Start-up à la française, un modèle qui a du sens par Nicolas Galand, jeune entrepreneur. Article paru dans la Tribune le 8 7 2015

Aux yeux de nombreux jeunes, le french bashing est devenu obsolète. Un véritable modèle de start ups à la française est en passe d’émerger.

« Paris compte plus de start-up que Londres », cela peut paraitre incroyable pour la plupart des Français trop habitués au « french bashing » mais il suffit d’être baigné dans l’écosystème tricolore pour sentir un bouillonnement entrepreneurial et se rendre compte que les choses changent à grande vitesse.

Bien que dans les esprits, start-up et Silicon Valley restent presque synonymes, une mutation est en train de s’opérer. Certes, les GAFA principalement à l’origine de cette image d’Epinal ou devrais-je dire de Palo Alto, attirent encore la majorité des talents et entrepreneurs en herbe. Faut-il pour autant s’envoler pour le soleil californien pour se lancer dans l’aventure numérique ? La start-up à la française existe-t-elle ? La France ce n’est pas que du vin et un certain art de vivre, c’est aussi des compétences en matière high-tech et un écosystème riche de plus en plus secoué par l’arrivée de la génération Z.

Le French bashing est mort

Plus de la moitié des 18-24 ans déclarent avoir « envie d’entreprendre » ; qu’en sera-t-il de la génération Z ? Aujourd’hui déjà, les chiffres ringardisent les « haters » spécialistes d’un French bashing devenu obsolète. Car non seulement, nous faisons mieux que Londres ou Berlin sur plusieurs sujets comme les nombres de start-up, d’incubateurs, d’aide à la création d’entreprise mais surtout les particularités franco-françaises sont en total adéquation avec les aspirations des nouvelles générations du monde entier.

La génération Y et encore plus la génération Z, ne veut plus d’un monde qui lui est hostile. Internet est leur univers et « leur manière d’être, à la fois connectée, horizontale et créative, innerve tout dans notre société », selon le philosophe Michel Serres . Elles ont toujours connu la crise et cela les pousse à agir et à créer de nouveaux modèles porteurs de sens. Les start-up qui veulent changer le monde, créer de la valeur en donnant un but à leur projet, réussissent d’ailleurs mieux, en terme de communauté et de levée de fond.

La quête de sens

Cette recherche de sens se fait d’autant plus naturellement qu’il existe une particularité bien française depuis toujours : l’importance de la culture, de la créativité, de l’art, de l’artisanat, du rejet de la malbouffe. Notre « exception culturelle » produit un environnement idéal pour penser l’économie de demain. La start-up à la française sera par conséquent un atout majeur pour favoriser la création de grandes entreprises internationales.

Paris compte aujourd’hui déjà plus de 4.000 start-up, 12.000 avec l’Ile-de-France, avec plus d’une centaine de fonds de capital-risque (Partech, Alven Capital, Serena Capital, Avolta Partners…) qui ont investi l’an dernier 1,2 milliard d’euros (deuxième meilleur score européen). Ce n’est pas sans raison, La France est en tête du « Techno Fast 500 » du cabinet Deloitte, classement international des jeunes pousses technologiques à plus forte croissance. En 2014, on y trouvait 86 entreprises tricolores parmi les 500 distinguées, dont 20 dans le Top 100 !

L’État français, ton nouveau meilleur ami

Malgré quelques détracteurs trop peu renseignés, la France demeure bel et bien fiscalement intéressante pour les entreprises innovantes. Et même si tout n’est pas encore parfait, le gouvernement s’avère actif pour dynamiter les idées reçues et développer les écosystèmes. Par exemple, « French Tech Ticket » permettra à une centaine d’entrepreneurs étrangers de s’installer tous les ans dans l’hexagone. Cette opération devrait nourrir l’écosystème des 13 incubateurs partenaires de cette opération. Lors du dernier Consumer Electronics Show de Las Vegas, nos ministres se sont transformés en véritable VRP des technos « made in France (la France était la plus grosse délégation rassemblées sous un même pavillon). Les medias étrangers, se rendant compte que le French bashing est mort, parle désormais de « french paradox », avant surement de parler de « French solution » !

La BPI, du Red Bull pour start-up !

La Banque Publique d’Investissement (Bpifrance) représente un atout majeur pour l’écosystème français. Avec son fonctionnement en « guichet unique » ; la BPI donne à chaque start-up un interlocuteur lui facilitant les financements en capital et en prêts à taux réduit. A cela s’ajoute le dispositif French Tech largement utilisé en régions pour faire éclore de belles pépites.

Nos ingénieurs sont les meilleurs au monde et quatre fois moins chers

L’excellence académique teintée d’une dose de pragmatisme pourrait s’avérer être un excellent levier de compétitivité made in France. En 2014, Tariq Krim remettait à la ministre déléguée à l’économie numérique son rapport « Les développeurs, un atout pour la France » où il dévoilait une liste des 100 développeurs français qui comptent. Il y citait entre autres, l’un des développeurs d’Android, de LinkedIn, ou encore de Google Cloud. Dans cette perspective, l’opération « Reviens Léon » initiée par les entrepreneurs de la FrenchTech qui consiste à favoriser le retour de talentueux expatriés, montre que les ressources humaines représentent la pierre angulaire d’une start-up.

En France, l’écosystème est varié, incubateurs et accélérateurs jouent leur rôle à plein. Toutefois, pour passer un cap et passer du stade de jeune pousse à celui d’entreprise génératrice de revenus, l’entreprise devra s’entourer des compétences idoines. Alors il est temps de se lancer dans la start-up à la française, d’innover tout en dégustant un bon verre de vin !

Nicolas Galand, co-fondateur de Zeduki

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