Universités : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.

crédits : JaHoVil sur Flickr

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à l’ANPE a encore progressé de 45.800 en décembre 2008, atteignant 2,11 millions. Cette donnée porte la hausse du nombre d’inscrits à l’ANPE à plus de 217.000 sur l’ensemble de 2008, soit une augmentation de 11,4 %, chiffres confirmés par Laurent Wauquier, secrétaire d’Etat chargé de l’Emploi.

Alors que le Gouvernement table toujours officiellement sur une progression du PIB comprise entre 0,2 et 0,5%, la ministre Christine Lagarde a expliqué aux journalistes, dans le train qui l’emmenait à Lyon pour le Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires, qu’elle s’attendait à une décroissance en 2009.

C’est dans ce contexte que se développe la protestation universitaire. Les différents médias constatent que ces appels à la grève émanent de syndicats et d’associations de droite (Autonome Sup, Défense de l’université) comme de gauche (SneSup), voire du marais corporatiste (Qualité de la science, Sauvons la recherche, Sauvons l’université).

Le secrétaire général du SneSup réclame tous azimuts :
–    Le retrait du décret statutaire et le maintien du CNU dans son rôle de gestion nationale des carrières,
–    Le retrait des lourdes modifications envisagées pour la formation et le recrutement des enseignants du premier et du second degré, maintien des concours actuels en 2010, l’ouverture d’un vaste débat national public.
–    La suspension immédiate des 1030 suppressions d’emplois prévues au budget 2009 dans les universités et la recherche, le lancement d’un plan pluriannuel de recrutement au cœur d’un  vrai « plan de relance ».
–    L’arrêt du démantèlement  du CNRS et des organismes de recherche
C’est-à-dire rien de concret pour améliorer la situation des jeunes Maitres de Conférences et des jeunes Professeurs. Il rejoint en ce sens la motion votée hier par les archéo-syndicalistes physiciens de l’UPMC :

  • Retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants chercheurs
  • Retrait de la « réforme de la formation et du recrutement des enseignants du premier et du second degré
  • Arrêt du démantèlement des organismes de recherches
  • Restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et les ITA
  • Retrait de la LRU

Bref  rien ne doit bouger

Le blog de Sylvestre Huet s’interroge anxieux, « Les universitaires, comme semblent l’indiquer les positions de leurs instances représentatives comme le Conseil national des universités, ou de nombreuses instances élues (Conseils d’UFR et d’Universités), vont-ils vraiment passer à l’acte ? Les étudiants vont-ils se mêler à l’affaire, apportant leur masse et le risque politique pour le gouvernement ? Les chercheurs vont-ils s’exprimer, à la suite d’Albert Fert ? Les forces qui approuvent la réforme de Valérie Pécresse, en témoigne le texte signé par Alain Beretz Président de l’Université de Strasbourg, , Yvon Berland Président de l’Université de Méditerranée, Axel Kahn Président de l’Université Paris Descartes et Jean-Charles Pomerol Président de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC), vont-elles se révéler plus forte que les opposants ? Toutes ces questions trouveront réponse dans les jours qui viennent et décideront de l’avenir de ces réformes, mais aussi des relations entre le Gouvernement et la communauté universitaire. »

A force de vouloir à tout prix maintenir un égalitarisme de façade, les gouvernements successifs, qui ne sont jamais que le reflet déformé de ceux qui les élisent, ont laissé se développer une situation inextricable et seul le statu quo et l’immobilisme sont capables de rassembler les mécontents. Il serait pour le moins curieux que ceux qui sont censés être le plus sensibles à l’organisation complexe du monde et de la nature se satisfassent de revendications aussi simplistes que l’exigence du maintien d’une situation jugée unanimement comme inacceptable. Mais on en a vu d’autres en d’autres temps !

Je voudrais rappeler ici quelques évidences simples, un Maître de Conférences recruté en sciences (donc titulaire d’un doctorat) gagne 1 500 euros par mois net, après neuf ans de carrière il gagne 2 500 euros et, s’il devient professeur, s’il accède, ce qui est loin d’être le cas pour tous, au dernier échelon de la classe exceptionnelle, il gagnera 4800 euros au plus en fin de carrière. Je voudrais rappeler qu’en biologie, le recrutement intervient le plus souvent après une période post-doctorale rarement inférieure à deux années. Je voudrais rappeler que 80% des publications françaises sont le fait des enseignants chercheurs.

A ceux qui ont à la bouche sans arrêt Oxford, Cambridge, Harvard, Stanford, je voudrais rappeler que dans ces universités, ceux qui font les publications sont des post-doctorants étrangers dont le nombre total excède le nombre des emplois statutaires, qu’ils soient permanents ou non. Je voudrais dire que si tant de docteurs français sont à l’étranger, c’est que les structures économiques et industrielles françaises ne les embauchent pas. Je voudrais dire que nombre de ceux, élevés dans les écoles de la République, qui devraient avoir pour objectif principal de développer le tissus économique et industriel sont dans des fonctions étatiques ou a l’étranger, même si, à cause de la crise bancaire, certains viennent d’y être licenciés.

Pour autant, doit-on se satisfaire du statu quo ? Non ce serait mortifère pour l’avenir du pays. Mais la situation est trop compliquée pour qu’elle puisse être résolue par un décret national attrape-tout tant les situations sont multiples. Qui peut imaginer que la situation d’un chirurgien, professeur des universités, praticien hospitalier est comparable à celle d’un jeune maître de conférences scientifique, aussi brillant fut-il, travaillant dans une unité INSERM implantée dans le même hôpital ? D’ailleurs ceci a été reconnu puisque les textes régissant la médecine sont différents. Qui peut considérer que la situation du professeur de droit public est comparable à celle du jeune maître de conférences d’histoire du monde hellénistique exerçant dans la même université ? Pourtant tous les quatre sont utiles et complémentaires.

Je disais dans ma dernière note : « Les jeunes maitres de conférences, les techniciens et les ingénieurs des universités sous payés et peu considérés ont l’impression d’être les laissés pour compte d’un système où l’on ne parle que des performances de quelques oiseaux rares qu’il s’agit de surpayer. » En réalité la situation est beaucoup plus complexe car peu sont surpayés dans les universités et les oiseaux rares les auront dans leurs équipes de recherche.

C’est pourquoi je crois que la réalisation d’une autonomie véritable et complète est nécessaire pour prendre en compte ces différences. C’est pourquoi je pense qu’elle ne pourra pas se réaliser partout à la même allure. C’est pourquoi je pense que l’aboutissement de cette réforme est un pré-requis à des modifications statutaires qui ne soient pas perçues comme un moyen de faire payer par les uns l’excellence, souvent auto proclamée, des autres. J’ai reçu par la grâce du mail le projet de motion d’orientation du syndicat que la presse présente comme le plus important syndicat de l’enseignement supérieur. J’y ai cherché en vain une plateforme revendicative crédible et différenciée. Je n’en ai pas trouvé non plus du côté des sudistes et des cégétistes.

Comme à chaque période de fièvre dans ce pays, voici revenu le temps des coordinations réunissant des représentants autoproclamés et du happening après lesquelles courent les directions syndicales ! La lecture des motions issues de la rencontre du dernier week-end à la Sorbonne ne laisse pas de doute là-dessus : « tous unis pour que rien ne bouge ». Et moi je dis en réplique seule l’autonomie permettra de bouger, d’abord par ce que cela forcera à la reconstruction d’un syndicalisme unitaire de proximité qui n’existe plus aujourd’hui chez les universitaires. Certes la réforme des statuts peut attendre, comme celle de l’autonomie a attendu en 2003 que la réforme LMD soit digérée, et je préfère une absence de réforme à une réforme bâtarde imposée aux universités. Mais que les scientifiques mesurent bien aujourd’hui ce que signifie pour eux le maintien de règles qui paralyseraient le développement de leurs activités et continueraient à détourner les jeunes les plus prometteurs de leurs laboratoires.

Paris le 2 février 2009

4 réflexions sur “ Universités : ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. ”

  1. Cher M Béréziat,
    Je pourrais prendre, comme vous, le temps d’une élipse rhétorique pour vous traiter de menteur, mais voyez vous je n’ai pas ce temps, je suis de la foule des post-doc précaire qui peuple et peuplera encore longtemps vos universités, autonomes ou non.

    Vous êtes un menteur par omission, ce qui aux yeux de certains serait « moins pire », mais ce qui dans mon jugement et les faits est au contraire BIEN pire, car cela constitue de la désinformation et de la propagande.

    En effet, des propositions, concrètes, réflechies, critiques, ont été proposées par l’ensemble des acteurs de la recherche et de l’enseignement. Je sais cela date un peu, souvenez vous, c’était les ETATS GENERAUX de la RECHERCHE (entre autre).
    Quid de ces grands projets ? Quels échos dans les réformes actuelles à ces réflexions menées non pas par 10 ou 100 experts mais bien par des milliers (sur leur temps libre) ???

    Vous êtes aussi un menteur parceque vous ne vous élevez pas contre les mensonges proférés à l’encontre des chercheurs et des enseignants-chercheurs.

    Qui mieux que vous pourrait crier ici et aux media qu’en vérité CHAQUE chercheur n’est pas évalué une fois par an, mais bien plus (par son établissement, par son EPST, par ses pourvoyeurs de fonds, par l’ANR, par l’AERES, par la commission européenne, par les reviewer de ses papiers, de ses demandes de fonds, des écrits et oraux de ses étudiants).

    Vous dites 2 ans EN MOYENNE de précarité post-doctorale pour la biologie ? Je dis 5 au minimum (je n’insiste pas sur cette inéptie de la moyenne y compris celle des salaires…) SANS compter ceux qui désabusés abandonnent (les articles cela ne se mange pas en salade).

    Si vous êtes honnête vous vous élèverez contre les propos du président et ceux de ses ministres pour faire savoir leurs mensonges, vous corrigerez vos propos sur la soit-disant apologie de l’immobilisme des Chercheurs et des Enseignants-Chercheurs.

    Si vous êtes honnête vous direz l’intenable précarité du personnel non statutaire de vos université, précaire scientifiquement tout d’abord (difficile alors d’être excellent), socialement et financièrement ensuite. Car nous sommes les nouveaux cannuts et ce qui n’était pas tenable pour un travail d’ouvrier du 19ème siècle ne l’est pas plus pour un travaille intellectuel du 21ème.

    En vérité je vous le dis le bébé est jeté depuis bien longtemps, c’est l’eau trouble du bain, dont on a pas perdue une goutte, qui maintient un doute.

    N’attendez pas qu’un doctorant s’immole par le feu sur le parvis de Jussieu pour tirer l’alarme car le prix de l’essence croit plus vite que leur rétribution…

    Cordialement

  2. Cher Ami,

    Je crois que vous ne lisez pas bien mes textes et, de plus, vous dites des choses inexactes. En ce qui concerne l’université que j’ai dirigé, l’UPMC, nous avons toujours eu une politique de défense des doctorats car la plus grande partie des docteurs de l’UPMC trouvent des emplois en dehors de la fonction publique. Nous considérons que les masters et les doctorats sont des formations par la recherche et pas uniquement pour la recherche. En ce qui me concerne, je n’ai jamais préconisé l’emploi massif de post-doctorants car je considère que si problème il y a chez les chercheurs, c’est plutôt lorsque la force créatrice s’émousse avec l’âge, ce qui n’est pas le cas de tous, loin s’en faut. C’est d’ailleurs pourquoi on rencontre beaucoup d’anciens chercheurs dans des fonctions de vulgarisation et des fonctions administratives voire managériales. Encore faut il qu’ils soient préparés à cette évolution de leur carrière. Ce sont d’ailleurs les chercheurs eux-mêmes (parfois les plus illustres, parfois des syndicalistes patentés) qui ont encouragé le post-doctorat, surtout dans les sciences de la vie, car ils estimaient que la durée de la thèse était trop courte pour satisfaire pleinement leur ardeur à publier. Et malheureusement aussi, beaucoup de docteurs qui n’ont pas, au sein des écoles doctorales et des laboratoires, été préparés à envisager leur vie ailleurs que dans la recherche, se laissent piéger dans des situations précaires. Personne, en tous cas pas moi ne leur en fait le reproche. Et j’en ai aidé beaucoup dans mes responsabilités antérieures.

    D’ailleurs, puisque vous parlez des assises de la recherche qui se sont tenues à Grenoble, il se trouve que j’y étais, et je n’ai pas remarqué qu’il y ait eu alors une condamnation appuyée du recours aux post-doctorants puisque la majorité de nos ténors de sauvons la recherche à l’époque y avaient allègrement recours, quand il ne théorisaient pas le post-doctorat, comme certains envisagent aujourd’hui de faire des super-master pour la crème des normaliens, des sur-génies de l’Ecole de l’INSERM et autres polytechniciens. Il faut bien protéger l’élite que diantre des aléas de la conjoncture économique et de la concurrence de la plèbe. Mais il se trouve que le problème majeur de la recherche en biologie en France, qui est excellente par ailleurs (le directeur général de l’INSERM constatait que la France est quatrième puissance mondiale dans ce domaine), souffre terriblement de manque dans notre pays de débouchés dans le secteur privé et que nos entrepreneurs ne sont pas légions dans les biotechnologies. On ne peut pas être en désaccord avec Sarkozy quand il fait cette constatation.

    Et pour en finir avec la grande mobilisation de 2004, le bouillonnement dont vous parlez et les assises de la recherche ont accouchés d’une souris, la loi Goulard dont je dis dans mon livre : « Les universitaires qui ont en charge de fait la plus grande partie de la recherche du pays réclamaient une simplification dans sa gestion. Ils ont obtenu le contraire ! La plupart des universités souhaitaient aussi disposer d’une autonomie plus large dans la conduite de leur politique de recherche et une plus grande retombée des bénéfices de leur activité de recherche pour leur donner les marges de manœuvre qu’elles n’ont pas aujourd’hui, en particulier pour développer des politiques d’investissement pour l’immobilier, les plates-formes techniques et les équipements informatiques. Au lieu de simplification, la loi Goulard dite « du pacte pour la recherche » instaurait un empilage supplémentaire de processus administratifs : Pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) de différentes factures, réseaux thématiques de recherche avancé, réseaux thématiques de recherche et de soins, établissements publics de coopération scientifiques dont les financements échapperont aux universités par le biais des fondations. L’Enarchie avait encore frappé et cette loi a constitué un summum en matière de complication bureaucratique dont le seul objectif est de limiter encore plus le pouvoir des universités en matière de recherche et de formation doctorale. De ce point de vue, l’administration de la recherche sera bientôt aussi compliquée que le code du travail » !

  3. Bonsoir,

    brièvement, vous ne reprenez que ce qui vous arrange. La coordination nationale des universités, à laquelle les représentants syndicaux ont participé, ont réclamé une nouvelle loi.

    La plupart des gens mobilisés ne sont pas contre la réforme, mais bien contre cette réforme, sur le fond comme sur la forme. Vos propos vous rendent complices de l’entreprise de destruction du système ESR de Nicolas Sarkosy et de ces lieutenants, dont notre pays ne se relèverait pas.

    A vous de choisir,

    Bien cordialement

    Michaël Gutnic
    MCF, Strasbourg

  4. Je suis au regret de vous dire que ce que vous écrivez n’est pas tout à fait exact. La fameuse coordination nationale a voté le 22 janvier deux motions :

    Motion 1 :
    La coordination nationale réunissant ce jeudi 22 janvier 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppression d’emplois, exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, et soutient les mobilisations en cours.
    Elle déclare que si le ministère ne retire pas, sans préalable :
    1) le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs
    2) la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré
    l’université française se mettra en grève totale, reconductible et illimitée : le 2 février 2009 l’université s’arrête.
    Unanimité moins 3 voix contre.

    Motion 2 :
    La coordination nationale a également voté l’appel immédiat à la rétention des notes, la non transmission des maquettes de formation des enseignants du premier et du second cycle et le soutien aux mouvements de grève qui ont déjà commencé ainsi que l’appel au renforcement de la mobilisation dans tous les établissements.

    Ce n’est que le 2 février dans une troisième motion fourre tout qu’elle a rectifiée le tir :

    Depuis près de deux ans, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé et fait voter à la hussarde une série de « réformes » sans aucune négociation :
    – la loi LRU ;
    – la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens ;
    – le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université ;
    – la remise en cause des statuts nationaux ;
    – le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et second degrés, et le projet de « mastérisation » de la formation des enseignants ;
    – le projet de contrat doctoral.
    Parallèlement, le Ministère a supprimé 1090 postes et développé la précarité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque.
    Pour mettre fin à cet autoritarisme, la Coordination Nationale des Universités réunie le 2 février 2009 exige :
    – le retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants-chercheurs, et la restauration des cadres nationaux des diplômes et des statuts ;
    – le retrait de la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés ;
    – l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la fonction publique en général ;
    – le retrait du contrat doctoral ;
    – la restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et ITA par un plan pluriannuel de création de postes ;
    – la titularisation des personnels contractuels.
    La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise.
    Votée à l’unanimité moins 1 contre et 4 abstentions.

    Mais personne n’est dupe de ce dernier paragraphe. Car la concertation que vous appelez de vos vœux ce sera la tour de Babel :
    Sauvons la recherche (quelle tendance ?)
    Sauvons les universités
    Collectif pour la Défense de l’Université
    Les multiples conférences des doyens ou des présidents de quelques choses (une bonne vingtaine)
    Les autoproclamés solitaires (innombrables)
    La CPU et les diverses conférences des écoles
    Les Comités des coordinations des 80 universités en lutte.
    Les vingt syndicats (au moins) de l’enseignement supérieur et de la recherche
    Sans oublier la FSU, l’UNSA, la CGT, la CFDT, ni SUD-maternelle !
    La coordination nationale de certains sus-nommés dirigée par des auto-proclamés
    Sans compter évidemment la myriade des organisations de la nébuleuse étudiante.
    Il ne manquera plus que Nature Chasse Pêche et Tradition !

    Que peut-il sortir de cela ? Une seule chose. Le statu quo c’est-à-dire la poursuite du processus de pourrissement. Et, à terme, l’émergence d’universités privées comme il existe aujourd’hui dans ce pays de multiples écoles de commerce privées fort chères (qui n’ont pas attendu Sarkozy pour croître et embellir) sans parler des officines qui vivent sur le dos des étudiants.

    Pour ma part je refuse de sacrifier la reconnaissance de l’autonomie universitaire aussi imparfaite soit elle sur votre autel des compromis foireux et des alliances contre nature.

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