Seconde bonne nouvelle dans la morosité du mois de Janvier

© Lionel Antoni / Genopole

La seconde bonne nouvelle concerne la recherche. La déclaration d’André Syrota avant-hier à l’AEF (Dépêche n°107445) ne laisse planer aucune ambiguïté.

Il se dit favorable au mandat de gestion unique confié à l’hébergeur des laboratoires de recherche et espère que les « premiers résultats se verront dans les deux ans » avec les universités dans lesquelles l’INSERM possède des équipes. Il réclame une simplification radicale du panorama des mécanismes de financement de la recherche. Il y a aujourd’hui un chevauchement des domaines de recherche du CNRS et de l’INSERM. Les deux organismes mènent autant de travaux l’un que l’autre dans le secteur biomédical ou dans la recherche fondamentale. C’est le résultat d’une évolution intervenue ces 30 dernières années. Il y a en plus d’autres organismes qui interviennent ainsi qu’une multitude de structures telles que les cancéropoles, neuropoles, RTRA , RTRS , pôles de compétitivité, etc. et constate que les chercheurs ont du mal à s’y retrouver aujourd’hui ¹? Il préconise donc de mettre en place un institut unique en sciences de la vie et de la santé. Mais cet institut ne doit devenir ni un énorme organisme de gestion, ni un opérateur de recherche, mais être uniquement une agence de financement. Dans ce cas, l’ANR n’assurerait plus le financement des projets en sciences du vivant et de la santé.

Je suis d’accord avec ces orientations à une condition : que l’on s’assure qu’il sera mis en place des règles strictes pour éviter les conflits d’intérêt et favoriser la créativité. Mais attention à ne pas développer, comme dans le système italien, des opérateurs de recherche totalement indépendants des universités. Par contre je suis moins convaincu de la nécessité de conserver des statuts différents dès lors que les universités pourront réaliser des modulations dans les activités de recherche, d’enseignement et de responsabilités administratives au cours de la carrière des universitaires.

Mais ne boudons pas notre plaisir de voir enfin les vraies questions émerger.

¹ Voici ce que j’ai écris à ce sujet dans mon livre « Quand l’université se réveille » :

Les directeurs de laboratoires sont exaspérés par la multiplication des tutelles et des sources de financement. Chacun des échelons administratifs et politiques (Ministère, Région, Ville, Responsables de programmes) prétendent faire eux-mêmes l’instruction de dossiers de financement au lieu de s’en remettre à des négociations contractuelles avec les établissements. Le fractionnement du financement et la nécessité de rassembler des moyens de plus en plus importants pour la plupart des domaines de la recherche a eu pour corollaire une multiplication des tâches administratives épuisantes pour les équipes de recherches. Les seniors en étaient et en sont encore les premières victimes, obligés de consacrer une partie importante de leur temps à la rédaction de nombreuses demandes, à la multiplication des réunions et au lobbying auprès de multiples instances de décisions sans réelle légitimité scientifique, pour un taux de rendement somme toute assez faible au détriment de leurs activités d’enseignement et de recherche. La multiplication de programmes soi-disant prioritaires, mais à court terme en perdant de vue que la recherche est un processus de long terme, programmes pilotés de manière centralisée, parfois au bénéfice du comité de pilotage formé des hiérarques du domaine, ce qui bloque l’innovation, ou au contraire confiés à un opérateur de recherche, qui les utilise souvent prioritairement pour ses propres laboratoires, reflète une politique brouillonne et à courte vue qui ne peut que jeter la suspicion sur les objectifs réels de l’Etat.

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