Dura lex sed lex !

Voire.

L’opéra bouffe de New York et la tragédie d’Oslo ont repoussé au second plan les bégaiements de la politique universitaire sarkozyste. Mais il se murmure ici ou là avec insistance, que l’un des lauréats de l’Idex doit son succès à une présentation complaisante de la réalité de son existant et de ses engagements en matière de gouvernance. Qui peut croire en effet que l’ENS Ulm, le collège de France, l’observatoire de Paris et Dauphine vont se regrouper au sein d’une université soumise à la loi Pécresse ? Qui peut croire en outre que l’ENS Ulm se fera Hara Kiri sur l’autel de Shanghai en renonçant au label qui lui assure la troisième place en France alors que l’effet de taille provoqué par l’accroissement du nombre de chercheurs, résultant de la fusion avec des établissements ayant des doses homéopathiques d’étudiants, entraînera inéluctablement un recul important dans leur classement ? Et ce ne sont pas les belles du bois de Boulogne qui pourront les sauver.

Le président du jury de l’Idex s’est ému du discrédit qui risquait d’en résulter pour son jury. Il a cru bon de préciser ici ou là que la vérification de la véracité des dires des établissements candidats relevait des ministères concernés et non pas de son Jury. C’est un peu court jeune homme. Que dirait-on si la NSF américaine, le MRC anglais ou l’ANR française ne s’assuraient pas de la réalité des listes de publications et la faisabilité des projets transmis par les candidats aux subventions ? En outre, Jean Marc Rapp ne pouvait ignorer que l’un des membres à qui il avait confié le dossier des siamois ennemis (PSL et SU) était un ancien directeur de cabinet du ministre de l’enseignement supérieur, qui plus est issu d’une Ecole impliquée dans l’un des projets. Plus grave pour la crédibilité du dispositif, il se susurre que l’un des coachs autoproclamés des établissements parisiens a transmis de manière unilatérale les bonnes idées contenues dans le projet de l’un des candidats malheureux à l’un des lauréats !

En fait, l’échec de Sorbonne universités est uniquement dû à son refus de voir l’Idex gouverné par un conseil d’administration type loi LRU dont le périmètre, les compétences et le mode électif ne correspondent nullement à l’objectif retenu qui était de créer à Paris une université globale respectant les libertés académiques de ses membres fondateurs. Mais était-ce à un jury chargé d’évaluer un dossier au premier chef de nature scientifique de se prononcer sur un des choix qui relève des compétences de l’Etat ? On croit rêver lorsque l’on sait que la quasi-totalité des grandes universités américaines dont les membres de ce jury se gargarisent ont une organisation confédérale érigeant en règle le principe de subsidiarité. On va rigoler en septembre car curieusement cette exigence relayée sur le plateau de Saclay par le mercenaire chargé de la remise en ordre du projet de rapprochement entre la vingtaine d’établissements, qui y sont ou vont s’y installer, se heurte d’ores et déjà à l’hostilité de l’Ecole polytechnique et de HEC.

Il y a peu de chose à attendre du nouveau ministre qui déclare ce matin à France Inter : « qu’entre le Parti socialiste et le Tea party c’est le même combat » et que Sarkozy c’est Obama like !

Pauvre France, Saint Sarko priez pour nous ! Desinit in piscem mulier formosa superne[1].

Bonnes vacances.

Palaiseau le 28 juillet 2011

[1] La fin n’est pas à la hauteur du commencement.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>