Le « boucher » de Tuol Sleng devant ses juges.

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Par un hasard de circonstances, mon dernier livre : « Cambodge 1945 – 2005 : Soixante Années d’Hypocrisie des Grands » sort aujourd’hui chez « L’Harmattan » alors que se tient l’audience initiale du procès de quelques hauts dignitaires Khmers rouges, encore en vie. Cette audience doit se pencher sur le cas de Duch, de son vrai nom Kaing Khek Leiv (le tortionnaire du lycée prison de Tuol Sleng à Phnom Penh) en prélude au procès qui devrait s’ouvrir en mars devant la cour internationale siégeant à Phnom Penh. Ce procès devrait être suivi par celui de Long Buruot alias Nuôn Chéa Fidèle numéro 2 de Pol Pot, Kim Trang alias Ieng Sary numéro 3 de l’Angkar et de Kieu Samphân ancien chef de la diplomatie et de l’Etat du « Kampuchéa démocratique ».

A cette première audience, où seront réglés des points de procédure, seront versés deux extraits de films tournés dans Tuol Sleng par l’armée vietnamienne peu après son entrée dans Phnom Penh, probablement autour du 10 janvier 1979 (voir le site d’information sur le Cambodge http://ka-set.info).

J’ai été parmi les premiers français à pouvoir entrer à Tuol Sleng (la sinistre prison S-21 contrôlée par la Sentébal, la police politique des Khmers rouges) le 3 septembre 1979. J’y étais accompagné par une délégation française comprenant un ophtalmologiste de « Médecin sans frontière ». Je me souviens parfaitement d’y avoir été accueilli par un étudiant en médecine rescapé qui avait fait ses études à la faculté de médecine Saint Antoine et m’avait eu comme assistant. Le choc fût terrible car tout était resté en l’état, seuls avaient été dégagés les corps décapités que les vietnamiens avaient trouvés en y entrant en janvier. Les instruments de tortures, les photos, les registres, tout y était.

Certes je crois important pour l’Humanité que ce procès ait lieu. Mais quelle sera réellement sa portée plus de trente années après les faits et sans que l’on puisse demander des comptes à ceux qui ont, pendant plus de vingt années, protégé les bourreaux, pas plus qu’à ceux qui les ont créés. Certes l’un des deux « Big Brothers » des futurs Khmers rouges, Keng Vennsak est aujourd’hui décédé mais il en reste un en vie, c’était un polytechnicien ! Je peux me tromper, mais il y a fort à parier qu’il ne sera pas appelé à la barre.

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