Le Blog de Gilbert Bereziat reprend son activité

A l’été 2011, à l’issue de ma carrière universitaire, j’avais fermé mon blog consacré à l’actualité principalement universitaire. Quatre années plus tard j’ai décidé de le rouvrir. Ce « come-back » n’est pas destiné à revenir sur mes activités passées à l’université Pierre et Marie Curie, à sa faculté de médecine ou hôpitaux universitaires qui lui sont rattachés. Les président qui m’ont succédé sont tous issus de l’équipe de direction que j’avais mise en place en 2001 et le nouveau Doyen de la faculté de médecine fut vice-président médecine durant mon mandat. Il serait donc malvenu de m’impliquer publiquement dans les débats d’un établissement qui reste très cher à mon cœur et qui est de loin la seule université française non sélective à faire la nique à la fine fleur des écoles qui forment la noblesse d’état dans notre pays. C’est sans doute pour cela que l’UPMC n’a jamais eu les faveurs de cette « aristocratie chrysogène prête à paraître avec l’amour des distinctions et la passion des titres » (Mémoires d’outre-tombe, François René de Chateaubriand).

Ayant terminé ma carrière comme responsable des relations internationales de l’université de 2007 à 2011, j’ai sillonné le monde pour constater combien l’internationalisation des activités intellectuelles constituait un mouvement qui emportait l’adhésion des jeunes adultes que sont les étudiants. J’ai vu comment la réforme des cursus avait renforcé l’adhésion de ces jeunes à l’Europe (merci au programme Erasmus et au réseau des universités capitales de l’Europe) mais aussi à leur désir de grands espaces qui rappelle l’époque des grandes découvertes. J’ai senti combien la perspective d’une nouvelle fermeture des frontières leur était insupportable. Et à ce sujet la crise du capitalisme financier, qui préfère générer des profits pour quelques privilégiés plutôt que des progrès fut-ils modestes pour tous, nous démontre que ces jeunes bien éduqués dans nos universités n’hésitent plus à profiter du vaste espace d’activité européen pour rejoindre les pays où ils trouvent à s’employer.

Cependant il serait vain d’ignorer que les nuages s’accumulent et que les attentats de janvier à Paris comme ceux du 11 septembre à New York ou la tuerie d’Oslo ne sont que des arbres qui cachent la Forêt. On ne saurait attendre du peuple américain qu’il retrouve ses accents du New Deal ni que les BRICS, d’ailleurs un bric à brac hétéroclite, trouvent sans effort les bienfaits de la démocratie. Mais que dire de l’état d’une Europe dans laquelle partout, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, à de très rares exceptions près, les populismes renaissent, ces « facho-light » constituent une avant-garde à peine masquée d’une lame de fond xénophobe. Avons-nous oublié les leçons des années trente à cinquante, qui suffrage universel ou pas ont débouché sur des massacres inouïs. Il est grand temps que nous sortions de notre nonchalance et c’est à ce que je compte m’employer pour le temps qui me reste à passer parmi vous.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>