Place aux jeunes et à la diversité non aux cumulards.

Ainsi, c’est entendu, la sainte alliance entre les conservateurs de tout poil se renforce. Selon « Le Monde » du 22 juin, le frondeur Jérôme Guedj et le réactionnaire Bernard Debré se rebellent contre un rapport de Patrick Kanner proposant de mettre à la retraite les parlementaires de plus de 70 ans. C’est-à-dire 15% d’entre eux soit 52 sénateurs et 56 députés ! Il faut dire qu’avec 60% des parlementaires ayant plus de 60 ans, les parlementaires français sont parmi les plus âgés d’Europe.

Cette constatation est le reflet de ce que les médias français appellent les classes moyennes, mais qui en réalité correspondent chez nous aux 45% des français dont les revenus se situent entre la médiane et les 5% des revenus des plus aisés. Et cette caractéristique se retrouve au sein de la plupart des professions protégées. Quelques exemples : la retraite officielle des professeurs de l’enseignement supérieur se prend à 68 ans, mais de plus en plus grand nombreux sont ceux qui se font prolonger comme professeurs émérites pour profiter de bureaux et de secrétariat. Et combien de bateleurs à la Drucker (73 ans), Bellemare (76 ans), Elkabbach (78 ans), Duhamel (75 ans), Denisot (70 ans), Mazerolle (73 ans) éternels donneurs de leçons, se cramponnent à leurs privilèges. Mais on pourrait aussi parler des cumulards des fonctions électives, des prestataires de la radio et de la télévision et des institutions qui fournissent aujourd’hui avec constance le bla bla bla qui façonne l’opinion avec le succès que l’on sait. A ce palmarès des situations acquises, il convient d’ajouter les institutions qui formatent le discours convenu de la Noblesse d’Etat en ces temps où l’imagination devrait être au pouvoir. Au premier chef Sciences-Po Paris qui inonde les écrans de ces spécialistes qui savent tout de la médecine à l’économie. Mais rappelons-nous que cette école fut aussi le nid douillet du pétainisme triomphant.

Les hommes politiques français veulent se rassurer par le fait que la démographie du pays est plutôt favorable par rapport aux autres pays européens. Mais à quoi cela sert-il si nous sommes incapables de diversifier nos élites et nos corps intermédiaires ? Nous préparons quelques promotions d’aigris qui renforceront les courants xénophobes latents dans notre pays. Il est urgent de remettre à l’ordre du jour quelques principes :

  1. Interdiction absolue du cumul des mandats nationaux avec des mandats locaux et limitation de durée (pas plus de deux ou trois renouvèlements).
  2. Obligation de résidence principale pour les maires dans les communes où ils se font élire. Fin du parachutage centrifuge.
  3. Fin des classements de sortie des grandes écoles.
  4. Recrutement des hauts fonctionnaires à partir des titulaires d’un doctorat d’université.
  5. Pour toutes les fonctions d’état, y compris l’Education Nationale par concours associant à la fois une épreuve de titres et travaux puis une sélection par jury.

Face à cette situation, la Gauche française, éclatée et vieillotte nécessite une refondation énergique. Le Parti communiste n’en finit pas d’agoniser en rabâchant sans cesse les vieilles lunes. Le Parti de gauche ne rêve que de Podémos qu’il n’est pas. Les troskystes de multiple obédience ont cessé d’être la matrice du parti socialiste. Les écologistes sont surtout à l’Ouest et s’entre-déchirent. Le parti socialiste devenu au fil des conquêtes locales où ils ont plumé la volaille communiste va devoir faire un aggiornamento douloureux pour faire face à la perte des positions départementales et demain régionales. Faute d’une politique adaptée en direction de la jeunesse il va bientôt se faire tailler des croupières par le FHaine et la droite sarkozyste car les enfants des écoles chéries de la république vont rapidement se détourner de lui comme ce fut le cas dans un passé pas si lointain.

La Gauche tout entière doit donc se remettre en cause en faisant fi des amalgames et des outrances et que l’on cesse de se faire traiter de social-libéral dès lors que l’on s’en prend aux avantages acquis de quelques-uns. L’affaire du référendum européen n’a pas été dépassée. Il est temps qu’elle mette l’Europe au cœur de sa réflexion ce qui impose comme partout en Europe une approche non dogmatique en direction de ceux qui sont au centre de l’échiquier politique. Epinay doit être rangé au magasin des accessoires. Les religions doivent être remises au même rang que l’agnosticisme ou que l’athéisme ni plus ni moins. L’Egalité et la fraternité doivent-être remis au premier plan et, comme la liberté, considérées sans naïveté excessive. Ce débat doit avoir lieu dans les années qui viennent quoi qu’il en advienne du prochain quinquennat.

Gilbert Béréziat

Palaiseau le 22 juin 2015

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>