PRÉPARÉS A NE PAS ÊTRE PRÉPARÉS texte de Julie Coudry février 2017

Il y a deux semaines, j’intervenais lors de la conférence O21 organisée par Le Monde, sur le thème “Entre fun et safe, faut-il vraiment choisir ?”. Quand il s’agit d’orientation, on conseille classiquement aux jeunes de “se préparer aux métiers de demain”. Seulement voilà, « 65% des enfants qui entrent aujourd’hui à l’école primaire exerceront un travail qui n’existe pas en 2016″. L’avenir de nos sociétés nous réserve tellement de surprises, qu’il n’est plus viable, de se préparer à ce que l’on suppose que sera le futur.

Mais alors à quoi faut-il se préparer ? Cette question est posée à toute notre société. A quoi doivent préparer toutes ces années d’école ? Quels fondamentaux, quelles spécialisations ? Comment l’entreprise peut-elle identifier ses besoins à moyen terme, en matière de compétences ?

La séquence rassurante du j’apprends – je me prépare – je suis prêt(e) – je produis, n’est plus valable. Dans le travail, on parle déjà de “micro-learning” tout ces temps “invisibles” de formation qui font désormais partie du quotidien d’un professionnel. Dans le monde des ressources humaines on sait que le talent d’un individu se situe désormais aussi à des niveaux de capacités plus personnelles (soft skills) : être en veille, appréhender son environnement, mobiliser ses forces, apprendre en permanence, créer, coopérer …  Mais aussi sur le plan de son état d’esprit L’état d’esprit des individus devient aussi une ressource clé : ne pas être paralysé par la peur du changement.

Chacun est challengé personnellement par cette nouvelle donne. Certaines solutions technologiques qui s’adressent aux individus y répondent en inspirant et en équipant les personnes pour leur donner plus de pouvoir sur elles-mêmes. Objectif : plus de capacités à y voir clair sur une situation, à pouvoir s’y adapter et à l’influer.

Finalement l’humanité à toujours fonctionné ainsi. S’il est rassurant de prévoir l’avenir et de s’y préparer, rien ne vaut la capacité à s’adapter aux changements de configuration. Car bien souvent la vie ne ressemble pas aux plans que l’on avait fait pour elle.

Du coup si on veut assurer l’avenir de nos enfants, plutôt que de leur conseiller de “se préparer aux métiers de demain”, conseillons-leur de se préparer aux changements du monde, et à ceux qu’ils connaîtront dans leur propre trajectoire.

Aidons-les plutôt à se préparer à ne pas être préparés.

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