Non Chère Valérie Pécresse, les classes préparatoires ne sont pas la solution.

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Cet après-midi j’ai assisté, à télévision, à la cérémonie d’intronisation de Barack Hussein Obama. Discours tonique appelant l’Amérique à l’effort et stigmatisant les irresponsables qui ont fait le lit de la crise actuelle. Jamais je, toujours nous. Un discours ouvert sur les « petits », dont le travail au quotidien font la force de l’Amérique, mais aussi sur le monde. Chacun d’entre nous a-t-il dit doit avoir sa chance d’acquérir sa part de bonheur.

Trop de religion sans doute, mais quel moment fort, aussi fort que lorsqu’un certain  20 juillet 1969, mon fils Dominique sur mes genoux, j’assistais alors à l’alunissage de Armstrong et Aldrin : Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité, aujourd’hui comme hier !

La veille Valérie Pécresse avait appelé de ses vœux la création de classes préparatoires aux grandes écoles dans les universités, lors du congrès de l’APLCPGE (Association des proviseurs de lycées à classes préparatoires). Quel contraste !

À l’âge de 10 ans, Barack Obama est rapatrié, seul, à Honolulu pour vivre chez ses grands-parents maternels, un couple modeste, afin de s’assurer une meilleure scolarité qu’en Indonésie. Plus tard, sa mère, à nouveau divorcée, le rejoindra avec Maya sa demi-sœur pour vivre dans un minuscule appartement proche de l’école Punahou, la meilleure école privée d’Hawai, où titulaire d’une bourse, il est scolarisé. La famille ne survit alors qu’à l’aide de bons d’alimentation de l’aide sociale. Après le lycée, Obama étudie deux ans au Collège occidental de Californie où il trouve un exutoire à ses études dans les fêtes estudiantines où il éprouve pendant un temps un « dangereux penchant pour la défonce » puis il entre à l’Université Columbia de New York. Il en sort diplômé en science politique et en relations internationales.

Il commence une carrière professionnelle à Chicago comme analyste d’une grande compagnie financière. En 1984, à 23 ans, il choisit de travailler comme animateur social dans le quartier noir défavorisé de South Side. Il devient adjoint de Jerry Kellman un travailleur social chrétien, membre d’un réseau d’églises progressistes. Il le resta trois ans puis il quitte Chicago en 1987 pour trois ans afin d’étudier le droit à l’université d’Harvard (Harvard Law School) à Boston. Il a 26 ans ! À la fin de ses études, au lieu de devenir adjoint au juge Abner Mikva, Obama revient à Chicago pour devenir enseignant en droit constitutionnel à l’Université de Chicago et entrer dans un cabinet juridique spécialisé dans la défense des droits civiques.

Michelle, sa femme, selon le journal « Le Monde », « a grandi à Chicago, dans le South Side, les quartiers blacks du sud de la ville. Les parents et les enfants vivaient à quatre dans un deux-pièces. Son père, Frazer Robinson, employé de mairie, a travaillé toute sa vie, malgré une sclérose en plaques. Marian, sa mère, secrétaire, a élevé les enfants. Michelle n’était pas la première de sa classe. Mais elle a réussi à être admise à Princeton en 1981. Moins au titre de l' »affirmative action » (discrimination positive), pense-t-elle, que parce que son frère Craig, qui y avait obtenu une bourse, était devenu la star de l’équipe de basket. » Elle sera néanmoins une brillante avocate, puis dirigera L’hôpital  universitaire de Chicago.

Ce soir, dans le monde, sous la plume Annie Kahn on peut lire : « Les postes de haut niveau au ministère de l’économie, ne sont pas mis sur la place publique. Le gestionnaire du corps des mines connait bien ses troupes, individuellement, conjoint et enfants compris. Quand un poste se libère il téléphone à la personne la plus pertinente pour cette fonction ». Sous d’autres cieux, on appellerait cela un système mafieux. Mais pendant ce temps seuls 15% des cadres du secteur privé et des hauts fonctionnaires ont eu une formation par la recherche (alors que c’est le cas pour près de 50% dans les autres pays développés), 80 % des recrutements des plus grandes écoles se font dans 20 prépas. Les entreprises n’achètent pas une formation, mais la réussite à un concours d’entrée à 20 ans.

Palaiseau le 20 janvier 2009

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