Des gauchos au secours de la Noblesse d’état

« Élaboré en catimini, sans concertation réelle de la communauté universitaire, [le projet d’idex de Sorbonne Universités] favorise non pas l’excellence, mais l’élitisme et la création d’une université à deux vitesses… Nous appelons le ministère à faire machine arrière et à ne pas sélectionner un projet qui comprend une restructuration grave de l’offre de formation autour d’une vision archaïque et élitiste de l’université. »

déclarent les responsables de l’Unef de l’université Panthéon Assas – Paris 2, l’université Paris Sorbonne et de l’UPMC, dans un communiqué mardi 5 avril 2011[1].

Libre à trois zozos ultra-minoritaires dans les établissements de Sorbonne Universités de se tirer une balle dans le pied. Mais de là à tirer une balle dans le dos de leurs universités et de leurs condisciples pour détruire un projet qui propose :

-    d’augmenter les possibilités de logement étudiant, la création de lieux d’études et de convivialité, la mutualisation des initiatives de promotion de la santé, des pratiques sportives et culturelles et particulier :

-    le Quartier des Humanités rue Champollion avec des installations accueillantes, poly-usages, et modernes (une cafétéria, un espace de vie prenant en compte tous les aspects du quotidien étudiant)

-    un réseau de ressources pédagogiques, véritables lieux de vie étudiante et de rénovation pédagogique, associant bibliothèques, laboratoires d’application des nouvelles technologies, espaces de travail individuels et collectifs, ces premiers Learning centers seront mis en place sur les sites d’Assas (6 000 m2) puis de Jussieu (10 000 m2) et de Molitor (2 700 m2).

Il faut avoir le sectarisme et l’inconscience de jeunes bourgeois qui n’ont rien compris à ce qui se joue en ce moment.

On aimerait entendre le point de vue du tout nouveau président national de l’Unef à propos du projet Paris Sciences et Lettres associé à Dauphine, porté par l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm puisqu’il est lui-même élève de cette école. Ou encore celui du président sortant qui était un élève de Sciences Po Paris membre actif du projet concurrent porté par le PRES Sorbonne Paris Cité. Mais sans doute nos trois Artabans pensent-ils qu’il est légitime de mettre de l’argent dans des filières où élitisme rime avec ségrégation sociale et culturelle et pas dans des universités qui ne pratiquent pas de sélection à leur entrée. Elitisme accepté pour la Noblesse d’état, médiocrité normalisée et généralisée pour les autres tel est leur programme.

En fait ces étudiants, probablement minoritaires au sein de l’Unef elle-même, tentent de tromper les étudiants en confondant volontairement exigence et excellence. Les licences du collège de la Sorbonne sont des cursus exigeants. Ils sont destinés à offrir une alternative aux classes préparatoires des lycées, cocons de la Noblesse d’état. Etant bi-disciplinaires, ces parcours différenciés, éviteront l’écueil d’une spécialisation trop précoce pour les plus brillants mais, étant financés par l’Idex, ils donneront des marges de manœuvres supplémentaires aux établissements pour les autres licences. Cela veut dire que l’on exige plus de ceux qui ont les facilités intellectuelles. Mais cela signifie aussi qu’ils ne seront pas ghettoïsés au sein d’une petite élite comme les étudiants de Sciences Po, de l’ENS et de Dauphine. Une partie importante des cours sera commune et ainsi, ils resteront en contact avec ceux qui ont moins de capacité et leur serviront en quelque sorte de « locomotives » car nous considérons l’éducation supérieure comme une affaire collective et le « coaching » entre étudiants est préférable à celui des « boites à concours ».

Il est clair que nos trois zozos n’ont même pas pris la peine de lire (je ne veux pas dire « comprendre » car leur présupposés dogmatiques les en rend probablement incapables) le contenu des projets, où, plus grave encore, s’efforcent-ils sciemment de dénigrer un projet pour en favoriser un autre. Les parcours internationaux de master seront initiés dans le cadre des labex, ils permettront là encore de servir de levier pour que chaque étudiant en master puisse avoir une expérience internationale pendant ses études comme c’est le cas aujourd’hui pour les étudiants de l’ENS, de Sciences Po ou des écoles d’ingénieurs dignes de ce nom. Le collège doctoral de la Sorbonne assurera l’attractivité et le développement individuel de chaque doctorant sous une forme compatible avec la pratique professionnelle.

Nos trois soit-disant présidents sont des rigolos bobo pseudo progressistes qui mériteraient la fessée. Ils ne sont certes pas archaïques eux, ils sont foncièrement réactionnaires et passéistes. Que dire de leur appel à Valérie Pécresse pour qu’elle use de son pouvoir discrétionnaire pour annuler la décision du jury international ? Les étudiants jureront aux prochaines élections.

Lille le 8 avril

[1] Dépêche AEF n°148008

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