L’exception française

l'exception française

Mon récent article sur le soixante dixième anniversaire de la débâcle de 1940, dans lequel je faisais retour sur les épisodes antérieurs de 1914 et de 1970 n’a pas eu l’air de plaire à certains adeptes de la méritocratie. Je leur conseille donc la lecture de deux livres qui jettent une lumière crue sur les acteurs de ces drames : L’impardonnable défaite 1918-1940 et Joffre, l’âne qui commandait des lions. Signe des temps, la déroute française en Afrique du Sud vient rappeler au pays que le choix des managers et des coachs n’a jamais été le point fort de notre pays et devrait nous conduire à plus de modestie, nous qui donnons des leçons au monde entier.

J’étais la semaine dernière à un séminaire organisé par Campus France à l’École supérieure des affaires à Beyrouth. On y débattait de la politique française en matière d’attractivité des étudiants étrangers. J’y ai fait la connaissance de Dominique Wolton directeur de l’institut des sciences de la communication du CNRS[1]. Individu étonnant qui ferraille contre les institutions méritocratiques, ce pourquoi il a toute ma sympathie, mais n’a pas compris que la défense de « l’Esprit Français » ne peut plus se faire aujourd’hui comme au temps de Montesquieu. Et voilà pourquoi l’on butte sur des alliances contre-nature dans notre pays. Nous savons tous que la « Lingua franca » des sciences « inhumaines » que sont les sciences économiques, les sciences managériales, les sciences naturelles et les sciences biologiques et médicales est l’anglais ou, plutôt, le globish. Nous avons été avec Richard Descoings les premiers à refuser la monoculture universitaire en créant les doubles cursus exigeants de sciences et sciences humaines en licence et maintenant en masters. Je réclame ardemment que l’on stoppe la dérive stupide des classes préparatoires scientifiques et de la première année de médecine. C’est donc sans complexe que je milite pour une révolution copernicienne de la formation des jeunes français afin de les faire sortir du splendide isolement où les a plongés une vision restrictive de l’exception française. En outre je suis de ceux qui pensent qu’il y a une crise mondiale de l’éducation. Cette crise trouve son énergie dans les doutes sur l’avenir de l’Humanité et alimentent le retour au religieux « mal digéré » qui se manifeste dans l’intégrisme des diverses obédiences qu’elles soient anciennes (Judaïsmes, Christianismes, Islams) ou plus récentes (sectes et pseudo-réformisme évangélique nord-américain). Le recul de l’enseignement des sciences de la réflexion (philosophie, morale) et des sciences exactes (mathématiques pures, physique, biologie darwinienne) est un symptôme qu’il ne faut pas négliger car il signe le recul de l’esprit critique.

Mais tout n’est pas aussi sombre. Si nous regardons l’évolution des mentalités universitaires françaises sur les deux dernières décennies, on peut mesurer le chemin parcouru. La ritournelle lancinante des eurosceptiques, ne peut masquer le fait que le processus de Bologne pour imparfait qu’il soit a eu des effets bénéfiques sur l’enseignement supérieur partout en Europe, y compris chez nous. Au nom la diversité, Dominique Wolton plaide pour l’exception française. Mais il est beaucoup moins disert sur la nécessaire diversification des universités françaises. Contrairement à une idée répandue, il n’y a pas deux systèmes d’enseignement supérieur dans notre pays mais une myriade de types d’établissements qui rend le paysage assez difficilement compréhensible pour un non initié (c’est sans doute le but recherché).

A côté d’un secteur universitaire majoritaire censé prendre en charge les deux tiers des candidats à l’université sans régulation autre que géographique, principe violé à chaque coin de rue. Il existe un secteur régulé extrêmement complexe qui accueille le tiers restant, fortement hiérarchisé, allant des BTS à l’École Polytechnique en passant par les IUT, les classes préparatoires des lycées, les IUFM, Dauphine, les écoles d’ingénieur, les écoles de commerce, les Instituts d’études politiques, les facultés de médecine et de droit et les Écoles normales supérieures. Cerise sur le gâteau, dans les sciences sociales, les initiés peuvent encore trouver refuge à l’École des hautes études en sciences sociales où se dégrossir aux Langues’O.

D’ailleurs il y a Écoles et Écoles. La moitié des écoles d’ingénieurs sont dans les universités, seules une fraction d’entre elles sont admises dans la Conférence des Grandes Écoles. Et dans cette dernière il y a 215 membres… une véritable tour de micro-Babel ! En quoi l’école de biologie industrielle de Cergy-Pontoise (18 professeurs permanents 600 étudiants, 12 personnels administratifs, aucun laboratoire) est une grande école ? En quoi l’École Catholique d’Arts et Métiers de Lyon (30 professeurs permanents 335 étudiants, 12 personnels administratif, aucun laboratoire) est-elle une grande école ?  Les IUT, véritables cancer, détournent dans des formations surannées les élèves des lycées qui devraient avoir leur place au sein des licences scientifiques et technologiques des universités. Certes ils y reviennent après leur DUT faute d’avoir trouvé des jobs qui répondent à leurs attentes. Mais alors l’inadéquation de leur formation antérieure les met en difficulté pour l’accès aux masters de recherche.

Dans un de mes articles précédents j’ai montré que l’État, de manière inconsidérée, a laissé le secteur universitaire faire face tout seul à la massification des formations  supérieures. De 1980 à 1995 le nombre d’étudiants à doublé dans les universités alors qu’il est resté stable dans le secteur extra-universitaire. Dans le même temps, le nombre des publications scientifiques croissait plus vite dans les universités que la totalité des publications françaises alors qu’il restait microscopique dans le système des écoles. Faute de regarder en face notre retard, nous cherchons la justification de notre organisation chez nos partenaires (fraunhofers germaniques École normale de Pise), sans voir que dans le même temps, l’initiative Allemande sur les Universités d’excellences a pris plusieurs années d’avance sur notre plan campus et le grand emprunt. Finalement, la déroute de l’équipe de France et le succès de l’Allemagne face à l’Angleterre peut servir d’excellente métaphore plus cool que les guerres antérieures. Évidemment, dans un contexte économique difficile, il est aisé pour les nonistes de jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais quelques indicateurs montrent que les universités françaises font maintenant bonne figure dans la compétition internationale. Près de 200 000 étudiants ont reçu des bourses européennes pour étudier ou se former à l’étranger sur la période 2008-2009, ce qui représente une augmentation de 8,7 % par rapport à l’année universitaire précédente. La France avec 28 300 étudiants, a dépassé l’Allemagne (27 900) et l’Espagne (27 400). C’est une bonne nouvelle, même si la France reste le deuxième pays, après l’Espagne pour l’accueil d’étudiants Erasmus.

Sans doute le programme Erasmus n’a pas atteint ses objectifs initiaux quant à l’intégration des nouvelles démocraties de l’Est européen, mais il a renforcé les échanges entre les principaux pays européens (Allemagne, Espagne, France, Italie et Portugal) et c’est une excellente nouvelle. On ne saurait nier que la réforme pédagogique a joué un grand rôle dans ce domaine. Le think tank britannique « Open Europe » regrette que les financements de la Commission alloués au programme de mobilité étudiante Erasmus, soient destinés à promouvoir la citoyenneté européenne et une culture européenne commune. Qui s’en plaindrait. Au moment où une crise économique sans précédent affecte l’Europe, mieux vaut une jeunesse éduquée, un brin libertaire plutôt que les nationalismes du siècle passé et leurs millions de morts. Il faut dire clairement qu’en dépit des oppositions politiques très vives dans notre pays nous devons cette heureuse évolution à deux facteurs : l’autonomie universitaire (un grand merci à Bernard et à Valérie) et l’implication des exécutifs régionaux socialistes. Les premiers ont contre vents et marées colmaté pour l’essentiel les brèches que la haute administration s’efforçait d’ouvrir dans l’autonomie. Les seconds ont su donner aux universités le fuel de la mobilité que l’État ne pouvait leur fournir. Si nous regardons dans le détail sur quelles bases s’est organisé cette mobilité, un seul mot vient à l’esprit : diversité.

Et c’est bien le message que je veux délivrer aujourd’hui, libérons les initiatives : « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles rivalisent » mais que l’on évite le retour à la glaciation antérieure. C’est un peu gros me direz-vous de comparer Sarkozy à Mao. Certes, mais il y a du Mao dans la manière dont il a bousculé sa propre caste. La révolution culturelle des universités françaises n’est pas achevée et je prie tous les apparatchiks des ministères publics de ne pas l’entraver.

Jussieu le 29 mai 2010

[1] l’ISCC créé en 2007, pourvu d’un budget autonome et de postes permanents

18 réflexions sur “ L’exception française ”

  1. Je suis assez d’accord avec vous sue la fin. J’ai aussi pensé à Mao en regardant le discours de Sarkozy du 22 janvier 2009. En le voyant insulter, avec une jouissance visible, tous les dignitaires de la recherche, présidents d’universités, directeurs du CNRS et autres, courbant la tête sous l’orage, il me revenait à la mémoire ces descriptions de « séances de critiques » où des jeunes gardes rouges illettrés insultaient des chercheurs et des professeurs à genoux.

    Je ne sais si c’est la « révolution culturelle » que vous appelez de vos voeux. Je vous rappelle que celle de 1965 s’est fort mal terminée pour tout le monde (sauf Mao); en tant qu’ancien président, vous êtes certainement fort loin de ce que vivent ceux qui sont actuellement condamnés à rédiger des maquettes de diplômes, en particulier pour la formation des enseignants. On ne peut effectivement plus parler de glaciation; ce serait plutôt une débâcle…

  2. N’étant pas historien, je n’aurais pas la prétention de trancher sur l’apport de Mao à l’évolution de la Chine. Comme je me suis débarrassé à plusieurs reprise de croyances un peu naïves, j’ai tendance à penser que l’histoire des peuples c’est d’abord eux qui l’écrivent.
    Quant aux maquettes de diplômes, la seule chose que je constate c’est que de ce point de vue l’autonomie universitaire reste à conquérir par les universitaires eux mêmes contre ceux qui veulent la « normalisation étatique » des universités « autonomes ». Normalisation çà sent un peu Prague en août 68 non ?.
    GB

  3. J’ai la « chance » d’appartenir à l’une des premières universités ayant accédé aux « RCE », celle d’Aix-Marseille II. Nous faisons notre maquette en toute autonomie, sous l’oeil vigilant de 3 CEVU, de 3 CA et de 3 présidents, les universités marseillaises étant en plein réunification; on nous impose –de façon purement locale, je vous rassure, il n’y a ici aucune normalisation étatique– des recettes managériales éventées, comme les « fiches AFOM », des calculs byzantins de coûts totaux, des normes locales décidées arbitrairement par les échelons supérieurs. Il s’y ajoute bien sûr, concernant la formation des enseignants, des exigences nationales aussi obscures que variables, telles que le CLES2 et le C2i2e. La bureaucratie locale a simplement rajouté une couche à la bureaucratie nationale. Le coût en heures de travail –jamais comptabilisées nulle part– est considérable pour les malheureux qui s’y collent par civisme, pour un résultat en général médiocre.

    Les seuls qui pourront s’en tirer seront ceux qui ont le poids et les relations suffisantes pour s’asseoir sur toutes les réglementations, qu’elles soient nationales ou locales, et faire parfois prévaloir quelques évidences pédagogiques; ils seront peu nombreux. Dans quelques années, les universités pourront peut-être, en un sens, lutter à armes égales avec les écoles: elles seront devenues aussi petites! Le processus est bien engagé: il entre chaque année moins d’étudiants en université scientifique qu’en classes préparatoires, ce dont on parle peu.

    Par ailleurs, ceux qui observent de près les diplômes, en particulier de licence, voient un recul constant de la pluridisciplinarité. Vous présentez quelques danseuses, diplômes sciences-humanités à effectifs restreints réservés à un tout petit nombre, équivalents universitaires des ENS, mais pour la masse, c’est, par la mécanique même du LMD, la monoculture qui triomphe. Il est incontestable qu’aujourd’hui, un étudiant qui veut recevoir une culture scientifique large, recouvrant physique, chimie, mathématiques, info, et langues, la trouvera plus facilement en CPGE –malgré tous leurs défauts bien connus– que dans une licence standard. Il suffit de compter les crédits dans chaque matière pour la plupart des licences. La mécanique du LMD, en confiant l’enseignement des 3 premières années aux départements disciplinaire, a mécaniquement descendu les « tuyaux » au niveau du L1, et marginalisé ceux, assez nombreux, qui étaient partisans d’un vrai enseignement de culture scientifique. Le LMD est un bel exemple de « normalisation étatique », qui a porté un très mauvais coup (tous les chiffres le montrent) à un système déjà mal en point. Qui le dit? Qui a fait « l’évaluation » de cette réforme?

    Tous ces faits sont bien désagréables. Il est plus simple de les oublier, et de ne pas dire que le roi est nu. Surtout quand, au milieu de cette flotte en plein naufrage dans la tempête, on regarde les choses de la passerelle du plus gros bâtiment, celui qui a des chances de survivre aux autres, voire de bénéficier de leur disparition…

  4. « le cancer des IUT » … eh ben … 2 remarques :
    Primo : otut ce que vous écrivez sur ledit cancer est invalidé par l’ensemble des témoignages d’étudiants qui vont à l’université chercher le « bac + 3″ leur permettant aujourd’hui l(LMD) l’accès à l’emploi et qui – les étudiants toujours – attestent que les 2 années passées en IUT ont, à tous les points de vue, été de loin les plus complètes et les plus formatrices.
    Deuxio : dans votre diatribe « anti-IUT » vous pérorez sans argumenter. Votre sentence : « ils y reviennent après leur DUT faute d’avoir trouvé des jobs qui répondent à leurs attentes. » est une merveille de mauvaise foi contredite par TOUS les chiffres de l’insertion. Si les étudiants « retournent à la fac » ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas trouvé de job correspondant à leurs attentes, mais simplement parce qu’ils ont besoin d’un bac+3 pour s’insérer sur le marché de l’emploi. En général, ils n’apprennent d’ailleurs pas grand chose de plus lors de leur ephémère passage en licence générale ou professionnelle.
    Tertio : cette vieille rancoeur contre les IUT se justifie uniquement par le fait que les universités rêvent de pouvoir également « sélectionner » leurs étudiants. A titre personnel, je n’y suis d’ailleurs pas totalement opposé (à condition que ladite sélection ne laisse pas l’essentiel d’une classe d’âge sur le carreau, mais c’est un autre débat). Donc pourquoi ne pas faire un billet sur l’hypocrisie nuisible de la non-séleciton à l’université plutôt que de ressasser un discours nauséabond sur une formation dont l’excellence peut se résumer à 3 points : la sélection des dossiers, le taux d’encadrement, et le taux d’équipement ?
    Dans le paysage universitaire de demain il me semble que l’on aurait tout intérêt à s’inspirer de ce qui marche (les IUT notamment, ne vous déplaise) pour porter ce modèle vers ce qui ne marche pas (le premier cycle universitaire), plutôt que de se répandre en discours fumeux et stériles sur le « cancer des IUT » ou la lèpre des grandes écoles.

  5. Mais vous êtes encore plus sévère que moi :
     » Si les étudiants « retournent à la fac » ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas trouvé de job correspondant à leurs attentes, mais simplement parce qu’ils ont besoin d’un bac+3 pour s’insérer sur le marché de l’emploi. »
    Alors à quoi servent les IUT si le diplôme qu’elles délivrent ne correspond pas aux besoins du marché de l’emploi ?
    Il n’y a jamais eu d’IUT à l’UPMC et nos étudiants s’en sont toujours bien portés.

  6. ?? ce que je décris n’est ni de la faute des IUT ni des universités. Simplement aujourd’hui, suite au passage au LMD, le seuil d’entrée sur le marché de l’emploi est bac+3. Et comme on refuse depuis trèèèès longtemps aux IUT la possibilité de disposer d’une clé à bac+3 (licence « technologique » par exemple), ben les étudiants sont bien obligés (au sens premier du terme) de retourner à la fac. Mais cela n’indique en rien que les 2 années de formation ne sont pas suffisantes pour s’insérer en terme de compétences professionnelles. Je maintiens (et ce maintien est confirmé par l’expérience et le retour des entreprises qui accueillent nos stagiaires), je maintiens qu’après un DUT (je parle ici d’un DUT infocom), les étudiant sont PRETS à intégrer le marché de l’emploi.

  7. Réponse à Pierre Arnoux.
    L’autonomie universitaire ne prémunit pas contre la bureaucratie. L’autonomie sans un projet de politique universitaire partagé par la majorité de la communauté universitaire ne vaut rien. Une bonne politique universitaire implique aussi une stratégie à moyen et à long terme. Ensuite il est nécessaire de mettre en place une organisation managériale qui soit en adéquation avec la politique et la stratégie retenue. Tout le reste est du baratin. C’est pourquoi la maladie française de tout normaliser à l’extrême sur le papier en tolérant n’importe quoi dans les faits conduit à la cacophonie.
    Je ne connais pas votre université. Mais j’ai une seule question. En se connectant sur votre site, est-ce qu’un élève de terminale peut facilement trouver le parcours de formation supérieure correspondant à ses rêves, ses envies et ses besoins?
    Bien à vous.

  8. Réponse à Olivier Ertzscheid
    Ce n’est jamais la faute à personne. Mais il est de fait, qu’à l’UPMC, dans certaines disciplines (informatique, biologie pour ne pas parler des sciences plus dure comme les maths ou la physique) nous constatons que les candidats titulaires d’un DUT n’ont pas reçu l’enseignement adéquat pour faire une troisième année de licence dans des conditions qui leur donnent des chances égales à celle des autres étudiants pour postuler à l’entrée en master.
    Par ailleurs lors de leurs création, les IUT devaient servir de levier de propostion sociale. Or on sait ce qu’il en est advenu.

  9. Bonjour,

    G. Bereziat, vous écrivez que « Mais il est de fait, qu’à l’UPMC, dans certaines disciplines (informatique, biologie pour ne pas parler des sciences plus dure comme les maths ou la physique) nous constatons que les candidats titulaires d’un DUT n’ont pas reçu l’enseignement adéquat pour faire une troisième année de licence dans des conditions qui leur donnent des chances égales à celle des autres étudiants pour postuler à l’entrée en master. ».

    Pouvez-vous nous citer des éléments statistiques probants concernant cette affirmation, dans votre université ?

    Ma question s’adresse également à Olivier Ertzscheid.

    Merci,

  10. Ben oui mais en même temps, la finalité de la formation en IUT n’est pas de préparer les étudiants à l’entrée en Master !!
    Je reproduis ci-dessous le commentaire d’un étudiant en écho à notre discussion :
    – « la licence choisie par les titulaires d’un DUT est souvent un choix de spécialisation. (…) C’est cette spécialisation qui est recherchée sur le marché du travail plus qu’une simple mention BAC + 3. L’accès à l’emploi à BAC + 3 est d’ailleurs bien plus complexe pour un titulaire d’une licence « classique » dans un même domaine qu’un titulaire de DUT + LP. Mon expérience personnelle et les échos de mes camarades me montre que la LP est bien souvent une balade de santé après un DUT, ayant obtenu mon année haut la main en comptant mes heures de révisions sur les doigts d’une seule main. (…) bon nombre d’étudiants regrette le manque de formation technique et constatent aujourd’hui qu’une licence n’a pour but qu’une orientation vers le master et que la seule manière d’être opérationnel à BAC + 3 est le passage par le DUT et la LP.
    Enfin pour ce qui est des master de recherche. Bien que je doute de l’inadéquation DUT étant donné les compétences solides que nous pouvons avoir en terme de recherche et le développement de notre regard critique, ce n’est de toute façon pas le rôle des IUT de préparer à l’accès au Master. C’est à l’étudiant de réfléchir à son orientation et à la durée des études qu’il veut entreprendre. Personnellement je n’ai jamais été intéressé par un master de recherche et l’IUT ne peut et ne doit pas encourager les étudiants à prolonger leur formation au risque de négliger la qualité des compétences techniques indispensable aux étudiants à la recherche d’une formation courte.
    Ce cher monsieur a donc peut être une vision restreinte de la formation universitaire et devrait se demander s’il est plus utile de connaitre l’ensemble des champs théoriques d’un domaine de formation (bien que certaines connaissances sont indispensables je l’accorde) ou s’il est préférable d’être capable de faire le lien entre ses connaissances et des exigences « du terrain » pour ainsi savoir relativiser et développer, en plus de ses compétences, sa propre façon de penser son domaine professionnel.  »
    Fin de citation.

  11. Mais les familles ne raisonnent pas comme celà, on choisit l’IUT comme « sécurité », ce qui est loin d’être évident si l’on regarde les taux d’insertion au regard des taux d’entrée. puis après on essaye de se rattraper aux branches soit pour grimper plus haut soit pour éviter le chômage.
    Mais je me place sur un autre plan, nous manquons de bon étudiants scientifique dans tous les pays développés mais plus en France qu’ailleurs ! alors que l’on est entré dans l’économie de la connaissance. Mais je vous l’accorde, aux universités de se battre pour attirer les meilleurs. C’est ce que nous faisons à l’UPMC et çà marche.
    GB

  12. Un ouvrage sur l’effondrement militaire de 1940
    est particulierement remarquable:
    Autopsie d’une défaite de Ladislas MYSYROWICZ
    publié aux éditions l’age d’homme de Lausanne.
    Souvenirs Jean Marc

  13. @ Olivier Ertzscheid
     » je maintiens qu’après un DUT (je parle ici d’un DUT infocom), les étudiant sont PRETS à intégrer le marché de l’emploi (et ce maintien est confirmé par l’expérience et le retour des entreprises qui accueillent nos stagiaires) »

    > Dans ce cas, comment se fait-il que les entreprises n’ont pas le bon sens de recruter a bac+2 plutot que d’obliger les gens a faire une annee de licence « inutile »?

  14. Je ne suis pas dans l’absolu un fanatique du système dual universités-GE.
    Mais imaginons que la France de 2010 supprime les GE scientifiques. Ne croyez pas que les élèves ambitieux qui entrent actuellement en CPGE entreprendraient tous des études de sciences : comme dans tous les pays occidentaux, ils se tourneraient alors massivement vers le droit, la finance, le médecine, études devenues alors beaucoup plus attractives du fait que le défunt et austère cursus de GE ne promettrait plus à ceux qui s’y engagent quelques avantages ultérieurs.
    Dans les pays anglophones ce n’est pas trop grave : leur attractivité leur permet d’importer massivement des ingénieurs indiens ou chinois, ce que la France ne peut pas faire.
    D’autre part un certain nombre d’étudiants qui se sont orientés vers les GE par ambition prennent goût aux matières scientifiques, et finissent par faire des doctorats à l’université.
    Pourriez-vous nous donner le pourcentage d’étudiants passés par des GE parmi les doctorants de Paris 6 ?

  15. Réponse sur le pourcentage d’étudiants passés par des GE parmi les doctorants de l’UPMC. Je ne peux pas vous donner immédiatement une réponse précise. J’ai demandé si des stats étaient disponible sur ce sujet. Mais il est exact que la majorité des étudiants en doctorat ne proviennent pas des masters de l’UPMC (ce qui est plutôt un signe de bonne santé) 40% sont des étrangers et ceux qui viennent des grandes écoles (encore faudrait il s’entendre sur ce qui est grandes écoles car les écoles de chimie ne sont pas pour moi des grandes écoles) ne sont pas majoritaires. Il est certain que nous avons de nombreux polytechniciens, centraliens et normaliens.

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