finalement les catastrophes qu’elles ont engendrées. J’en tire pour ma part, en ces temps de crise économique et sociale grave, que rien n’est plus urgent que les échanges entre jeunes européens et du monde entier pour les surpasser. Oui l’Europe sans frontières est un progrès, oui les échanges Erasmus ou autres doivent être encouragés, oui la jeunesse dois faire un retour au politique face à l’omni-présence du tout commercial. Oui il y a encore l’espoir pour des lendemains qui chantent.
Gilbert Béréziat

On parle du blog et du livre.

Je voulais vous signaler que plusieurs blogs ont eu la gentillesse d’évoquer le mien : le blog Comcampus évidemment, de l’agence Campus communication qui accompagne mon « blogging » au quotidien, mais également le blog  News grandes écoles. Plus récemment c’est le blog Sciences² de Libération à l’occasion d’un article sur le budget 2009 des universités qui a cité une de mes notes. Du côté des médias spécialisés, l’Officiel de la Recherche et du supérieur dans un article publié le 16 décembre 2008 évoque le lancement de mon blog et celui de Louis Vogel. Quant au livre « quand l’université se réveille », le numéro 122 de Vie universitaire lui consacre une fiche de lecture.

Le concours commun aux formations de santé, une mauvaise décision pour tenter régler un problème bien réel.

L’Assemblée nationale a adopté la création d’une année commune de sélection aux professions de santé. La députée Jacqueline Fraysse, soutenue par le professeur Debré et d’autres médecins UMP de l’hémicycle, avait proposé un amendement repoussant la réforme à 2010-2011. Cet amendement a finalement été rejeté. A cette occasion Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a déclaré : « Il y a en face de moi un certain nombre de personnes qui considèrent que lutter contre l’échec en première année de médecine peut attendre. Je leur réponds : non, c’est une urgence. Et le rôle du service public de l’enseignement supérieur est de répondre aux besoins et aux urgences des étudiants ».

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De mauvaises décisions pour tenter de régler des problèmes biens réels.

La semaine qui vient de s’écouler nous a donné l’occasion, une fois de plus de mesurer combien l’art du double langage est une spécialité française. Lors de son discours sur la diversité à l’Ecole polytechnique, le mercredi 17 décembre, Nicolas Sarkozy déclare que dès septembre 2009, 25% des places de chaque classe préparatoire aux grandes écoles seront réservées aux meilleurs lycéens boursiers. A la rentrée 2010, ce taux devrait atteindre 30%. Le même jour, dans un numéro spécial du Nouvel Economiste, Valérie Pécresse confirme:  « Nos classes préparatoires sont de bons systèmes de formation. Je réfléchis à l’idée que les universités puissent expérimenter l’ouverture d’une classe préparatoire aux grandes écoles intégrée dans leurs parcours de formation ».

Quelques heures avant cette déclaration du chef de l’Etat devant les membres de l’Association nationale de la recherche technologique, Valérie Pécresse assurait le service après vente de sa Loi en déclarant à l’assemblée qu’il fallait renforcer les liens entre l’université et l’entreprise et le lendemain 18 décembre, au cours de l’émission de Laurence Piquet sur France 5 « un soir à la Sorbonne », par ailleurs assez bien faite, elle se fait le chantre des sciences humaines et des formations universitaires. Alors qui croire ?

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Non Madame la Ministre, le compte n’y est pas.

« Je pense qu’il y a une focalisation excessive sur la question des emplois, mais en regardant les dotations des années précédentes, les universités se rendront compte de l’augmentation sans précédent de leurs moyens », estime Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, à l’occasion d’une conférence de presse sur la répartition des moyens et des emplois des universités, lundi 15 décembre 2008 rapporte l’AEF du 16 décembre. Non Madame le ministre, le compte n’y est pas. Votre argument concernant l’université Pierre et Marie Curie, première université de l’Alliance Paris Universitas à avoir demandé pour elle-même l’application de la loi LRU est inexact, voire spécieux. Vous affirmez : « Quant à la contribution qui est demandée à certaines universités, elle reste modérée : Paris-VI a -14 emplois, soit 0,3% de ses emplois… alors que ses effectifs étudiants ont diminué de 1% de 2005 à 2008 » ce qui est contestable. Comment croire vos affirmations comme quoi « Il faut en finir avec le pseudo-égalitarisme » lorsque vous ajoutez « on ne peut pas traiter toutes les universités de la même manière selon notamment que leurs effectifs baissent ou augmentent ». Mais le pseudo-égalitarisme c’est précisément la politique de redéploiement.

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8 au 13 décembre, une folle semaine.

Lundi : le comité exécutif de l’UPMC se réunit aux aurores. Il dresse un bilan morose des propositions du ministère.  Des demandes d’explication et des protestations lui sont adressées, on va se tenir en contact toute la semaine.

Mardi 9 décembre : grande déclaration de Nicolas Sarkozy aux premières assises européennes de l’innovation où, après avoir dressé un portrait dithyrambique  de l’ancien ministre de Jospin, Claude Allègre, il réaffirme sans ambage : « Nous avons lancé en dix-huit mois des chantiers colossaux… Cinq milliards d’euros pour créer dix grands campus universitaires de rang mondial. Mais ce qui est extraordinaire c’est que l’on a réussi sans drame à faire accepter l’idée que tout ne se valait pas, qu’on pouvait choisir d’abord les meilleurs et que les autres devaient continuer à travailler. Quinze autres milliards d’euros en 5 ans seront investis dans l’ensemble de nos universités, enfin devenues autonomes ». Mais en réalité, depuis la veille on connait les chiffres, les six plus grandes universités française sont priées de rendre de 8 à 14 emplois l’an prochain et soumises à la diète budgétaire. Alors qui dit la vérité ? Qui croire avec ce gouvernement ? Dans le même temps les moyens sont maintenus voire renforcés dans les principales écoles d’ingénieurs.

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Président honoraire de l'université Pierre et Marie Curie