La nécessaire césure entre la licence et le master conditionne aussi la réussite en Licence et l’unicité du cycle Master

Jean Chambaz, Christine Clérici, Barthélémy Jobert et Bruno Sire viennent d’en faire la démonstration dans Le Monde du 26 août

Les universités françaises sont confrontées à un problème nouveau, celui d’un vide juridique concernant la sélection des étudiants à l’entrée en deuxième année de master (bac + 5) en raison de l’absence d’un décret d’application. Profitant de ce constat, certains voudraient qu’on abandonne toute idée de sélection dans les universités, quelle qu’en soit la forme et quel qu’en soit le niveau.

Ainsi, non seulement elles ne pourraient plus sélectionner leurs étudiants à l’entrée de la cinquième année, mais pas davantage à l’entrée en master ou en cours de licence. Ce serait contraire à ce qu’elles faisaient depuis presque cinquante ans, et à contresens de ce qui a redoré l’image des universités françaises et permis d’attirer à elles de plus en plus d’excellents étudiants. Malgré son extrême sensibilité, il est urgent d’aborder cette question de front, en toute lucidité et sans faux-semblant.

Interdire en France aux seules universités d’appliquer une méthode qui a fait ses preuves dans le reste du monde les affaiblirait durablement. Suivre les discours illusoires contre la sélection ne réglera en rien le niveau élevé d’échec en premier cycle et provoquera de façon certaine la fuite des meilleurs en dehors du système universitaire. Ce serait en complète contradiction avec l’ambition affichée par l’Etat d’une démocratisation de l’enseignement supérieur par le biais des universités attrayantes et capables de rivaliser avec les meilleures en Europe et dans le monde. Il est urgent de mettre en place les textes réglementaires qui conforteront l’efficacité de notre système de formation et de recherche universitaire.

Parce qu’elles sont d’abord des lieux de production des savoirs, les universités sont considérées comme le creuset de l’innovation et participent ainsi au rayonnement international de leur pays. L’enseignement qu’elles dispensent est le prolongement naturel de cette production scientifique. Celle-ci reste avant tout une affaire d’hommes et de femmes qui font des choix épistémologiques et méthodologiques qui leur sont propres. Il en résulte une diversité qui fonde et caractérise le monde universitaire.

Bases solides nécessaires

De ce fait, en France comme ailleurs, tous les diplômes universitaires ne sont pas équivalents, même s’ils sanctionnent un même niveau d’études. Parce que les enseignants-chercheurs sont différents, les contenus des formations diffèrent nécessairement. Une simple observation des flux d’étudiants au niveau master et doctorat montre que certaines universités sont plus attractives que d’autres parce que les chercheurs qui y enseignent jouissent d’une meilleure reconnaissance internationale sur le plan scientifique. La question de la sélection entre le master 1 (bac + 4) et le master 2 (bac + 5) actuellement débattue doit se comprendre dans ce contexte général. Mais elle se pose aussi dès l’entrée en licence (bac et bac + 2).

Si trop d’étudiants échouent ou abandonnent en licence, c’est souvent parce qu’ils ne sont pas dans la formation qui leur correspond. Les universités ne sauraient être le refuge obligé des bacheliers refusés ailleurs (classes préparatoires, IUT, écoles…). Comment croire que l’on peut entrer dans n’importe quelle filière à la sortie du bac quel que soit son bac, alors que, de fait, on a suivi une formation spécifique dès son entrée en seconde ? Par quel miracle les compteurs seraient-ils remis à zéro ? Des bases solides dans les matières scientifiques sont nécessaires pour réussir dans les parcours scientifiques, de même un certain niveau de langue étrangère est indispensable pour réussir en licence de langues et civilisation, etc. Nier cette évidence, c’est envoyer les étudiants à l’échec dans des cursus pour lesquels ils ne sont pas préparés. Améliorer la réussite en licence passe donc par une meilleure orientation, et par l’acceptation de la sélection qui en découle.

Refus de prérequis préoccupant

Le refus de prérequis qui permettent d’orienter les étudiants en master est encore plus préoccupant pour l’avenir des universités. Si le diplôme de licence reconnaît l’acquisition des compétences d’un niveau bac + 3, il ne suffit pas pour autant à garantir le succès dans n’importe quel master de n’importe quelle université. Les prérequis ne sont pas les mêmes selon les établissements et les parcours dans lesquels on s’inscrit. Pour réussir dans certains masters il faut avoir montré des capacités qui vont au-delà de la simple validation de trois années d’études supérieures, car il faut aussi que soient pris en compte les résultats dans certaines matières et le temps qu’il a fallu à l’étudiant pour les valider.

L’accès des étudiants au master ne peut pas reposer sur un système automatique du type du système d’admission post-baccalauréat (APB). Si une orientation doit être organisée entre la licence et le master, elle doit être fondée sur les prérequis de chaque master et les compétences acquises par chaque étudiant. Elle doit s’appuyer sur un portail d’information national, pour que chacun sache où il peut candidater, et sur la possibilité laissée à chaque établissement d’établir ses propres règles de recrutement, dans le cadre de l’accréditation donnée par le ministère. Il n’y aurait plus alors de raison de sélectionner entre la première et la deuxième année de master.

Lutter contre l’échec, en master comme en licence, doit ainsi nécessairement passer par une orientation active des bacheliers lors de leur entrée à l’université

Lutter contre l’échec, en master comme en licence, doit ainsi nécessairement passer par une orientation active des bacheliers lors de leur entrée à l’université, puis des étudiants en cours de cursus. Dans les dispositifs d’orientation postbac, les universités seront d’autant plus efficaces que chacune d’entre elles pourra définir ces prérequis, répondre aux attentes des étudiants à fort potentiel en leur donnant l’opportunité de bénéficier d’une formation adossée à la recherche, et offrir des passerelles dès les premières années pour que chacun puisse aller au bout de ses ambitions et de ses capacités intellectuelles. Les cursus sélectifs en licence comme en master qui fonctionnent aujourd’hui, et qui pourraient disparaître demain si rien ne vient combler le vide juridique sur lequel les récentes décisions de justice s’appuient, ont largement contribué à faire des universités des lieux de formation d’excellence. Donner un coup d’arrêt à ce mouvement représente une grande menace sur l’existence d’un service public universitaire de haut niveau et sur sa capacité à assurer des formations internationalement reconnues.

Jean Chambaz, Christine Clérici, Barthélémy Jobert et Bruno Sire sont respectivement présidents des universités Pierre-et-Marie-Curie, Paris-Diderot, Paris-Sorbonne et Toulouse-Capitole. Ils sont aussi président et membres du bureau de la coordination des universités de recherche intensive françaises (Curif).

Article de Riss à Méditer : Le conflit qui rend fou

Il y a des mots qui fonctionnent comme des détonateurs. Prononcez « Israël », « colonies », « Palestinien », « Tel Aviv » et aussitôt la meute déboule. A la suite d’un tweet contre l’opération « Tel-Aviv sur Seine », lancée par la mairie de Paris, le Web s’est enflammé et cinq cents policiers ont été mobilisés pour protéger les sites de Paris Plages. Israël-Palestine, depuis le temps que cette histoire dure , on ne sais plus comment en parler. D’ailleurs on n’en parle plus.

Le conflit israélo-palestinien est tellement vieux qu’on a l’impression d’être nés et d’avoir grandi avec lui. On est entré en maternelle avec lui, on a passé le brevet des collèges avec lui, on s’est dépucelé avec lui, on a décroché le bac avec lui, on a obtenu le permis de conduire avec lui, on s’est marié avec lui, on a divorcé avec lui, on est parti en vacances en caravane avec lui, on a pris sa retraite avec lui, et si ça continue, on ira un jour peut-être au cimetière une dernière fois avec lui. Plus qu’un conflit c’est un compagnon de route. Qui nous a fait découvrir des figures incroyables : David  Ben Gourion, toujours coiffé avec un pétard, Golda Meir et ses rides bibliques, Moshe Dayan et son bandeau, tout droit sorti de Tintin au pays de l’or noir, Yasser Arafat et son torchon à jambon sur la tête.

Alors, pourquoi tout ce raffut pour « Tel-Aviv sur Seine » ? Parce que, depuis toutes ces années, les Palestiniens n’ont ni pays ni droits semblables à ceux des israéliens. Si Israël avait été créé un siècle plus tôt, en 1848, la colonisation n’aurait dérangé personne. A cette époque, les américains implantaient dans l’Ouest des colonies, puis des postes militaires pour les protéger, tronçonnant ainsi les territoires des Indiens jusqu’à les repousser dans des réserves. Exactement la même technique d’Israël avec la colonisation de la Cisjordanie, qui ressemble de plus en plus à une réserve indienne. Mais ce qui était possible au XIXe siècle ne l’est plus au XXe ni au XXIe. La colonisation est une technique terriblement efficace, mais politiquement c’est un anachronisme. On ne peut plus construire un pays en ignorant ainsi le droit international. Les pessimistes pensent qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien. Si c’est vrai, ce sera le premier cas dans l’histoire du droit moderne où l’existence d’un Etat – Israël – aura été conditionnée par la non-existence d’un autre Etat – celui des Palestiniens. Comment le droit international du XXIe siècle pourrait-il justifier une telle hérésie juridique.

Au milieu de ce champ de bataille, les intellectuels et artistes israéliens se sentent pris en otage. Par ceux qui en Europe veulent boycotter les manifestations culturelles où ils exposent leurs œuvres. Mais aussi par une parie de la classe politique israélienne. En 2012, dans Ha’aretz, les artistes de Tel-Aviv exprimaient leur colère d’être exploités par les politiciens israéliens : « C’est sans doute sous Ron Huddai (Maire de Tel-Aviv) que l’exploitation touristique et  mercantile des arts et des artistes a atteint les sommets du cynisme et de décérébration écœurants. Certes dans cette ville, les artistes ont toujours joué le rôle de bouffons de cour pour la classe possédante des géants de l’immobilier et de la finance. Ce qui est nouveau c’est que les artistes ont commencé à comprendre dans quelle pièce on les faisait jouer ». Tel-Aviv avec sa modernité et son ouverture d’esprit, apparaît comme un village Potemkine, une façade présentable pour cacher la misère.

La misère c’est, c’est d’abord celle du droit, inexistant pour les Palestiniens. Lors d’un voyage à Jérusalem, des rabbins progressistes m’expliquèrent leurs actions pour défendre les Palestiniens menacés d’expulsion devant les tribunaux israéliens. Ils n’ont jamais réussi à empêcher une expulsion, mais se sentent obligés d’agir pour tenter de créer un peu de droits pour les Palestiniens. Ils ne faisaient pas ça par naïveté, mais parce qu’ils aimaient leur pays et qu’ils étaient gêné de voir les Palestiniens aussi démunis juridiquement face à l’arbitraire de leur Etat. Un peu comme ici lorsque des militants se mobilisent pour les droits des sans-papiers ou des migrants, histoire de ne pas trop avoir honte d’être français. Les familles des Palestiniens que défendaient ces rabbins étaient polies avec eux et reconnaissant, mais elles les regardaient avec une pointe d’ironie et de détachement : comment pouvaient-ils croire sérieusement qu’ils allaient les sortir de cette impasse ?

On peut faire tous les jumelages qu’on veut avec Tel-Aviv, Ouarzazate ou Pétaouchnoc, c’est sympa, ça part d’un bon sentiment, mais ce conflit déprimant ne trouvera sa solution qu’avec un peu de droit. Même si l’Etat Palestinien ne doit pas être plus grand que le Vatican ou Monaco, il faudra bien le créer un jour pour acter l’existence juridique des Palestiniens dans le monde.

Une dernière info : des jeunes Palestiniens de la bande de Gaza, déçus par le Hamas, se réclameraient de Daech. Le Hamas et Daech, un beau jumelage en perspective.

Charlie Hebdo n° 1204 le 19 août 2015

L’Europe est-elle une utopie nécessaire.

L’épisode dramatique de la vie politique grecque a révélé bien des contradictions de la construction européenne et renseigne aussi sur l’état de l’opinion des européens aujourd’hui. Je suis de la génération née durant la dernière guerre mondiale dans une famille ouvrière. Notre éducation a été nourrie par les luttes de nos aînés pour l’émancipation, par la prise de conscience des conséquences de la grande guerre et par la nocivité des idéologies fascistes et nazies, par l’illusion qu’un modèle alternatif au capitalisme débridé existait bel et bien à l’Est. Nos enfants ont aussi été éduqués à cette aune, mais avec nos petits enfants, dont certains arrivent à l’âge adulte, ces souvenirs s’estompent. Peu de pays en Europe ont en fait connu ce schéma. D’une part l’Espagne, le Portugal et la Grèce continuèrent à être régies par des dictatures assassines, d’autre part beaucoup de pays qui avaient subi avec dureté le dernier conflit mondial furent placés sous domination soviétique avec des régimes qui n’avaient de démocratique que le nom et étaient tout aussi meurtriers. L’Allemagne et l’Italie, les principaux artisans du conflit, étaient de fait sous tutelle. Dans ce contexte quelques esprits éclairés, à la suite de l’appel de Winston Churchill, le Belge Paul-Henri Spaak et les français Jean Monnet et Robert Schuman se firent les VRP d’une démarche visant à créer les Etats-Unis d’Europe. Mais il faut bien convenir qu’en France tant les gaullistes que les communistes s’efforcèrent avec un certain succès à entraver la marche en avant. Les vingt années qui suivirent l’après-guerre virent se mettre en place à bas bruit une petite Europe (Royaume Uni, République Fédérale Allemande, Bénélux, France et Italie) qui permit une amélioration sociale et économique constituant le noyau dur de l’Europe alors que les satellites de l’URSS et les pays de l’ouest sous dictature restaient en retard.

Partout en Europe cependant la jeunesse fermentait car les carcans sociaux et religieux étaient de moins en moins supportés et aboutirent aux divers mouvements de 1968. L’Europe de l’Est à l’Ouest, bousculée à des rythmes divers par l’émergence des nouvelles technologies de l’information (radios libres, informatique, etc.) et la soif de nouveauté les pouvoirs durent lâcher du lest sur les questions de morale et de sexualité. Les vingt années suivantes l’intrication des économies va induire la nécessité d’une ouverture des frontières intra-européennes procurant une fluidité plus grande des jeunes dans cet espace. La fin des dictatures d’Europe de l’ouest au Portugal, en Espagne et en Grèce va renforcer ce grand mouvement de brassage renforcé par l’arrivée du Danemark. L’Union Européenne disposait d’une assise confortable mais elle restait avant tout une confédération lâche ne disposant ni d’une monnaie ni d’une libre circulation. Entré en application le 1er juillet 1987, l’acte unique européen avait pour but de redynamiser la construction européenne en fixant l’achèvement du marché intérieur à l’année 1993, permettant la libre circulation également des capitaux et des services. Mais l’acte européen demeure une cote mal taillée puisqu’elle laisse aux états, en théorie du moins, la maîtrise de leur politique étrangère, économique, sociale et sécuritaire alors que la libre circulation devient la règle et la monnaie unique, à laquelle le Royaume Uni refusa d’adhérer, ne put s’appuyer sur une gouvernance solide.

L’effondrement de l’union soviétique va considérablement modifier l’évolution de l’Europe. Une fois passée l’euphorie d’une liberté toute hypothétique envers laquelle il faut bien convenir, seul parmi les grands dirigeants occidentaux, Mitterrand manifesta de sérieuses réserves, se créa une fenêtre d’opportunité où va s’engouffrer un ultralibéralisme débridé dont les résultats en Russie sont encore terrifiants aujourd’hui ne serait-ce que par le recul de l’espérance de vie et l’atomisation de sa périphérie. Les couches populaires de l’Europe occidentale en seront les victimes expiatoires et rares furent les pays à pouvoir préserver l’Etat providence. Par une cruelle ironie de l’histoire, l’Espagne, le Portugal et la Grèce qui pensaient pouvoir se l’approprier en sont les victimes résiduelles sans qu’aucune solidarité ne se manifeste parmi les pays de l’ancien glacis soviétique tant y était discrédité tout ce qui provenait de l’Etat. Dans le même temps, l’Allemagne réunifiée, qui bénéficia d’une large solidarité de l’union européenne pour remettre à flot sa composante orientale, se retrouva sous la houlette du chancelier social-démocrate Schroeder, devenu depuis l’icône de tout ce que la France compte d’économistes peu imaginatifs, relança la politique du tout à l’Est en poussant à l’arrivée dans l’Union européenne du glacis soviétique et en regardant Eltsine puis Poutine comme les yeux de Chimène jusqu’à ce que la Crimée puis l’Ukraine ramènent ses successeurs à la réalité.

Dans le même temps l’unilatéralité libérale déstabilisait fortement le continent africain et le Moyen-Orient créant les conditions de l’émergence d’un islam simpliste et radical qui allait aussi trouver des adeptes parmi la progéniture des travailleurs émigrés d’Europe occidentale dont l’intégration à nos pays n’avait pu se réaliser pleinement dans un contexte économique dégradé où les couches moyennes et les retraités n’entendaient pas se laisser déborder. L’afflux de réfugiés dont on ne sait s’ils sont politiques, économiques ou d’opportunité a changé gravement l’ambiance politique générale entrainant la renaissance des sentiments identitaires dans l’Europe du nord et de l’est, et renforçant l’impatience de la jeunesse et des indignés de l’Europe du sud. Il serait stupide de prêter la main à ceux qui se saisissent de cette occasion pour trouver la cause de la situation actuelle dans la fermentation des années autour de mai 68, le mal absolu pour la pensée néo-réactionnaire, avec des nuances entre un Donald Tusk et un Nicolas Sarkozy mais qui tous les deux regrettent la levée des interdits de la civilisation judéo-chrétienne. D’une certaine manière, ils se font les complices de la montée des interdits de la civilisation de l’islam tout en accentuant leur convergence vers ceux qui veulent faire sauter le rejet du racisme et de la xénophobie.

Devant cette situation il faut faire le pari de la jeunesse et du melting-pot. De ce point de vue je considère que la principale avancée de l’union européenne réside dans le programme Erasmus, que la droite européenne voulait affaiblir, et les programmes de recherche sur appels communautaires. Inversement je considère comme essentielle la lutte contre l’esprit de renoncement qui anime nos sociétés vieillissantes et font le lit de la néo-extrême droite européenne. Ce n’est pas une menace à prendre à la légère car le populisme et la xénophobie ont toujours été des données de fond des peuples européens. Et si, dans les systèmes démocratiques ils ont rarement dépassé le tiers des suffrages exprimés, dans plusieurs circonstances ils ont trouvé des alliés afin de prendre le pouvoir.

L’Europe est une utopie nécessaire pour la gauche a dit récemment Cohn-Bendit. Mais elle est aussi nécessaire pour la jeunesse et donc pour l’avenir de l’Europe et du monde. Plus que jamais les Etats Unis d’Europe sont une nécessité. Aujourd’hui ce n’est plus la fuite en avant qu’il nous faut. Laissons cette chimère aux « nouveaux philosophes ». Il nous faut une défense unifiée, un parlement élu au suffrage universel qui joue son rôle qui est de contrôler l’exécutif élu par lui. Certes une large décentralisation des décisions aux régions de l’Europe sera nécessaire. Il faut impérativement que l’Europe investisse non seulement chez elle mais dans les territoires d’où proviennent les cohortes d’immigrés, ce qui lui impose de participer à leur sécurisation. Quelle autre alternative ? Les indignés, les gauches des gauches ne peuvent se fourvoyer comme l’on fait il y a trois quart de siècle leurs aînés et servir de marches-pieds aux héritiers des idéologies qui détruiront notre continent et nous rendront à notre tour des esclaves. Mais il faut aussi que les profits réalisés par l’économie européenne ne soient plus confisqués par quelques-uns et servent en priorité à cette politique. Non l’Europe n’est pas une utopie nécessaire mais une nécessité absolue.

Saint-Saturnin-les-Apt, le 18 août 2015