Vers les marches de l’Orient.

credits: mohammadali - flickr

Vendredi 27 mai, en partance pour Téhéran, je me prépare à l’abstinence en sirotant quelques whiskys dans le salon de l’aéroport d’Orly. Je tombe par hasard sur le « Canard Enchaîné » daté du 27 mai. Je n’en crois pas mes yeux, notre VRP suprême, en visite dans les Emirats arabes unis, était accompagné d’une délégation nombreuse : Claude Guéant, naturellement, peu de ministres (4, pour que le précédent n’ait pas trop de personnes à surveiller), et de nombreuses vedettes du CAC 40 dont Serge Dassault. Mais je n’ai pas trouvé la moindre trace de Georges Molinié ou de Christine Albanel ! Pourtant, au jour où nous sommes, les seules exportations réelles dans les Emirats ce sont la Sorbonne et le Louvre à Abou Dhabi ! Il va falloir qu’il s’y fasse, notre Président. Dans le monde, les universités et la culture représentent bien plus l’esprit français que l’armement ¹ et l’industrie. Je rêve du jour où, en homme pragmatique qu’il est, il voyagera aussi avec le président de l’UPMC.

Mais qu’ai-je à faire au pays des Perses, dont le nom est connu depuis l’empire Achéménide, soit près de 45 siècles ! Je pourrais dire que le cylindre de Cyrus (qui y régna plus de 5 siècles avant notre ère) contient la première déclaration des droits de l’homme ; je pourrais dire encore que des traces de vin datant de plus de 70 siècles y furent retrouvées ; où encore que le premier centre hospitalier universitaire du monde y a vu le jour à Jundi-Shapur, au 3e siècle ; ou enfin, que le mot ?r?n shahr signifie « royaume ou terres des Aryens ». C’est, plus simplement, qu’après le Liban, la Syrie, l’Israël-Palestine, l’Egypte, le Kurdistan Irakien, notre université se devait de visiter les universités de ce pays. Six universités à Téhéran et à Chiraz et le ministère de l’Enseignement supérieur, tel est mon programme. Le tout en cinq jours.

Situé au nord-est  de la plaine mésopotamienne, au-delà de la chaîne du Zagros qui s’étend des montagnes d’Arménie jusqu’au golf d’Omman, le plateau iranien a subi tout au long des siècles, bien que de manière atténuée, les influences de peuples qui successivement habitèrent la plaine fertilisée par le Tigre et l’Euphrate (civilisations sumérienne et akkadienne) et des civilisations élamites au nord, qui s’étendirent jusqu’à la frontière pakistanaise. Entre le XXème et le Xème siècle avant notre ère, les Mèdes et les Perses, provenant d’Asie centrale s’installent progressivement sur le plateau iranien. Ils parlent une variété de dialectes appartenant à la famille des langues indo-européennes, apparentées à l’avestique et au sanscrit védique. Leur religion est celle d’Ahura-Mazda, (réformée par Zoroastre vers le VIème siècle avant notre ère). Mazdéisme puis Zoroastrisme ont prévalu pendant plus de treize siècles, jusqu’à l’arrivée de l’Islam. Tandis que les Mèdes se sédentarisent progressivement dans la partie septentrionale de l’Iran et dans les contrées limitrophes, les Perses, chassés de l’Anatolie orientale par le développement de l’état d’Urartu, poursuivirent leur déplacement vers le sud le long de la crête orientale du Zagros pour se fixer dans la région sud de l’Iran. Ils donnèrent à ce pays le nom de Parsu, le Fars actuel.

Les deux états vont se livrer une concurrence acharnée pendant plusieurs siècles. Les Perses prenant l’avantage sous les dynasties achéménides de Cyrius et de Darius, les Mèdes dont la capitale, Ecbatane se situe dans le nord reprirent le dessus par la suite et étendirent leur influence vers l’est du plateau, jusqu’à la Bactriane, non sans qu’auparavant le roi mède, Cyaxare, s’allie au roi chaldéen de Babylone, Nabopolassar, pour en finir avec le royaume assyrien. De nombreux doutes subsistent quant à la réalité de l’état fondé par les Mèdes et les Chaldéens. Plusieurs historiens suggèrent que leurs descendants constitueraient les Kurdes actuels. Pendant une brève période, les trois peuples cohabitèrent au sein d’un empire achéménide vacillant, puis les Perses se séparent définitivement des Mèdes vers le milieu du sixième siècle avant notre ère. Deux cents ans plus tard, un jeune général macédonien, Alexandre, après avoir une première fois écrasé une armée de Darius III en 333 à Issus en Turquie, l’affronte de nouveau à Gaugamèle sur les rives du Tigre. Malgré un avantage numérique, l’armée de Darius est une nouvelle fois défaite. Il se réfugie à Bactiane où il sera assassiné par son cousin. C’en est fini de l’empire Perse. Persépolis, sa capitale, est investie par Alexandre qui la quitte en la laissant en flammes. Dix ans plus tard, à 34 ans, Alexandre décède à son tour. Ses capitaines se partagent l’empire et aux cours des luttes incessantes qu’ils se livrent, un nouveau peuple, les Parthes, va tenter de recréer l’empire achéménide. Il sera reconstitué sous la dynastie des Sassanides, issue d’un prêtre du temple d’Anahîta, près de l’antique Persépolis, qui régna sur l’Iran à partir du troisième siècle de notre ère jusqu’à l’invasion musulmane des arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la Perse tant sur le plan artistique que politique et religieux. On considère l’ère sassanide comme l’une des périodes les plus importantes de l’histoire de l’Iran. Sous bien des aspects, elle représente l’accomplissement au plus haut degré de la civilisation Perse.

En 637, cinq ans après la mort de Mahomet, a lieu la bataille de Qadissiya, au sud-ouest de l’Irak. A la tête de trente mille volontaires soutenus par des cavaliers, le Général Saad affronta l’armée perse commandée par le général perse, Rostom, forte de cent vingt mille hommes. Contre toute attente, Saad mit en déroute les Perses zoroastriens et leurs alliés arabes polythéistes. L’Iran est ensuite rapidement conquis. La conversion à l’Islam est progressive jusqu’au IXe siècle. L’Iran a été islamisé, mais n’a jamais été arabisé et aujourd’hui encore, les Perses sont majoritaires en Iran  et les arabes extrêmement minoritaires. La conversion au chiisme duodécimain a lieu au XVIe siècle, sous l’impulsion d’Ismail Ier, afin de créer une identité iranienne spécifique face à la domination des Ottomans sunnites. Les sunnites qui refuseront d’obtempérer seront punis de mort. Par contre les autres minorités, zoroastriennes, juives et chrétiennes seront relativement protégées. La dynastie des séfévides qui s’installe va créer une théocratie unique dans le monde arabo-musulman qui lui permettra de résister à l’empire ottoman. A son apogée, au début du XVIIe siècle, le Shah Abbas transfère la capitale à Ispahan et sépare le pouvoir temporel du pouvoir religieux, créant ainsi une hiérarchie religieuse qui sera la cause principale du déclin d’un empire qui englobait alors la Géorgie, l’Irak et l’Afghanistan et, trois siècles plus tard, sera fatale à Mohamed Reza Palhavi.

En effet, sous les dynasties Zand et Kadjar, la Perse va devenir un terrain de dispute pour l’Europe. L’Angleterre s’installe en Afghanistan et fait pression sur le sud tandis que la Russie entreprend la conquête du Caucase et les Shahs se tournent alors vers la Grande Bretagne pour contrer cette progression. Dans le même temps, et difficilement, on assiste à une première modernisation du pays. Le despotisme de la dynastie Kadjar finissante aboutit, sous la pression populaire, des intellectuels et l’adhésion d’une partie du clergé et des grands marchands, à une révolution constitutionnelle qui limite les pouvoirs du Shah en 1906. Durant la première guerre mondiale, le pays est occupé par les forces ottomanes, britanniques et russes et, en 1925, la dynastie Ghajar est destituée par le Parlement. Reza Khan, le puissant ministre de la guerre, est nommé Premier ministre, puis accède au Trône du Paon sous le nom de Reza Shah Pahlavi. Celui-ci mène alors une politique ambitieuse de modernisation et d’indépendance vis-à-vis des Anglais et des Russes, se tournant vers l’Allemagne, la France et l’Italie, et fait adopter le nom d’Iran. La même année, il interdit le port du voile par les femmes et oblige les hommes à s’habiller à l’occidentale. Pendant la seconde guerre mondiale, les alliés déposèrent le Shah, qui avait refusé d’expulser les allemands et pris une attitude neutraliste, pour le remplacer par son fils Mohamed Reza. Par ailleurs, les soviétiques encouragèrent la constitution d’un parti communiste influent dans la zone azérie. A l’issue de la guerre, une confrontation politique eut lieu entre le premier ministre nationaliste Mohammad Mossadegh, élu par le parlement, et le jeune Shah. Ce dernier renversa le Premier ministre en 1953, grâce à un coup d’Etat préparé à l’aide de la CIA. Ce régime parlementaire autoritaire entreprit des réformes agraires, une extension des droits de vote aux femmes et l’élimination de l’analphabétisme. Des projets majeurs de construction d’infrastructures en Iran furent menées et, grâce à l’expansion économique, une classe moyenne nouvelle émergea en moins de deux décennies. Cependant, cette politique mécontenta fortement la faction cléricale chiite et laissa de côté la majorité rurale du pays. L’Iman Ruhollah Al-Moussawi Al-Khomeiny, dont le père, d’origine Seyyed non assurée, comptait parmi les grands oulémas de son époque, prend la tête de la révolte. Interné puis libéré, il se réfugie en France et sera à la pointe d’un puissant mouvement qui, prenant appui sur la crise économique qui commence en 1975, aboutit à une véritable révolution. Khomeiny en devient le guide suprême le 11 février 1979. La gauche iranienne fit alors une analyse erronée de la situation et sous-estima en la circonstance l’influence du clergé chiite sur les populations paupérisées. Comme toujours, dans ce cas, l’alliance entre les forces progressistes et les mouvements conservateurs tourna à l’avantage de ces derniers. La république islamique était crée. Un an plus tard les femmes furent voilées et la prohibition de l’alcool déclarée.

Malgré cela, oui, l’Iran est un beau et subtil pays. A Chiraz les tombeaux de Sa’di et de Hafez sont situés dans des jardins magnifiques, les seuls endroits où j’ai vu des tombeaux de professeurs de l’université côtoyer ceux des poètes. Aujourd’hui les iraniennes viennent y réciter des vers et, à la tombée de la nuit, y rencontrer leurs amoureux. Les Mollahs n’en peuvent mais :

« Ses longs cheveux étaient dans le désordre, son visage était chaud et couvert de rosée,
Ses lèvres souriaient, son col de chemise tombait légèrement à part
Elle chantait une poésie d’amour, elle avait un gobelet de vin à sa disposition
Et elle était légèrement hors de contrôle
Ses beaux yeux étaient belliqueux et ses lèvres exprimaient des regrets
Elle est venue la nuit passée à minuit à mon chevet et s’est assise
Elle approcha sa tête à mon oreille et avec une voix douce elle m’a dit :
Ah, mon amoureux fidèle, êtes vous somnolent ?
Un amoureux à qui un vin si nocturne est offert est infidèle à l’amour s’il ne devient pas un adorateur de vin
O Puritains, éloignez vous et ne blâmez pas les Libertins qui boivent du vin jusqu’à la lie
Puisque à part l’amour, aucun cadeau ne nous a été fait au premier jour du monde
Nous avons bu ce que l’aimée versa dans notre tasse
S’il était du vin pur du paradis ou du vin de raisin
Avec le vin mousseux dans le verre et les cheveux longs et bouclés de l’aimée
Combien de repentirs comme le repentir d’Hafez se sont cassés »

Après cinq heures de vol, mon airbus atterrit sans encombre et quasiment à l’heure prévue sur le tout nouvel aérodrome Imam Khomeni International. Le passage de la police se fait rapidement et sans demandes intempestives. Tout juste une poignée de frêles ombres en noir qui, telle une volée de corbeaux, semble guetter leur maigre pitance. Brigade des mœurs parait-il pour vérifier que les femmes ont bien mis le voile obligatoire. L’hôtel international Laleh est très convenable. De ma chambre, au 11ème étage, j’ai une large vue sur la ville et j’aperçois les montagnes qui l’environnent. Tous les jours je suivrais le manège des « techniciens de surface » qui nettoient consciencieusement le fond et le rebord de la piscine dans laquelle, bonnes mœurs obligent, on ne met jamais d’eau. Breakfast so british et cuisine moyenne orientale, j’ai connu cela ailleurs et j’ai mangé plus mauvais. Deux jours après mon arrivée, l’hôtel est investi par les mollahs qui viennent à Téhéran célébrer l’anniversaire de la mort du guide suprême de la révolution.

Plusieurs sujets agitent l’intelligentsia de Téhéran, la très prochaine élection de leur futur président bien sûr, la politique d’Obama et la personnalité de Sarkozy. L’élection d’abord.  Mahmoud Ahmadinejad n’est indiscutablement pas leur choix premier. Ils lui reprochent une posture « illuminée » en matière de politique étrangère, son amateurisme en politique économique et lui font endosser la corruption des élites théocratiques. Les femmes en ont ras la casquette de cette histoire de voile (punition de 20 coups de bâton pour les récalcitrantes). En ville, c’est à laquelle aura le jean le plus moulant, les fards les plus sexy, les cheveux les plus chatoyants et des foulards qui ne cachent plus leurs magnifiques chevelures. Elles sont tout sourire, et beaucoup d’entre elles commencent à affirmer leur autorité et pas seulement lorsqu’elles sont à la maison. Mais ce peuple, qui en a vu d’autres, est je le crois avant tout pragmatique. Il s’aura s’adapter même si l’« illuminé » l’emporte pour un nouveau mandat, ce qui n’est pas assuré car son rival le plus dangereux, Mir Hossein Moussavi, même s’il reste dans la ligne officielle en ce qui concerne le nucléaire iranien, a promis de renouer des relations constructives avec le reste du monde. L’impatience est si grande que le régime a dû laisser organiser un face à face entre les deux principaux candidats retransmis sans censure par la télévision publique. Des coups rudes furent échangés : l’arrogance, l’intégrisme, la méchanceté d’un côté, la force tranquille de l’autre. Mais pour l’instant les plus lucides d’entre eux pensent que le maintien du premier au pouvoir signerait le début de l’effondrement iranien. La majorité que, de toute façon, le pouvoir réel n’est pas entre leurs mains.

Or il ne servirait à rien de reproduire en Iran l’erreur de la deuxième guerre irakienne. Car toute l’intelligentsia espère que l’élection d’Obama va changer la donne. Ils répètent à qui veut bien l’entendre que leur élite a été principalement formée dans les universités des Etats-Unis, du Canada et de Grande-Bretagne. La diaspora iranienne est puissante dans ces pays. Ils disent qu’au début de la révolution (ils ne prononcent jamais le mot d’islamique) les relations n’ont pas été si mauvaises avec Israël et la France. L’attente est grande car ils considèrent, ce qui est patent, qu’ils ont fait des efforts importants pour la formation des jeunes. Ils insistent sur le fait que beaucoup de jeunes filles font des études supérieures. Et de fait, elles sont en majorité sur les campus. Quant à l’attitude de la France à leur encontre ils ne la comprennent pas, sauf que se sont les universités allemandes qui se sont précipitées en Iran, pas les françaises, malgré les efforts désespérés et pas toujours opportuns des services scientifiques de l’ambassade. Ils se plaisent à rappeler que l’Iran est sans doute le pays du Moyen-Orient, après le Liban, où la francophonie est la plus appréciée. Beaucoup d’étudiants et d’étudiantes souhaitent venir à Paris. La Sorbonne est réputée. Ils savent que les mathématiques françaises sont excellentes. Ils veulent venir apprendre les sciences dans les laboratoires français et leurs enseignants veulent développer des coopérations avec nous. Ils pourraient constituer un formidable vivier pour nos laboratoires. Dans ce contexte, le fait que les visas n’arrivent qu’au compte gouttes, malgré les accords signés, est délétère. Je leur explique que leur pays n’est pas le seul visé par des difficultés que les universitaires français ne comprennent pas non plus. L’embargo contre l’Iran en matière scientifique a quelques résultats étranges car quel est l’intérêt de bloquer l’achat de petits spectromètres de masse dédiés à la protéomique indispensable pour la mise au point de nouveaux vaccins, ou de microscopes de dernière génération ? Il se double pour la France de restrictions qui s’apparentent à une double peine et sont particulièrement stupides puisque les étudiants refoulés trouvent aisément leur place dans d’autres pays de la communauté européenne (Danemark, Suède, Allemagne) et donnent ainsi aux universitaires iraniens une image détestable de la France.

Dans toutes mes rencontres j’engage les universités iraniennes à dialoguer directement avec les universités françaises passées à l’autonomie. Je leur explique les marges de manœuvres dont elles disposent maintenant pour définir des programmes internationaux dans le cadre de leurs masters. Je leur montre comment, dans notre université, la réforme LMD a brisé les carcans administratifs et qu’il s’agit de faire preuve d’imagination. En réponse ils m’expliquent qu’une grande tournée des universités françaises avait été organisée mais que les résultats ne sont pas là. Curieusement, l’UPMC et les autres universités parisiennes avaient été évitées. Je m’aperçois donc au passage que ce ne sont pas seulement les évènements des derniers mois qui contribuent à éloigner de Paris les meilleurs étudiants étrangers.

Je quitte Téhéran pour Bakou cinq jours après avec l’espoir que le peuple iranien saura choisir la voie de la sagesse et que la communauté occidentale ne se laissera pas entraîner par les oiseaux de mauvais augure qui rôdent de l’autre côté du Jourdain. J’en reviens avec la certitude que la communauté universitaire française doit être plus tenace dans son appui à la communauté universitaire iranienne, et que les despotes qui, démocratiquement, nous gouvernent ferait bien de méditer ces vers de Sa’di de Chiraz :

« Un roi cruel demanda à un sage : « Quel est l’acte le plus pieux ? Le sage répondit : « Pour toi, c’est de faire des siestes pendant la journée pour que le peuple puisse respirer. » »

Tehéran le 4 juin 2009

¹Depuis Napoléon on n’a plus gagné une guerre sans l’aide de nos alliés et on a pris quelques déculottées sévères : guerre de soixante-dix, enfoncement de nos lignes de défense en 1914, blitzkrieg nazi en 1940, première guerre du Vietnam en 1954, guerre d’Algérie en 1962

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