Ne se tromper ni de combat ni d’alliés

credits : Caro Wallis sur Flickr

Dans un communiqué paru dans l’AEF le 5 janvier (Dépêche n°107098), la nouvelle direction de la CPU vient de se faire l’écho de certaines « interrogations et incompréhensions » qui subsisteraient, quant à la « proportion des moyens nouveaux qui parviennent réellement aux universités », aux « suppressions d’emplois », à « la réalité des dotations de l’État pour les neuf campus retenus par l’opération campus » et « sur le devenir des statuts des personnels au sein des universités devenues autonomes » (lire la lettre de la CPU) . Parallèlement « Le Monde » publie le même jour une tribune libre d’une dizaine de professeurs d’universités qui tout en se défendant d’être des partisans du statut quo refusent tout à la fois la nouvelle loi LRU et l’évolution du statut des enseignants car la première « renforcerait le pouvoir des présidents » et la seconde « porterait atteinte aux libertés académiques sans lesquelles il n’y a pas d’universités dignes de ce nom ».

Cette sainte alliance réuni ceux qui, arroseurs arrosés, après avoir accompagné le nouveau processus d’allocation des ressources cheval de Troie des technocrates contre la création d’universités compétitives dans la recherche internationale, se trouvent en être les premiers dindons de la farce et ceux qui, en dépit de leurs dénégations, sont les champions des adeptes du « sur-place » universitaire qui cherchent sans arrêt du côté de l’Etat comment maintenir leurs petits privilèges.

Ce combat n’est pas, ne peut pas être le nôtre. Certes il y a à redire dans la loi de Valérie Pécresse, mais sa principale qualité est d’exister et de mettre enfin les universités devant leurs responsabilités ce qui ne signifie pas que leurs présidents soient les « béni oui-oui » du pouvoir. Certes la réforme des statuts est loin d’être parfaite mais elle peut aussi donner aux universités qui le souhaitent la possibilité de se doter des moyens, de revaloriser y compris la fonction enseignante. La seule demande pressante que j’adresse à la ministre c’est de ne pas se couper des jeunes maîtres de conférences en fonction qui ont porté la réforme LMD en accordant à tous un raccourcissement d’échelon d’un an quel que soit leur échelon actuel et pas seulement aux futurs recrutés. C’est une goutte d’eau face au déficit constaté de l’Etat et ce sera d’un grand secours pour leur montrer qu’ils n’ont pas été oubliés.

Et pour le reste que les exécutifs universitaires fassent preuve de pugnacité dans la négociation de leur budget global et dans la reconnaissance effective des diverses fonctions exercées par les universitaires.

Paris le 5 janvier 2009

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>