Joyeux anniversaire !

Le sacre de Charlemagne

Le 16 juin 2010 on célèbrera l’anniversaire de la déculottée la plus cuisante subie par l’armée française depuis celle de Crécy en 1346, lorsque sa chevalerie fut décimée par les anglais[1]. En moins d’un siècle, ce fut la troisième défaite face à nos cousins germaniques, pourtant issus comme nous de l’empire que Carolus Magnus, roi des Francs, avait fondé plus d’un millénaire auparavant.

Du 10 mai au 22 juin 1940, date de la signature dans la clairière de Rethondes en forêt de Compiègne de la honteuse convention d’armistice  par le général Huntziger[2] accompagné du général d’aviation  Bergeret[3], du vice-amiral Le Luc[4] et de l’ambassadeur Léon Noël[5], 100 000 soldats français sont tués. C’est certes moins que les 250 000 morts en deux mois du début de la Grande Guerre que l’on peut porter à l’actif de l’âne polytechnicien qui commandait des lions mais autant que les 100 000 soldats français tués entre juillet et septembre 1970.

On a gaussé sur la disproportion des forces en présence. En réalité l’Allemagne ne possède pas une supériorité évidente si l’on compare les effectifs des armées respectives à la veille de la déclaration de guerre :

Joyeux anniversaire

En 1940 Le grand quartier général français draine des moyens humains considérables puisque 1770 personnes travaillent au sein de cet organisme à la fin du mois d’octobre 1939, dont près de 500 officiers. Si on ajoute le personnel des éléments rattachés au grand quartier général, on arrive, à cette même date, à un total de près de 6500 personnes, dont environ 760 officiers. Par contre, c’est une tout autre affaire si l’on examine l’état d’esprit des belligérants. Selon beaucoup d’historiens, l’un est revanchard, formant sa jeunesse aux nouvelles technologies, formant des cadres polyvalents, misant sur des armes et des doctrines nouvelles et offensives, l’autre vivant dans la hantise du cauchemar de la guerre précédente, se reposant sur des lauriers certes durement gagnés mais par les poilus.

En réalité, il a toujours eu un décalage entre les français, égocentriques et individualistes et le reste du monde. L’exception française ne date pas d’aujourd’hui, elle remonte aux soldats de l’an II, pour sympathique qu’elle soit, elle n’en reste pas moins anachronique et inadaptée au monde moderne du fait de l’ossification impériale napoléonienne.

Le 6 août 1870, à deux reprises, près du village de Reichshoffen, les cuirassiers à cheval chargent sabre au clair dans les houblonnières. Empêtrés dans les piquets et les fils de fer, hommes et chevaux se font massacrer. En 1914, Les uniformes portés par les soldats français ressemblent à ceux portés lors de la guerre de 1870 avec le fameux pantalon garance. Il est porté non seulement par tradition, mais aussi pour être vu de loin par l’artillerie, et donc pour éviter les pertes par les tirs amis (les tirs ennemis, bien sûr, ne comptent pas !) Il faut attendre 1915 pour que soit distribué l’uniforme bleu horizon. En 1940, méprisant les chars, on s’enterre dans la ligne Maginot, la bataille de France sera perdue en moins de deux mois.

Les choses ont progressé depuis Crécy où, sur 4 000 morts français (encore ne l’étaient-ils pas tous selon les critères du sinistre Besson[6]) on relevait 1 500 chevaliers ; sur 130 000 soldats morts, 2359 officiers périrent en 1870 ; du mois d’août 1914 à novembre 1918, 1 500 000 soldats ont été tués, parmi eux 40 000 officiers dont 41 généraux ; en 1940 il y eu que 250 000 soldats tués, parmi eux 13 généraux[7] (l’un d’entre eux, le Général Billotte, le fut dans un accident de la circulation). En 1940 aucun ne sortait de polytechnique et pour cause, depuis la grande guerre, les polytechniciens n’étaient plus intéressés par la carrière militaire jugée sans doute trop dangereuse[8]. C’est ce que l’on appelle la démocratisation de la guerre. Dans un remarquable opuscule, « la statue intérieure », François Jacob constate : « En 14-18, la mort emportait les hommes au hasard, sans aucun lien avec leur qualité, leur valeur. En 40-44, il y avait eu sélection. Ceux qui étaient tombés, c’étaient les meilleurs. Les plus résolus. Les volontaires de la Résistance ou de la France Libre. » Plus encore qu’au cours de la première guerre mondiale, ce sont les civils qui vont trinquer, les pertes civiles surpassèrent les pertes militaires, une jeune française de retour chez elle après la débâcle constate : « l’épicerie avait été mise à sac, livrée au pillage pendant trois jours et vandalisée. Tout ce qui n’avait pas pu être volé avait été détruit ou souillé par les réfugiés et les fuyards. Il ne nous restait plus rien : toutes les marchandises avaient disparu. Il a fallu vendre ma bicyclette pour reconstituer une petite partie du stock de l’épicerie. L’exode a été pour moi une expérience terrible. C’était l’été de mes vingt ans ». Mais le pire, comme le raconte François Jacob était à venir lors du retour des déportés, « De ceux qui étaient revenus des camps de la mort. Squelettes de peau parcheminée qui dépassaient des loques rayées. Avec les récits de l’horreur. Pire que tout ce qu’on avait pu craindre, tout ce qu’on avait pu imaginer. La révélation d’un monde où, à chaque instant, l’impossible devenait possible. Sorte de cauchemar inversé où le réveil, loin d’éloigner l’angoisse, rendait au malheur toute son acuité, replongeait dans l’enfer. Et l’enfer, ce n’était pas seulement la faim, les poux, le typhus, les plaies, les coups, la folie, les cadavres, l’horrible odeur de la fumée qui montait des crématoires. C’était, plus encore, l’organisation de l’avilissement, la machine à humilier, à briser l’humain, à le contraindre à se mépriser lui-même ».

Il serait un peu court de ne voir dans la défaite de 1940 qu’une faille dans l’organisation militaire. En réalité dès 1870 la méritocratie française est à l’œuvre, la France n’est en mesure de mobiliser que 265 000 hommes, sur un front de 250 kilomètres, de Thionville à Bâle. De leur côté, la Prusse et ses alliés d’Allemagne du Sud en alignent immédiatement 600 000 grâce à une organisation bien rodée et à un réseau ferroviaire très dense. Bismarck est bien informé des réalités de l’armée française, vieillissante, mal préparée à une guerre européenne, démoralisée par le désastre de l’expédition mexicaine. Ses soldats sont mal équipés, chefs de peu de valeur incapables de positionner correctement les troupes. Bazaine le pleutre nommé commandant en chef de l’armée du Rhin, s’efforce de se replier. Cependant, alors que s’offre à lui l’occasion de détruire plusieurs corps de l’armée prussienne il décide, à l’étonnement général de son Etat Major, de replier son armée de 180 000 hommes à Metz, se coupant ainsi du reste de la France et donc de ses réserves. Il négocie avec les Allemands « pour sauver la France d’elle-même », c’est-à-dire de la poussée républicaine, voire révolutionnaire et capitule le 22 octobre. Un conseil de guerre, le condamne à la peine de mort avec dégradation militaire pour avoir capitulé avant d’avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait. Sa peine est commuée en 20 années de prison, sans cérémonie de dégradation, par le nouveau maréchal-président Mac-Mahon, qui lui-même avait été battu à Sedan. Il s’échappe de captivité l’année suivante (avec quelles complicités ?).

Déjà le décalage technologique est à l’œuvre. La supériorité allemande vient de l’utilisation d’obus percutants plutôt que fusants. L’obus percutant, en 1970, s’enfonce dans la terre meuble et fait fougasse sans grands dégâts. L’obus fusant à shrapnel était dangereux dans un rayon de 100 mètres. L’infériorité vient aussi, du mode d’emploi de l’artillerie. Pas de grande batterie du côté français, duels d’artillerie avec pour seul résultat d’attirer sur elle une concentration des batteries adverses. En 1914, la doctrine française de l’offensive s’appuyait sur les canons à tir rapide de 75, qui accompagnaient l’infanterie pour réduire les troupes adverses avant l’assaut. En 1914, ce sont les canons lourds qui manquaient. En 1940 ce furent les avions et dans les deux cas ce n’était pas faute d’avoir des généraux. L’Etat major était composé de chefs âgés, proposait des programmes d’armement peu ambitieux, et une doctrine basée principalement sur la défense et sur le bon vieux « ils ne passeront pas », comme en 1970 lorsque, le général Le Bœuf, polytechnicien, déclarait : nous sommes prêts, archi prêts, il ne manque pas un bouton de guêtre.

Pourtant les avertissements n’avaient pas manqué, En 1938, Paul Louis Théodore Benazet ancien sénateur et député de l’Indre déplorait l’impréparation de l’armée française face au réarmement allemand : « La faute capitale de nos services, et des gouvernements qui s’en sont trop paresseusement remis à eux, est de n’avoir pas compris la gravité de ce nouveau rapport des forces, et de s’imaginer qu’il sera possible de s’en tirer, comme en 1914, et au même prix, en opposant des pièces de 75 à des pièces d’artillerie lourde, ou des fusils à des mitrailleuses. Je répète qu’il s’agit ici d’une situation sans précédent. Ce serait faire preuve d’une incroyable légèreté que de ne pas construire les matériels de défense appropriés aux conditions nouvelles de combat, et cela avec une rapidité telle que l’adversaire ne puisse encore donner à ses moyens d’attaque une supériorité nouvelle. » Et il poursuivait concernant l’aviation que, malgré les programmes lancés par Pierre Cot ministre de l’air du front populaire, « Au moment où les aviations étrangères avaient des programmes et construisaient des prototypes qui leur permirent les réalisations de 1936 et 1937 (l’Allemagne gagnant le record du monde de vitesse avec 611 km/h!) nous nous enfermions dans des conceptions absolument différentes. Nos programmes de 1933, ne faisaient état d’aucun des progrès techniques incorporés dans le Douglas DC-2 et dans le Heinkel-70. On se bornait à placer des moteurs relativement puissants sur des cellules d’un type déjà périmé ! »

L’exercice organisé par le Général Gaston Prételat (commandant la IIème armée) en mai-juin 1938 montrait que l’armée allemande pouvait traverser le Luxembourg, l’Ardenne belge, franchir la Meuse et parvenir à Stonne en quatre jours. Mais le Généralissime Gamelin n’y croyait pas. Il reprocha à Prételat d’avoir surestimé les possibilités ennemies, d’avoir prêté au haut commandement allemand une façon d’agir singulièrement audacieuse et d’avoir voulu jouer le pire. Mais Prételat, commandant en chef du secteur de Sedan en 1940, subira tout ce qu’il avait prévu. Comme lors de l’offensive prussienne en 1870, la percée de Sedan en 1940 fut décisive pour la défaite de l’armée française.

Fréderic Salat-Baroux, ancien secrétaire général à la présidence de Jacques Chirac, montre dans un livre récent que Pétain et ceux qui le conseillèrent avaient d’abord un projet politique, abattre la République. Ce sera fait à Vichy, le 10 juillet 1940. À Liberté, Égalité, Fraternité succède Travail, Famille, Patrie, nouvelle devise de « l’État français ». Un groupe de chercheurs a entrepris récemment de reconstruire l’histoire pour tester la suite des évènements si la France avait décidé de poursuivre la guerre. Le point majeur de l’hypothèse est le remplacement, à l’instigation de De Gaulle, de Weygand par Huntziger le 10 juin et la décision du repli en Afrique du Nord. Le 13 juin Pétain est arrêté. Une variante est donnée par Libération : « Victime d’une «attaque» dans la nuit du 12 au 13 juin 1940, le maréchal Pétain est mort le 7 septembre 1940, à l’hôpital parisien de la Salpêtrière, sans jamais avoir retrouvé ses fonctions cérébrales normales. Ainsi, le vainqueur de Verdun n’a pas pu voir la France continuer la guerre contre l’Allemagne et l’Italie, aux côtés du Royaume-Uni. Il n’a pu que comprendre sa propre défaite politique ».

Le journal Sud Ouest présente une réalité plus cruelle : « le 16 juin 1940, De Gaulle est à Londres. Churchill lui communique une proposition dingue : fusionner les deux pays (Angleterre et France) pour n’en faire qu’un seul. Il est chargé d’en informer le gouvernement français, installé à Bordeaux. Le 16 au soir, il quitte la capitale anglaise à bord de l’avion personnel de Churchill pour convaincre le gouvernement français de signer l’accord de fusion à Concarneau. Il ne sait pas que Paul Reynaud, président du Conseil, vient de démissionner. Pétain a pris la main. De Gaulle atterrit à Mérignac en soirée. À peine descendu, on l’informe du départ de Reynaud. Le plan de Churchill tombe à l’eau. Rue Vital-Carles, l’atmosphère est étouffante. Le 17 au matin, une Citroën sombre fonce vers l’aéroport. À son bord, Charles de Gaulle. Le site est un foutoir sans nom, un horizon peuplé de centaines d’avions. Le général regagne les brumes britanniques ». Il y arrive tout nu, seule une poignée d’officiers le suivront en juin : le lieutenant Edouard Pinot, les capitaines Georges Goumin et Pierre Koenig, les commandants François Drogou et Diego Charles Brosset, le colonel Edgar de Larminat, l’amiral Muselier, et le lieutenant colonel Raoul Magrin Vernerey. Il faudra attendre le mois d’août pour que le général (Paul Legenthilomme) et l’amiral Philippe Auboyneau rejoignent la France Libre puis le 17 septembre pour voir arriver à Londres le premier « gros poisson », le général Georges Catroux. Quelques généraux entrèrent rapidement dans la résistance, François d’Astier de la Vigerie, Eugène Delestrain, mais la plupart des généraux français lorsqu’ils ne furent pas prisonniers choisirent l’attentisme, une forte minorité se rallièrent à Pétain pour ne le lâcher que lorsque le vent commença à tourner.

Ce ne fut guère plus brillant du côté des hommes politiques, le 10 juillet 569 parlementaires des deux chambres (élus pour les députés en 1936 : majorité de front populaire) votent les pleins pouvoirs à Pétain (61%), 80 votent contre (9%, pratiquement tous de gauche), 20 s’abstiennent (2%), 27 sont sur mer en route vers le Maroc (3%), 149 sont absents (16%), 17 sont décédés et 61 communistes et apparentés ont été déchus de leur mandat (7%). La droite républicaine et la gauche radicale ont fait faillite, elles suivront l’exemple des généraux. Bien peu nombreux furent les membres de la méritocratie qui rejoignirent Londres ou choisirent la résistance. Beaucoup firent comme les généraux, ils se terrèrent.

Quelques individualités se complairont dans l’ignominie, au premier chef Pierre Laval scientifique et juriste ancien socialiste attiré par l’appât du gain. Mais aussi Paul Marion, ancien communiste passé de la SFIO au PPF de Jacques Doriot, lui-même ancien communiste, secrétaire général à l’information et à la propagande[9], Raphaël Alibert, juriste, signataire du statut des Juifs d’octobre 1940, Xavier Vallat, commissaire aux questions juives, René Belin ancien syndicaliste CGT ministre du travail, Pierre Pucheux, normalien secrétaire d’État à la Production industrielle puis secrétaire d’État à l’Intérieur, François Lehideux formé à Sciences Po, délégué à l’Équipement national, puis secrétaire d’État à la Production industrielle, René Bousquet, juriste, secrétaire général à la police avec délégation générale et permanente de signature du chef du gouvernement. Et tant d’autres, Philippe Henriot journaliste, Marcel Déat normalien, ancien socialiste termine sa carrière politique à Sigmaringen comme ministre du Travail et de la Solidarité nationale, Aimé-Joseph Darnand, autodidacte, membre honoraire de la SS qui fonda la milice, Déat et Deloncle (polytechnicien) qui formèrent avec Doriot la « légion des volontaires français » contre le bolchevisme, transformée en division charlemagne de la Waffen SS. Et de nombreux autres encore, moins voyants, les Paul Baudouin et Denis Jean Bichelonne majors de polytechnique, Georges Bonnet avocat, Eugène Bridoux officier de cavalerie, Henry du Moulin de Labarthète inspecteur des finances, Fernand de Brigon avocat  ou encore l’ignoble Darquier de Pellepoix. Le docteur Pierre Maurer, engagé volontaire dans la Brigade Frankreich qui prêta serment de fidélité à Adolf Hitler devint par la suite doyen de la faculté Cochin sans rien renier de son passé !

En regardant pour la nième fois Fanfan la Tulipe de Christian-jaque la semaine dernière je ne pus m’empêcher de penser à De Gaulle. La métaphore est osée me diront certains car la deuxième guerre mondiale ne fut pas un remake de la « guerre en dentelles » et le De Gaulle de 1940 n’avait certes pas la jeunesse de Gérard Philippe. Mais il en avait la fraîcheur et partageait avec lui une blessure profonde car le père de Gérard Philippe, engagé dans la résistance, collabora avec Vichy dont le maître avait été l’un des mentors de Charles de Gaulle. L’un partit en Exil et revint à Paris en 1968 sans avoir revu son fils et l’autre mourut à l’île d’Yeu gracié par De Gaulle.

On nous rabat ces jours-ci les oreilles d’une nouvelle approche de la défaite de 1940, ce révisionnisme là n’est pas plus acceptable que l’autre. Cette aptitude à regarder l’histoire passée en faisant fi de l’état de la société du temps me parait suspecte, car il ne s’agit pas de trancher sur qui des résistants, des pétainistes ou des militaires avait raison en 1940. Encore moins de réévaluer l’ampleur de la défaite. Mais de comprendre pourquoi la démocratie française a laissé s’instaurer une situation dont l’issue fut inéluctable. Et d’en tirer des enseignements pour le futur.

Plus que les expériences réussies qui confortent une hypothèse et parfois créent le dogme, ce sont les expériences ratées qui sont la principale source de l’avancée des connaissances scientifiques. Aujourd’hui l’Europe est face à une crise dont elle ne pourra sortir durablement qu’unie. Que ceux qui, prompts à juger intolérables les positions allemandes, appellent de leur vœux sa dislocation ou, pire, son immobilisme y réfléchissent bien à deux fois. Belgique, Autriche, Danemark, Hollande, Hongrie, Pologne, Italie, France… rappelons nous Brecht et l’irrésistible ascension d’Arturo Ui :

« Vous, apprenez à voir, plutôt que de rester
Les yeux ronds. Agissez au lieu de bavarder.
Voilà ce qui aurait pour un peu dominé le monde !
Les peuples en ont eu raison, mais il ne faut
Pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt :
Le ventre est encore fécond, d’où à surgi la bête immonde
».

Palaiseau  le 13  juin 2010

[1] 1 500 chevaliers français y laissèrent leur vie contre moins de 100 morts côté anglais.

[2] Huntziger subit le 13 mai la percée de Sedan à la tête de la 2e armée. Ses réactions inappropriées et son absence d’initiative facilitèrent grandement l’offensive allemande. Il siègera ensuite à la commission d’application de la convention d’armistice à Wiesbaden. Sa mort prématurée lui évitera quelques ennuis à la libération.

[3] Secrétaire de l’Air dans le gouvernement de Vichy jusqu’au 19 avril 1942.

[4] Commandant des forces maritimes de Vichy jusqu’à début avril 1943

[5] Léon Noël refusera de la contresigner et s’engagera par la suite dans la résistance.

[6] Il y avait plus d’un quart de Génois.

[7] Ardant du Picq, Général de division
Raoul Augereau Général de Brigade
Paul Barbe Général de Division
Gaston Henri Gustave Billote, Général de corps d’armée
André Berniquet Général de division
Jean Bouffet  Général de corps d’armée
André Caille Général de brigade
Maurice de Courson de la Ville neuve général de brigade
Marcel Deslaurens Général de brigade
Alain d’Humières Général de brigade
Louis Janssen Général de division
Jean Lartigues Contre amiral
Olivier Thierry d’Argeneau général de brigade

[8] Pendant la Grande Guerre, on comptait 10 polytechniciens à des postes de commandement opérationnels Ferdinand Foch (IXème armée), Joseph Joffre (commandant en chef des opérations), Michel Joseph Maunoury (VIème armée), Henry Putz (VIIème armée,) Louis Auguste Camille Bernard (général de brigade), Georges Nivelle dit « le boucher » (IIème armée) qui s’illustra par l’échec de l’offensive du chemin des dames (350 000 morts et blessés) et Alfred Dreyfus qui ne fut que lieutenant colonel.  Le général Pierre Héring, gouverneur militaire de Paris déclara Paris ville ouverte le 14 juin et passa le reste de sa vie à défendre la mémoire de Pétain.

[9] Il suivit Pétain jusqu’à Singmaringen.


4 réflexions sur “ Joyeux anniversaire ! ”

  1. Il semble que vous ayez un compte personnel à régler avec les polytechniciens, cités 11 fois dans votre billet, toujours avec une connotation négative. C’est une présentation que l’on peut au minimum qualifier de très partiale. Pour l’information de vos lecteurs sur le rôle réel des X dans la résistance que vous semblez ignorer, je les engage à aller voir sur le site
    http://www.xresistance.org/
    Ils pourront y voir par exemple qu’il n’y a pas moins de 33 polytechniciens parmi les 1034 compagnons de la libération.

    PS : je suis polytechnicien, et donc par définition à vos yeux suspect, incompétent, voire collaborateur et pétainiste.

  2. Ne vous méprennez pas, ce ne sont pas les polytechniciens que je n’aime pas c’est le système ségrégationniste français.

    Lors de la dernière guerre mondiale, il eut 600 000 morts français http://www.crdp-reims.fr/memoire/bac/2gm/etudes/05morts.htm soit 1,5% de la population. Parmi eux on dénombre 400 polytechniciens http://www.polytechnique.edu/accueil/l-ecole-polytechnique/histoire-et-patrimoine/les-grandes-periodes/les-grandes-periodes-de-l-histoire-de-l-ecole-11174.kjsp?RH=1255945431851
    C’est sensiblement un ratio de l’ordre de 1%. Ils ont donc contribué comme les autres mais pas plus (voir même plutôt moins) au sacrifice de la Nation.

    Mais s’agissant de l’Elite, seulement 33 se trouvaient, dites vous, parmi les 1034 compagnons de la libération on aurait pu s’attendre à mieux. Mais je ne fait pas de procès spécifiquement à l’X puisque Marc Bloch, peu de temps avant d’être assassiné par les nazis a bien montré, dans un texte célèbre, que c’est l’ensemble de la méritocratie française qui a failli.

    Par contre je montre que l’école militaire la plus prestigieuse n’a pas procuré à l’Etat en 1940 les hauts cadres du commandement opérationel dont elle aurait eu besoin. Sans doute, dans l’entre deux guerre furent ils attirés par des positions plus lucratives! tout commes actuellement nos polytechniciens traders à la City, Chicago ou New York.

  3. J’avoue ne pas comprendre votre arithmétique :

    Vous citez le chiffre de 400 polytechniciens morts pour la France (MpF) pendant la seconde guerre mondiale, ce qui représenterait 1% de leur population, et vous comparez ceux-ci au 1,5 % de français (600 000) disparus pendant cette période. Je conteste tous ces chiffres et vos calculs.

    1) Vous comparez des choses qui ne sont pas comparables : d’un coté des MpF et de l’autre un nombre total de victimes. Ainsi que le souligne la source que vous citez, la majorité des victimes françaises de la seconde guerre mondiale ont été des victimes civiles (exode, déportation, bombardements). Si vous voulez comparer des choses comparables, comparez les aux 250 000 MpF et non pas aux 600 000 victimes totales. Le taux de MpF dans la population française pendant la seconde guerre mondiale a donc été 0,625%

    2) Votre affirmation 400 = 1% de la population de polytechniciens suggère qu’il y en aurait eu à l’époque 40 000. Sachant qu’une promo d’avant guerre comportait environ 200 élèves, cela représente 200 promos, soit bien plus que tous ceux sortis de l’X depuis sa création en 1794 ! Une estimation plus réaliste, mais encore très optimiste, serait d’environ 40 promos (tous les X entre 20 et 60 ans), soit seulement 8000, au grand maximum

    400 morts sur 8000, ça fait un taux de 5%, (et pas 1%) ce qui est huit fois plus que la moyenne nationale (0,625%).

    Votre argumentation qui tend à dire que les X étaient des planqués qui auraient « moins contribué au sacrifice de la Nation » ne tient pas, c’est même le contraire qui est vrai.

    3) Vous dites qu’il y avait « seulement » 33 X sur les 1034 compagnons de la libération et qu’on aurait pu s’attendre à mieux ». Je trouve cette affirmation assez stupéfiante. Cela représente 3,2 % de la population considérée (33/1034). Mais les X, une population d’environ 10 000 personnes maximum à l’époque, ne représentaient que 0,025% des français. C’est donc une sur-représentation de plus 100 fois !

  4. Je ne veux pas relancer la querelle de chiffres, mais je n’ai jamais parlé de planqués, Je crois pas par ailleurs que que l’on perde le titre de polytechnicien à la retraite qui n’était d’ailleurs pas à 60 ans à cette époque. J’ai simplement rappelé que le nombre total de morts n’était pas sensiblement différent de celui de la population générale.
    Par contre vous ne faite aucun commentaire sur le fait qu’en 1940 il y avait très peu de généraux exerçant un haut commandement opérationnel qui étaient passés par polytechnique. Et donc sur le fait que la plus prestigieuse école militaire ne formait plus le haut commandement.
    Par contre je persiste à dire que De Gaulle était bien seul à Londres le 18 juin 1940 et que l’élite mérotocratique n’était pas au rendez vous.

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