8 au 13 décembre, une folle semaine.

Lundi : le comité exécutif de l’UPMC se réunit aux aurores. Il dresse un bilan morose des propositions du ministère.  Des demandes d’explication et des protestations lui sont adressées, on va se tenir en contact toute la semaine.

Mardi 9 décembre : grande déclaration de Nicolas Sarkozy aux premières assises européennes de l’innovation où, après avoir dressé un portrait dithyrambique  de l’ancien ministre de Jospin, Claude Allègre, il réaffirme sans ambage : « Nous avons lancé en dix-huit mois des chantiers colossaux… Cinq milliards d’euros pour créer dix grands campus universitaires de rang mondial. Mais ce qui est extraordinaire c’est que l’on a réussi sans drame à faire accepter l’idée que tout ne se valait pas, qu’on pouvait choisir d’abord les meilleurs et que les autres devaient continuer à travailler. Quinze autres milliards d’euros en 5 ans seront investis dans l’ensemble de nos universités, enfin devenues autonomes ». Mais en réalité, depuis la veille on connait les chiffres, les six plus grandes universités française sont priées de rendre de 8 à 14 emplois l’an prochain et soumises à la diète budgétaire. Alors qui dit la vérité ? Qui croire avec ce gouvernement ? Dans le même temps les moyens sont maintenus voire renforcés dans les principales écoles d’ingénieurs.

Mercredi je reçois Mathilde, l’une des premières lauréates des doubles cursus Sciences et sciences sociales que Richard Descoing et moi avions créé en 2005. Elle effectue sa première année de master en politiques comparées à « Sciences Po » et s’interroge sur son avenir, elle est tentée sur la santé publique où l’aménagement du territoire, et voudrait que je la conseille pour un stage cet  été, je l’encourage à aller voir sur le terrain la réalité du travail des acteurs de santé communautaire. Elle me parle de sa dernière année de licence passée à l’université de Buenos Aires et de la qualité de l’enseignement qu’elle y a reçu. Elle a vingt ans, c’est très jeune pour donner une orientation définitive à sa vie, je lui donne quelques pistes et l’on se reverra. Je songe à ce cursus largement ouvert qui accueille des jeunes brillants de tout milieu à condition qu’ils ne soient issus des classes préparatoires. Le plus vibrant hommage nous a été rendu lors d’une prise de parole à l’issue de la séance de remise des diplômes en Sorbonne le 27 octobre par Marion Teulier représentante désignée par ses camarades étudiants¹ . Ce double cursus à fait école cette année il y en a trois de plus : Musique et sciences, Sciences et histoire, sciences de la vie et sciences politique et l’an prochain sans doute, Philosophie et sciences et Sciences et Civilisation chinoise. Là est le renouveau de l’université française.

Jeudi matin j’assiste avec jubilation à l’inauguration de l’institut de la vision, centre de recherche des quinze-vingt² , que j’avais porté sur les fonds baptismaux en 2001³ . Tout le monde est là du maire à la ministre en passant par le président de région. Tout le mérite en revient à José-Alain Sahel professeur d’ophtalmologie dans notre université et au conseiller d’Etat Pierre Bordry qui ont su avec constance réduire toutes les résistances. Je déjeune le midi avec le vice ministre de l’enseignement supérieur de l’Azerbaïdjan qui veut confier aux universités de l’alliance Paris Universitas la formation d’étudiants. Il est jeune et dynamique et me donne une autre idée des dirigeants de ce pays qu’on a un peu tendance chez nous à laisser de côté. En tous cas voici une utilisation astucieuse des revenus du pétrole et je suis sensible au fait que la France soit toujours aussi attractive par sa culture et sa science. Je suis  invité à Bakou l’an prochain et si j’y vais, ce sera pour le compte de Paris Universitas. En fin d’après midi, j’assiste au conseil d’administration de la MANU. La Manu est la première agence indépendante pour le développement des liens entre les étudiants et les entreprises. Créée par Julie Coudry ancienne présidente de la confédération étudiante, elle se donne pour mission de faire tomber les murs qui séparent encore le monde professionnel de l’Université. Entre autres activités, LA MANU  aidera les étudiants à valoriser leurs compétences, leur fera découvrir les techniques de recherche d’emploi et organisera des rencontres avec les entreprises. Une initiative des jeunes que je me dois d’encourager.

Vendredi, aux deux bouts de la journée je m’occupe un peu de restructuration hospitalière, mais il est trop tôt pour en parler aujourd’hui et comme on dit dans les feuilletons, la suite au prochain numéro.

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¹  Prise de Parole Marion Teulier
²  Centre national de recherche en ophtalmologie situé à la Bastille, derrière l’Opéra
³  Voir dans mon livre «quand l’université se réveille page 67

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