L’UPMC, tête de gondole des universités françaises au classement des universités mondiales pour leur activité de recherche.

De l’os d’Ishango (20 000 ans avant notre ère) aux sumériens le développement des mathématiques accompagne les découvertes. C’est Aristote qui crée la démarche scientifique. Mais ce n’est qu’au 13ème siècle que l’aristotélisme, propagé par les arabes, fut adopté par la scolastique et commença à infuser l’université naissante. Cependant, jusqu’à la Renaissance, la recherche scientifique est essentiellement l’œuvre de brillantes individualités qui payèrent souvent de leur liberté voire de leur vie la remise en question des dogmes religieux.

Les choses commencèrent réellement à changer au 16ème siècle avec la révolution baconienne, reprenant à son compte les utopies de Thomas More. Bacon imagine en particulier une « Maison de Salomon », précurseur de nos modernes institutions de recherche où sont rassemblés tous les moyens d’une  exploration scientifique du monde

Les grandes guerres des 19ème & 20ème siècles vont stimuler fortement la recherche et créer les conditions de la suprématie anglo-saxonne. Vannevar Bush coinventeur en 1927 d’un ordinateur résolvant des équations différentielles simples crée,  en 1950, la NFS, il sera son premier directeur. La Grande Bretagne crée très tôt des organismes de financement publics Indépendants de l’Etat : Recherche médicale 1913 ; Natural environment 1965 ; Biotechnologies 1994 ; Humanités, 1998 ; Ingénierie et physique 2002 ; Economie et sciences sociales 2003 ; En 2002 ils sont intégrés au sein du Reseach Council of United Kingdom

Pour combler son retard, la France crée les organismes de recherche entre les deux guerres. Elle les multiplie après la seconde guerre mondiale. Mais la parcellisation qui en résulte devient un handicap et accroît la césure avec l’enseignement supérieur. L’ANR est créée en 2007 mais reste concurrencées par les organismes et étroitement surveillée par l’Etat. Son éthique reste à établir.

En 2008, Simon Marginson professeur au Centre for the Study of Higher Education de l’université de Melbourne fit une analyse pertinente de la  jonction-recherche innovation :  » L’irruption de l’économie de la connaissance depuis le déploiement d’internet Il y a 20 ans constitue un tournant dans l’histoire humaine comparable aux révolutions Industrielle et néolithique. Le monde devient une zone unique de communication et de savoir tout en restant  divers du point de vue politique, linguistique et culturel. Tandis que la politique économique est déterminée par des intérêts personnels et nationaux et le développement mondial très inégalitaire, les découvertes scientifiques, les cultures et les conceptions de la vie deviennent universelles. L’analyse néo-libérale sous-estime le dynamisme de la révolution induite par l’internet et ne veut pas voir que la plus grande partie de l’information et de la connaissance n’est pas monnayable mais constitue des biens librement transférables. Lorsque la connaissance est disponible en libre accès, le « first mover advantage » disparaît  car les nouveautés sont reproductibles pour des coûts infimes. C’est pourquoi, la connaissance en libre accès progresse beaucoup plus rapidement que celle qui emprunte les mécanismes du marché.  Le copyright ne remplacera donc plus l’évanescent « first mover advantage ». Le copyright n’est plus seulement difficile à réglementer, il est violé tout le temps ! « 

Dans les années 1970, le modèle d’intégration des jeunes entreprise innovantes en biotechnologies et en informatique apparait aux Etats Unis, au cœur de clusters universitaires. Là où s’étalaient des vergers, c’est le concept de « Silicon Valley ». Ce concept influera grandement sur la première révolution culturelle de la recherche française impulsée par jean Pierre Chevènement. L’idée qui faisait florès il n’y a pas si longtemps que des régimes stricts de propriété intellectuelle pour les universités renforceraient la commercialisation des résultats de la recherche est maintenant remise en question. En effet, la commercialisation nécessite le secret pour que les firmes s’approprient les bénéfices des résultats de la recherche alors que les universités pourraient jouer un rôle plus bénéfique pour l’économie en les divulguant et en les diffusant. La protection de la propriété intellectuelle augmente le coût de la connaissance pour les utilisateurs, alors qu’un objectif politique important est de le réduire pour l’industrie. De plus la commercialisation des résultats n’est adéquate que pour un petit nombre de secteurs tels que le biomédical et l’électronique. Et si la création de résultats protégés reste tout de même un objectif secondaire d’une université et que ceux-ci ne sont pas placés en libre accès, cela retarde l’utilisation des découverte et donc est un facteur négatif pour le pays qui a financé la recherche de cette université. 

C’est pourquoi l’OCDE a changé ses priorités passant de la défense de la propriété intellectuelle vers l’accès libre des connaissances et des résultats de la recherche. Dans sa livraison de 2008 : « Tertiary Education for the Knowledge Society », l’OCDE indiquait que les formations supérieures et la diffusion de la connaissance sont fondamentales pour le développement des capacités de recherche et de développement. L’ouverture des laboratoires en développant les collaborations, les contacts informels entre les universitaires et les industriels, la participation aux séminaires et aux congrès, l’utilisation de la littérature scientifique peuvent tout autant être utilisés pour transférer les connaissances du secteur public vers le secteur privé. Il est devenu très clair que des contacts accrus et directs sont nécessaires entre les universités et les entreprises. 

La recherche reste encore d’abord l’affaire de chaque chercheur : savoir poser une hypothèse, rechercher la stratégie et les moyens qui permettent de l’infirmer où de la dépasser. Ceci est vrai aussi bien pour les expériences de pensée des philosophes où des mathématiciens que pour les molécularistes, les physiciens voire les bio-hackers. Cependant, l’énorme masse de documents en circulation ou déposés au sein des bibliothèques, la nécessité d’avoir accès aux grands instruments rend nécessaire une  organisation plus complexe. La nécessité de renforcer les liens entre les formations supérieures et la recherche dans tous les domaines, le poids croissant des doctorats partout dans le monde remet les universités au centre du dispositif. 

C’est en tous cas en ce sens que j’ai réorganisé l’organisation de la recherche à l’UPMC l’année 2004 : responsabilisation des chercheurs quels que soient leurs statuts, rôle central d’équipes de recherche auto-constituées, évaluées et labellisées, réduction au minimum de la bureaucratie de gestion. La détermination collective des objectifs tous les quatre ans par la préparation du contrat quadriennal, étape où toutes cartes peuvent être rebattues, en fut un moment fort.

 Depuis cette date, les équipes de recherche ont la maîtrise de leurs moyens.  les financements contractuel (P4, ANR, Europe, Industrie),  y compris des financements de moyens humains, sont sécurisés. Une délégation de signature est donnée aux directeurs de laboratoires et aux responsables d’équipe, une délégation du pouvoir adjudicateurs de marchés est donnée au directeur de laboratoire avec mise à disposition de cartes bancaires Eurocard Mastercard. Une procédure budgétaire globale annuelle est organisée, les laboratoires font une demande financière et d’ouverture d’emploi pour la recherche et pour les emplois d’appui. Le budget ouvert le 1er Janvier puis un contrôle des dépenses en continu est réalisé. Il est clos le 31 décembre et toutes les sommes non dépensées, à l’exclusion des contrats externes, sont versées à un fond de roulement pour la recherche.

Organigramme de la recherche  l’UPMC :

Un vice président recherche et innovation siège au comité exécutif
Propose les arbitrages au comité exécutif, pilote une direction dédiée.
Une direction dédiée à la recherche, aux relations industrielles & aux contrats
Gère le budget, suit les indicateurs recherche et les dossiers
Gère les appels à propositions et fournit un appui aux laboratoires
Gère les surfaces recherche et le fond de réserve d’investissement
Gère le service des activités industrielles et commerciales
Gère le service dédié aux contrats européens
Suit l’élaboration du contrat recherche
Coordonne les actions avec les partenaires (O d R, Universités, Autres)
Une instance d’élaboration des décisions : le Directoire de la recherche
Répartition des crédits récurrents tous les quatre ans
Propose des appels d’offres pour l’utilisation du préciput et des positions doctorales et post-doctorales
Prépare les propositions au Conseil Scientifique
Prépare sous la responsabilité le volet recherche du plan

C’est ce dispositif qui a permis de maintenir l’UPMC comme première université française de recherche. Malheureusement, c’est loin d’être le cas des autres universités françaises comme le montre le classement ARWU 2016.

Rang Français Rang Mondial Universités ou  Grandes Ecoles total Alumni Awards HiCi N&S PUB PCP
1er 39e UPMC 34,518 33,60 27,40 20,55 29,70 61,90 25,30
2e 46e Paris-Sud 32,496 30,30 54,30 10,30 17,60 47,90 27,70
3e 88e ENS – Paris 26,174 48,90 28,00 0,00 18,30 26,20 62,40
4e 104e Paris Diderot 24,847 11,50 9,40 17,80 31,70 46,30 21,40
5e 112e Aix Marseille 24,009 13,60 0,00 20,50 24,00 51,20 30,10
6e 115e Strasbourg 23,601 25,10 28,80 10,30 17,60 35,20 22,20
7e 165e Paris Descartes 19,056 11,50 9,40 14,50 14,10 41,00 17,10
8e 192e Grenoble 17,759 0,00 14,90 20,50 19,50 23,70 16,70
9e 193e Bordeaux 17,616 0,00 0,00 20,50 17,90 39,20 17,30
10e 257e Lorraine 15,390 11,50 16,30 0,00 10,50 33,10 19,40
11e 258e Paul Sabatier Toulouse 15,370 0,00 0,00 10,30 20,80 36,80 14,70
12e 274e Lyon 14,890 10,30 0,00 0,00 19,40 40,50 15,70
13e 302e Polytechnique 14,083 21,80 0,00 10,30 10,10 25,80 23,70
14e 305e ENS – Lyon 14,042 0,00 20,00 0,00 11,90 21,60 30,50
15e 320ème ESPCI Paris 13,654 7,30 18,80 0,00 12,70 15,50 32,40
16e 322e Montpellier 13,593 10,30 0,00 0,00 16,40 37,60 14,80
17e 346e Dauphine 12,898 20,50 26,00 0,00 0,00 14,10 25,60
18e 377e Toulouse SE 12,143 0,00 29,80 10,30 0,00 10,10 18,50
19e 430ème Versailles StQ 11,193 0,00 0,00 17,80 8,00 21,10 15,80
20ème 469e Paris Sorbonne 10,427 0,00 0,00 0,00 3,70 37,10 20,50
21er 480ème MINES Pari 10,284 13,60 24,90 0,00 3,70 8,00 13,90
22e 484e Nice SA 10,243 0,00 0,00 0,00 17,90 25,60 13,30

Total : score combiné
Alumni : reconnaissance des anciens étudiants
Awards : prix Nobel ou médaille field
HiCi : nombre d’articles les plus cités comme première institution
N&S : articles dans les revues Nature et Sciences
PUB : nombre de publications dans des revues internationales
PCP : pondération relative à la taille introduite à la demande des grandes écoles

Gilbert Béréziat le 30 août 2016

 

Quand je suis devenu Mécréant et adepte de l’égalité hommes-femmes.

J’avais reçu  une éducation catholique standard. Mais, après mai 68, la mort de mon père, j’ai pris du recul avec l’Église. Je suis devenu alors sceptique puis franchement agnostique en même temps que ma culture scientifique progressait. Peu me chaud maintenant la question controversée de savoir ce que sera l’état de mon âme après la mort, question qui avait conduit Servet au bûcher[1]. J’étais imprégné des propos d’Alain, de son refus de l’obscurantisme : « Tant que l’on n’a pas bien compris la liaison de toutes choses et l’enchaînement des causes et des effets, on est accablé par l’avenir, un rêve ou la parole d’un sorcier tuent nos espérances». Les prêtres n’étaient ni plus ni moins que des sorciers, Nipsiis mire libido foeda revixix[2].

Je pense que mon épouse est restée croyante. Mais l’attitude de l’Église lors du coup d’État au Chili a changé bien des choses pour nous. Le 11 septembre 1973, en effet, refusant d’être capturé, Salvador Allende, président élu du Chili, s’était donné la mort dans son palais présidentiel de la Moneda, assiégé et bombardé depuis le matin par l’armée putschiste conduite par le général Pinochet. Six mois auparavant, l’unité populaire qui soutenait Allende avait gagné les élections, frôlant la majorité absolue. L’armée chilienne n’avait pas de tradition golpiste, plusieurs généraux, restés fidèles à cette conception loyaliste, le payèrent de leur vie. Le général Carlos Prats Gonzales, vice-président d’Allende, poussé à la démission par les radicaux de l’armée quelques semaines avant le coup d’État, fut assassiné en exil avec son épouse le 24 septembre 1974. Ce fut également le cas du général de l’armée de l’air Alberto Bachelet, petit-fils d’un œnologue bourguignon LouisJoseph Bachelet Lapierre et d’une anthropologue Angela Jeria Gomez. Arrêté et longuement torturé, il décédera la même année en captivité. Une commission sénatoriale des États-Unis démontra aposteriori que le coup d’État avait été accueilli favorablement à Washington. Il est établi que les services secrets des États-Unis y jouèrent un rôle important.

La participation de la CIA[3] au putsch de 1973 au Chili n’avait rien d’une première. En Grèce, elle avait contribué au coup d’État de la junte en 1967. Comme plus tard pour l’Afghanistan les État-Unis reçurent en boomerang, l’assassinat de l’ancien ministre chilien des affaires étrangères, Orlando Letelier, et de sa collaboratrice américaine, Ronni Moffitt, à Washington en 1976. Cet assassinat avait été organisé par le chef de la police secrète chilienne le général Contreras. L’ancien ministre communiste de l’économie, José Cademartori, fidèle de Salvador Allende, déclara en 2003 à ce sujet : «[le coup d’État] était prévisible. Ce qui l’était encore plus, c’était que les secteurs privilégiés allaient agir. La question était dès lors : comment isoler ceux qui seraient prêts à recourir à la force. Je pense qu’il nous a manqué du temps, peut être deux ans, pour gagner à nous des secteurs significatifs de l’armée. Nous savions qu’il y aurait des tentatives. Et nous étions prêts à affronter un coup d’état partiel, nous appuyant sur les masses. Des plans existaient. Mais, le 11 septembre, nous avons vite compris que le putsch était de caractère «institutionnel», c’est-à-dire qu’il était appuyé par l’ensemble des forcesarmées. Le coup était très bien préparé. Allende a donc refusé d’appeler à un soulèvement populaire. Cela aurait été un massacre. Il le dit très clairement dans son dernier discours.[4]»

C’en était trop pour nous lorsque l’on apprit la monstruosité que fut, non pas comme il a été parfois dit, la célébration d’un Te Deum par monseigneur Silva Henriquez archevêque de Santiago en l’honneur de la junte militaire, mais sa participation à une prière pour la paix en présence de dignitaires de la junte, ce qui s’apparentait fort à une bénédiction du régime, nous cessâmes de nous reconnaître dans l’Église catholique. Nonobstant du besoin que l’on a ou non de postuler l’existence de Dieu pour son équilibre psychologique, le christianisme décliné par l’Église catholique et certaines Églises protestantes une fois que les lectures d’Erasme et de Rabelais m’eurent affranchi des aimables fables de la génèse biblique, m’a toujours paru supérieur aux autres croyances en ce sens qu’il acceptait des évolutions doctrinales et rituelles avec l’évolution de la société. L’Islam et le Judaïsme me semblaient vraiment trop rétrogrades et hypocrites !

Je ne pouvais plus avaler depuis longtemps le dogme de « l’immaculée conception ». Contrairement aux croyances populaires, le 15 août n’a rien à voir avec la conceptrice de Jésus de Nazareth. Dans la vision étriquée des chrétiens du moyen âge, la mère de Jésus ne pouvait être que vierge lors de sa conception. Ce sont les évangiles qui expliquent comment : l’ange Gabriel annonça à une jeune vierge juive dans qu’elles conditions elle allait accueillir un Tanguy. La question de foi repose donc sur la possibilité qu’un « Intelligent Design » ait pu provoquer la fécondation d’un ovule marial (il n’y a guère que quelques attardés du bas middle ouest qui croient encore à cette histoire de côte d’Adam). Mais malheureusement, pour les intégristes chrétiens de toute obédience, nous savons aujourd’hui que c’est l’ovule qui choisit son spermatozoïde et pas l’inverse. Sans compter qu’il est quasiment acquis que ce pieux sanctuaire, ce vase d’élection, ait probablement par la suite accueilli d’autres semences. La virginité perpétuelle de Marie qu’affirment les Eglises catholique et orthodoxe est donc un leurre. A moins que cette virginité ne soit qu’un concept ésotérique de plus. La fête de l’Assomption est probablement née à Jérusalem au 4ème siècle lors de la consécration d’une église dédiée à Marie située entre Nazareth et Bethléem, ou à Gethsémani deux siècles plus tard. La fête fut étendue à tout l’Empire romain par l’empereur Maurice sous le nom de « Dormition de la Vierge Marie ». Grégoire de Tours est le premier à en parler en France, à la fin du VIe  siècle. A partir de cette date, l’Eglise fera de Marie un produit d’appel. Elle sera instituée fête nationale par Louis XIII jusqu’à la Révolution française. Le 19 février 1806, Napoléon en fera la Saint Napoléon en l’honneur de sa naissance un 15 août à Ajaccio. Elle redeviendra la fête de l’Assomption et deux ans plus tard. C’est la République restaurée qui en fera un jour férié. Ca ne coûtait pas grand-chose puisqu’à la mi-août, « les noisettes ont le ventre roux »  et que « la vierge du mois d’août, arrange tout ou défait tout ».

S’il fallait relier le 15 août à une manifestation de la place éminente des femmes dans la société, il serait plus opportun de se rappeler que trente années environ avant la naissance de celui qui deviendra le Christ, un 15 août, Cléopâtre mettait fin à la dynastie ptolémaïque et à sa vie à 39 ans. Elle le fit pour échapper à l’avide Octave, le futur Auguste et premier empereur romain, fils adoptif de son ancien amour, le dictateur Jules César , quelques jours après qu’Antoine, son compagnon d’infortune eut été battu à plate couture à la bataille d’Actium. Il faudra attendre la fin du 19ème siècle pour que les suffragettes américaines obtiennent le droit de vote pour les femmes. Le premier état au monde à le leur accorder fut le Wyoming, état du Far West, en 1869, Il faudra toutefois attendre le 28 août 1920 pour que la Constitution américaine soit modifiée et autorise le vote des femmes de manière définitive sur tout le territoire. Les suffragettes anglaises, sous la houlette d’Emmeline Pankhurst , l’obtiennent en 1928.

La France toujours à la pointe du progrès ne suivit qu’après la deuxième guerre mondiale. D’ailleurs l’abbé Sieyès en 1789, classait les femmes, comme les enfants, dans la catégorie des citoyens passifs et le code Napoléon n’accordait aucun droit juridique aux femmes mariées. Après trois millénaires d’une civilisation brillante, l’Egypte va connaître six siècles d’occupations diverses puis l’arabisation forcée, le joug Ottoman, enfin le protectorat britannique en 1914 dont elle ne se libérera qu’en 1922. Même dans les pays les plus avancés, la situation de la femme est loin d’être arrivée à un point d’équilibre avec celle des hommes. Dans les pays de traditions catholique et orthodoxe, le culte marial n’y est sans doute pas étranger. Mais les autres religions monothéistes, à l’exception peut être de quelques succursales protestantes ne sont guère plus tendres avec les femmes, et de ce point de vue l’islam et le judaïsme n’ont pas grand-chose à envier à religion catholique.

Ce n’est qu’une quinzaine d’années plus tard que je repris contact avec la réflexion sur le religieux à la lecture de « l’Histoire des origines du christianisme » d’Ernest Renan que je lus en totalité lors de mon second séjour en amérique latine au début des années quatre-vingt-dix. Cette lecture en appela d’autres, en particulier celle de « l’histoire du peuple d’Israël » puis, plus récemment celle des récits chrétiens des premiers temps, qu’ils soient gnostiques, inter-testamentaires ou apocryphes sans pour autant modifier mon attitude face à l’impossibilité de résoudre l’énigme du vivant confronté à l’inéluctabilité de l’Eschaton lorsque la nébuleuse Andromède aura percuté la Voie lactée et que l’astre dont il tire son énergie aura disparu

[1] – Michel Servet, médecin aragonais découvreur de la circulation pulmonaire, partisan de la Réforme fut supplicié le 26 octobre 1553 sur ordre de calvin.

[2] – Le célibat des prêtres les perdaient de désir.

[3] – Central intelligence agency.

[4] – Benito Perez. au cœur du premier putsch néolibéral. Le courrier, 10 septembre 2003.