Lille et Lyon deux aspects de la rentrée universitaire.

lyon liberation

Le samedi 19 septembre, j’ai participé au forum organisé à Lyon sous la houlette de « Libération » pour débattre avec Bernard Belloc de l’autonomie des universités. La semaine précédant cet évènement un journaliste de « Libé » avait réussi à me joindre en Patagonie pour s’inquiéter que Bernard Belloc et moi étions tous les deux d’accord sur ce sujet. Elle était effrayée par le fait que l’auditoire puisse être frustré de ne pas entendre les diatribes anti-LRU qui réunissent fièrement les gauchistes de SUD et le noyau dur des juristes conservateurs (SUD en épitoge selon une maxime maintenant célèbre). C’est sans doute pourquoi les deux journalistes initialement prévus pour modérer le débat se sont défilés et durent être remplacés au pied levé par une jeune collaboratrice d’un « think/thanks » de Delors.

Contrairement à leurs craintes, débat il y eut, car autant je suis d’accord avec Bernard Belloc sur le principe de l’autonomie, autant j’estime que l’on est loin du compte et que le dossier n’a pas beaucoup avancé depuis la promulgation de la loi. Par ailleurs, j’ai profité de cette tribune pour mettre en avant mon idée force : seules des universités autonomes et puissantes pourront mettre fin au système ségrégationniste, dual et obsolète de l’enseignement supérieur français. D’ailleurs, les réactions de la salle sur ce sujet furent tout à fait favorables. Partant de la démarche entreprise par la nouvelle administration américaine, j’ai montré qu’il y avait un abîme entre la politique libérale progressiste d’Obama et le libéralisme de Sarkozy.

liberationEn effet, dans une allocution prononcée au milieu du mois de juillet, le Président Obama a réaffirmé avec force qu’il placerait les « community colleges » au centre des décisions destinées à revitaliser l’économie américaine. Il a proposé de dépenser des milliards de dollars pour les programmes de formation à l’emploi, pour les programmes de formation aux compétences de base nécessaires à l’économie moderne, pour faciliter l’accès aux cours en ligne en ciblant principalement les collèges de deux années. Ce dispositif étant destiné à élargir l’accès à des formations supérieures plus longues. Ces collèges ont été, selon lui, trop longtemps ignorés, l’investissement ayant été d’abord ciblé en direction des institutions formant les élites : “ Community colleges are treated like the stepchild of the higher education system; they’re an afterthought, if they’re thought of at all ”. Ce dernier constat pourrait tout à fait s’appliquer à la France si l’on considère avec quelle bienveillance sont traitées les « Grandes Ecoles et les Grands Etablissements » dans notre pays par rapport aux universités, même les plus impliquées dans l’effort de recherche de la Nation.

La droite au pouvoir en France n’a évidemment pas la même politique que le président Obama en ce qui concerne l’enseignement en général et l’enseignement supérieur en particulier. Puisque la ministre vient de confirmer, après le président, que sa priorité était de renforcer l’accès aux classes préparatoires pour relancer « l’ascenseur social ». Mais cet ascenseur est un leurre car, comme je l’ai démontré dans l’une de mes précédentes notes, les vingt Grandes Ecoles d’Elites  recrutent 95% de leurs étudiants à partir d’une dizaine de lycées parisiens et d’Ile de France et de quelques lycées des grandes métropoles régionales.

Cette réalité cruelle vient de nous être fournie par l’Observatoire Régional des études supérieures de l’université de Lille. Dans sa livraison de septembre, il constate que : « Contrairement aux effectifs de l’ensemble de l’enseignement supérieur régional, ceux des CPGE de la région Nord – Pas de Calais ont progressé de 6 % en cinq ans. Cette progression est conforme à la tendance nationale. Elle concerne toutes les filières : en premier lieu les CPGE Littéraires (+ 12 %) et dans une moindre mesure les CPGE Scientifiques (+ 4 %) » . Si l’on considère les classes préparatoires scientifiques, en deuxième année le nombre d’étudiants s’élève à 1763, 25% sont des filles, 70,4% ont eu une mention bien ou très bien au baccalauréat et 70,2% viennent des catégories sociales favorisées ou très favorisées. Pour les élèves des classes préparatoires littéraires, parmi les 329 élèves en deuxième année, 76% sont des filles, 76,5% ont eu une mention bien ou très bien au baccalauréat et 61,5% viennent des classes sociales favorisées ou très favorisées.

Pour autant le système n’affiche pas franchement une bonne santé, car non seulement il siphonne les meilleurs éléments des cursus scientifiques menant à la recherche et à l’érudition, mais ensuite, malgré une sélection féroce, il n’est pas franchement efficace puisque 22% des étudiants quittent le système après la première année, près de 10% redoublent la première année, près de 20% redoublent la seconde année, 24 % seulement intègrent une « Grande Ecole régionale !) et le reste soit rejoint l’université (15% parfois en IUT) soit est recruté au compte-gouttes par les classes préparatoires des lycées cités ci-dessus (impossible d’en connaître le nombre), soit fait autre chose. Mais si on considère combien d’étudiants provenant des classes préparatoires du Nord Pas-de-Calais intègrent l’une des grandes écoles nationales citées en référence, pour l’année 2008 on en trouve 17 provenant des classes préparatoires scientifiques et 2 provenant des classes préparatoires littéraires, soit moins de 1% de l’effectif total. Il y a bien tromperie sur la marchandise. Naturellement, je ne suis pas naïf et je comprends bien que certains des enfants des cadres supérieurs et de la haute bourgeoise du Nord Pas-de-Calais ont déjà quitté le cocon familial et sont au chaud dans des classes préparatoires plus huppées pour rejoindre le vivier de la noblesse d’Etat.

Et alors que les plus aisés sont au chaud dans les classes préparatoires et les grandes écoles, les laboratoires de l’université de Lille se vident et le Secours Populaire Français est appelé à la rescousse et ouvre une antenne au sein de l’université. A Lille 1, la scientifique, sept étudiants sur dix ont un travail et le nombre d’étudiants fréquentant la permanence lilloise du SPF a augmenté de 35 % ces deux dernières années. Au même moment une étude effectuée au Cornell Higher Education Research Institute pointe le fait que les l’existence de services destinés aux étudiants est un facteur majeur de la réussite dans les études et de leur poursuite, supérieur aux dépenses de formation et de recherche. Le ministère français vient de publier les dotations universitaires en se gargarisant d’une hausse qui reste à démontrer puisque la direction de l’enseignement supérieur a systématiquement refusé les négociations budgétaires en prélude à la signature des contrats. Je mets le ministère au défi de publier les budgets globaux des grandes écoles et des grands établissements reprenant les mêmes rubriques que pour les universités.

C’est dans ce contexte qu’il faut prendre avec des pincettes les déclaration triomphantes de la ministre sur le fait que la rentrée 2009 se fait dans de bonnes conditions et que les étudiants n’ont pas boudé les universités, mêmes celles qui depuis plusieurs années sont le siège d’une agitation récurrente. En réalité les étudiants n’ont pas le choix. La sélection est déjà réalisée lorsqu’ils entrent en classe terminale. C’est cela que, par la diversification des établissements universitaires, la maîtrise financière, immobilière et managériale mais aussi pédagogique qu’elle génère, une autonomie réelle nous permettra de commencer à inverser. C’est d’ailleurs bien pour cela, et Bernard Belloc ne m’a pas contredit là dessus à Lyon, que le plus grand frein à la mise en œuvre de cette autonomie véritable est constitué par ceux qui, de gauche comme de droite, ont été formés par ce système ségrégationniste. Et ceux-ci sont légion dans tous les rouages de l’Etat, voire même au sein des universités. Je dois à la vérité de dire que pour certains, ma critique pouvait paraître celle de la gauche libérale et Bernard Belloc ne manqua pas de rappeler qu’il existe d’autre modèles que celui des université anglo-saxonnes et que les études supérieures dans les pays scandinaves pourtant dirigées par la droite sont pour l’essentiel gratuites. Il me rappela gentiment qu’il m’avait impliqué lorsqu’il était premier vice président de la CPU dans un voyage d’études aux Etat Unis, je l’ai rassuré, il n’a pas produit sur moi le miracle du chemin de Damas et je ne suis pas un adulateur du modèle américain même si, je pense que la société américaine, par ce que globalement elle accepte le risque plus que la nôtre, possède sur nous un avantage évolutif.

Après le débat, je profite de ce court séjour à Lyon pour revoir la place des Terreaux, tout près du lieu où ma grand-mère paternelle fut « piplette », ensuite je déambule dans les rues du vieux quartier vers Bellecour, puis vers la Guillotière, pour finir ma soirée dans un bouchon lyonnais. Au cours de cette promenade je tombe sur le quai Jean Moulin. Jean Moulin dont le dernier livre de Daniel Cordier (Caracalla), qui fut son secrétaire, retrace en le démystifiant ce que fut son quotidien dans le Lyon de Vichy puis occupé, avec ses difficultés, ses imprudences mais surtout sa grandeur dans la simplicité des actions pourtant souvent dangereuses puis au bout du compte le sacrifice d’une vie après que fût obtenu la constitution du comité des MUR (mouvements unis de la résistance). Ce cheminement ravive en moi le souvenir de mon père et de la résistance, de ceux qui furent pour lui un modèle, comme Yves Farges, l’un des fondateurs de Franc-Tireur, désigné par De Gaulle en 1944 commissaire de la république de la région Rhônes-Alpes, qui lutta contre le marché noir au sein du gouvernement provisoire comme ministre du ravitaillement et dont il me légua avant sa mort « le pain de la corruption ». Et la fréquentation de Jean Moulin pendant ces mois difficiles fut certainement pour beaucoup dans l’évolution du royaliste maurassien Daniel Cordier vers l’acceptation d’une république sociale et humaniste. Il vaut mieux suivre ce chemin là que l’inverse comme le dirait Stéphane Guillon.

autonomieDans le train qui me ramène à Massy TGV, je repense au débat et à ces journalistes qui ne peuvent prononcer le mot d’université et encore moins leur nom. Pour « Libé » l’autonomie n’est pas celle des universités, c’est l‘autonomie des facs ! Pour « le Monde Magazine » qui scrute le samedi 19 septembre l’avenir des surdoués ayant obtenu plus de 20 au baccalauréat c’est une impossibilité absolue. Pas de problème pour citer leur arrivée en mathématiques supérieures au lycée Hoche, Henri IV ou Louis le Grand, ni pour signaler leur espoir d’entrer à l’Ecole Normale Supérieure ou à Sciences Po. Mais sur la dizaine d’élèves cités, les deux qui ont choisi de faire des doubles cursus, selon « le Monde Magazine », c’est à la faculté de Perpignan ou à celle des Sciences de Jussieu qu’ils iront. Ca donnerait des crampes aux journalistes du « Monde » d’avouer qu’ils peuvent aussi choisir l’Université de Perpignan ou l’Université Pierre et Marie Curie. Seule l’université de Cambridge aura l’honneur de l’hebdomadaire.

Palaiseau le 25 septembre

5 réflexions sur “ Lille et Lyon deux aspects de la rentrée universitaire. ”

  1. Je laisse à Gilbert Béréziat la responsabilité de son appréciation de la comparaison entre la politique du Président Sarkozy et celle du Président Obama. Pourrais-je tout de même lui faire observer que le Président Sarkozy part avec l’indiscutable handicap que constitue l’héritage de politiques menées par des gouvernements de gauche (la loi Savary, la loi Chevènement notamment) que Gilbert a tout de même conscencieusement soutenus pendant longtemps.
    Ce petit coup de griffe étant donné, je me joins à lui pour constater avec amertume que le mot même d’université n’arrive pas à être intégré aux lexiques des journalistes. Ils utilisent presque toujours, à tort, le mot Faculté au lieu d’Université. Le mot Faculté désigne, dans son acception généralement admise à travers le monde, le corps académique des professeurs d’une université. On peut vérifier cela sur les sites de nombreuses universités dans le monde. En France, pour les journalistes et malheureusement pour beaucoup de monde, ce mot désigne…les universités elles-mêmes. Et malheureusement cette confusion illustre à merveille la conception
    française traditionnelle de l’université: c’est d’abord le maître qui est centre de l’université, et accessoirement le reste, étudiants inclus. Voilà bien une des très grandes différences avec la conception moderne Humboldtienne de l’université dans laquelle le savoir est le coeur de l’université, pas le maître, sauf lorsque celui-ci est au centre de l’université parce qu’il produit le savoir.

  2. Cher Bernard,
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    Je reconnais bien volontiers que les gouvernements antérieurs, à l’exception quand même de la période où Jean Pierre Chevènement et puis Hubert Curien (Professeur de physique à l’UPMC) étaient ministres de la recherche, n’ont pas fait grand chose pour les universités. Ils ont en particulier impulsé des politiques contractuelles et en donnant la main aux universités sur les laboratoires conjoints avec les organismes de recherche.
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    C’est surtout à partir des ministères Bayrou puis Lang et Ferry que les choses se sont aggravées et où l’immobilisme a été érigé en méthode de gouvernement (la parenthèse Allègre étant entachée par une impossibilité de passer à l’acte à cause de la personnalité particulière du personnage).
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    Je reconnais également qu’avec un certain courage, Sarkozy et Pécresse ont créé des opportunités pour les universités. Et nous devons leur être gré.
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    Je reconnais que, même timidement la politique sociale que pousse Martin Hirsh va dans la bonne direction, à condition que l’on ne botte pas en touche pour les étudiants.
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    Mais on est quand même loin du compte et quand la ministre entonne le refrain du « rattrapage » qui fleure bon les leitmotiv que toi comme moi avons entendus à la CPU. Et alors qu’il faudrait impérativement capitaliser la quinzaine de grandes universités de recherche intensive pour leur permettre d’être les locomotives du système, on tente de les corseter par des PRES, on refuse de leur donner le capital qu’on laisse à Bercy et on échafaude des projets d’Etablissements Publics pour s’occuper de l’immobililier alors que l’on a assité à leur impuissance par le passé et à leur gabegie à Jussieu.
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    Il est contradictoire de poursuivre le développement des classes préparatoires pour les jeunes les plus agiles intellectuellement et de réserver dans les faits aux universités le traitement des autres par les universités alors que l’on clame vouloir créer une dizaine d’universités de rang mondial (mais cet objectif a peut être été abandonné ?)
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    C’est pour celà qu’aujourd’hui je trouve la politique de Sarkozy incohérente. Mais sans doute est il plus difficile de se faire obéir de la nobesse d’Etat que de la prendre dans le sens du poil. Bref j’ai l’impression que le système se Chiraquise. J’espère me tromper.

  3. Bonjour messieurs,

    J’ai toujours été relativement réticent en ce qui concerne l’autonomie des Universités, Gilbert le sait bien qui m’a connu 10 ans comme directeur des sciences de la Vie à l’UPMC. Pour une raison simple : EN FRANCE, l’autonomie est celle des ennuis, pas celle des responsabilités et du développement. Et les choses empirent quand la droite gouverne. Car, nous le voyons actuellement jusqu’à la caricature, sa culture va dans le même sens : nationaliser les pertes. privatiser les bénéfices, n’est pas fondamentalement différent de ce que l’on propose actuellement aux universités.

    Quelques signaux forts renforceraient les partisans de l’autonomie et je me rangerais à leur côté si :

    – le secrétaire général et l’agent comptable étaient vraiment des collaborateurs du Président, qui pourrait les nommer et les gérer sous sa seule responsbilité.

    – on m m’expliquait comment l’Université de Paris-Saint-Denis peut être financièrement autonome.

    – on m’expliquait comment développer le mécénat, qui représente une source de crédits non négligeables dans d’autres pays. En même temps, m’assurer que l’état ne cherchait pas à se désengager comme il le fait dans de nombreuses missions du service public.

    – comme Gilbert, je trouve extravagant que l’on prétende développer les Universités en les rendant autonomes, mais en les privant des meilleurs élèves. Faudra-t-il que l’Université prélève des bourses sur ses crédits pour attirer les bons-mais-pauvres ( les autres, il faudrait leur payer une voiture ??).

    Bref ….je n’ai rien vu dans la politique du gouvernement actuel qui permette aux universitaires de droite ou de gauche d’emmener leurs troupes avec enthousiasme dans une direction que je considère bonne en théorie, mais qui est mauvaise si on en reste à la situation actuelle, mi chèvre, mi choux. La contractualisation, faite par la gauche, a été un moment difficile à vivre et à faire passer dans les moeurs (je le sais : je l’ai fait !!). Mais nous avions de vrais arguments à opposer aux conservateurs de tous poils (ceux de droite ont-ils été favorables à la contractualisation ????). Pour le moment, je n’ai pas le sentiment que les présidents d’université aient les bons leviers à leur disposition pour en faire autant.

    Jean Guercoux

  4. Même si la situation est compliquée parce que pour la première fois dans ce pays nous faisons bouger les choses sur pratiquement tous les fronts de l’enseignement supérieur et de la recherche, et même si je ne peux démentir Gilbert Béréziat sur la difficulté de se faire obéir par la noblesse d’Etat, je peux le rassurer et lui dire que nous ne nous chiraquiserons pas.
    Mais tout de même ! La loi LRU a été promulguée il y a à peine deux ans et un
    mois et demi. La totalité de la loi et des décrets d’application ne sont mis en œuvre qu’à partir du 1er septembre de cette année. Seules 18 universités sont passées à l’autonomie au sens de la loi LRU. En ce qui concerne la propriété du patrimoine, si chère à Gilbert Béréziat, à juste titre, il n’y a aucune réserve de notre part. Mais très peu d’universités sont volontaires. Personne ne les empêche de se déclarer.
    Donc de grâce, pas de procès d’intention. Comment juger d’une réforme, comment dire que la situation actuelle est mi-chèvre mi-chou alors que tous les éléments de la réforme ne sont pas encore appliqués, non pas faute de volonté mais tout simplement parce que dégeler cet immense iceberg qu’était devenu notre système d’enseignement supérieur et de recherche prend et prendra encore beaucoup de temps. Avez-vous déjà fait l’expérience qui consiste à sortir un bloc de glace du congélateur, même en plein été. Eh bien parfois il faut plus de temps à le dégeler qu’il n’en a fallu pour le congeler ! C’est pareil pour nos universités et notre recherche publique. Mais lorsque le processus sera bien engagé, il sera irréversible et l’évolution sera exponentielle.
    Un mot sur les classes prépas et les grandes écoles. D’abord, je fais observer à Gilbert que la plupart de nos prix Nobel, bien que souvent Professeurs d’université il est vrai, ont été formés dans les grandes écoles, Normale sup notamment, mais pas uniquement. Ce système n’a donc pas que des défauts. Ensuite, je fais observer au blogueur précédent que les universités absorbent tout de même une partie importante des très bons élèves du secondaire. Les chiffres: environ 280 000 admis au bac général en 2009, dont un peu plus de 140 000 mentions, alors qu’on peut estimer à 40 000 le nombre des bacheliers qui se sont inscrits pour la première fois en classes prépas à cette rentrée. Même si on ne prend que les mentions bien et très bien, les mentions concernent 23, 6 % des admis au bac général, soit 66 080, alors que selon les premières estimations, 40 000 se sont inscrit en 1ére année de classe prépa. Il y a donc bien un nombre non négligeable de très bons bacheliers qui se tournent d’emblée vers les universités.
    Je ne peux m’empêcher d’attirer non plus l’attention sur la pagaille, le mot n’est pas faible, qui règne dans l’organisation de certaines universités, malgré les efforts de nombreux personnels et de nombreux collègues: bureaux administratifs ouverts épisodiquement, mauvaises informations, erreurs, cours annoncés, non faits, déplacés, procédures d’inscription interminables et complètement désuètes. Que cela ne rende pas attractifs les premiers cycles universitaires n’est tout de même pas surprenant. Je voudrais aussi rassurer le blogueur précédent : les présidents d’université et leurs équipes sont en phase d’apprentissage et d’appropriation des nouveaux instruments et des nouveaux leviers. Qu’ils ne disposent pas de tous les leviers nécessaires, je n’en sais rien. Qu’on nous dise donc de façon détaillée quels sont les leviers qui leur manquent et pourquoi ils leur manquent.
    Mais ce que je sais, pour avoir présidé une université qui ne réussit tout de même pas
    trop mal dans son secteur, c’est qu’avec de la volonté politique, du travail et surtout une ambition pour son université qui ne se limite pas à la défense étriquée des petites baronnies et des éternels corporatismes syndicaux, on obtient des résultats.
    Je me répète : quoiqu’en dise Gilbert (et au passage j’observe qu’aucun des ministres qu’il cite, aucun, n’a jamais rien proposé pour avancer sur le chemin de vraies réformes structurelles de modernisation des universités), les universités françaises ont traversé une période glaciaire de 25 ans, après avoir traversé un désert de près d’un siècle. Elles seront au rendez vous de ce siècle. Mais de grâce, assez de discours décourageants, découragés et dubitatifs ! Retroussons les manches et dénonçons ces hypocrisies qui laissent le devant de la scène aux spécialistes du sur place qui de toutes façons ne veulent rien changer de peur de perdre leurs petites rentes.

  5. La loi LRU ne produirait-elle pas 4 cas de figure ? des universités libres et responsables, des universités libres et non responsables, des universités non libres et responsables, des universités non libres et non responsables. Gilbert Béréziat, vous êtes partisan du premier cas de figure (dans lequel l’UPMC asire à figurer au plus vite) pour instaurer une concurrence équitable avec les grandes écoles. Pas de problème. Dès lors plusieurs questions : que fait-on des 3 autres cas de figure ?

    Et les classes prépas ? Vous oubliez un peu vite qu’elles sont localisées dans les lycées qui ont également à gérer l’enseignement secondaire ! Ne serait-ce pas mieux d’autonomiser dans un établissement public nouveau le premier cycle de l’enseignement supérieur (les prépas y seraient intégrées, au côté des STS et des IUT fusionnées, des filières générales de licence universitaire) ? Bref, je reste partisan de lycées régionaux d’enseignement supérieur. Le PRES Paris Sorbonne, au lieu d’avoir plus de 100.000 étudiants, n’en aurait que 25 – 30.000 en master et en doctorat. Ne serait-ce pas mieux pour mener une concurrence frontale avec les grandes écoles ? Cordialement. Irnerius.

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