La pollution de l’équinoxe de printemps

Dans mon article de début janvier, je rappelais que si la nouvelle année au calendrier chinois était celle du lapin blanc : « contrairement à ce que nous laisse croire Lewis Caroll, le lapin blanc n’est pas un animal blanc et doux comme son nom le laisse supposer. Selon l’Astrologue Russe Vladimir Pogoudine, « c’est une créature assez sévère, et si nous regardons les précédentes années du lapin, nous verrons qu’elles ont marqué le début de la seconde guerre mondiale, la perestroïka, les attentats terribles en Russie en 1999. » »

Dès le premier trimestre nous avons été gâtés. Trois tremblements de terre, dans le centre du Chili, au sud de Conception qui avait été durement frappée l’an dernier (magnitude 7), un autre de magnitude 7,3 survient au large des Îles Loyauté, en Nouvelle-Calédonie, un troisième atteint en février la Nouvelle Zélande. 200 000 personnes sont touchées par des inondations dans la région du Queensland en Australie, il y a plusieurs dizaines de morts. Après le passage d’une tornade dans les états du sud des Etats-Unis on déplore 6 morts et des dizaines de blessés. On décompte un million de sans-abri et 18 morts à l’issue d’inondations au Sri Lanka, plus de 300 morts dans des bidonvilles de Rio de Janeiro consécutifs aux glissements de terrains et aux coulées de boue survenues après des pluies torrentielles. Le 10 mars la nature se déchaîne contre le Japon, un violent séisme de magnitude 9 survient au nord-est du pays, il s’ensuit un tsunami avec des vagues monstrueuses, certaines dépassent 10 mètres, qui dévaste les régions de Sendai et Fukushima dans l’est du pays. Malgré la préparation de la population à ce genre de catastrophes, près de 20 000 morts sont probablement à déplorer. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a été gravement touchée, Continuer la lecture

« Je me répète… On ne répète jamais assez pour les durs têtus »

Ce qui est une version célinienne de la pédagogie de la répétition pourrait bien s’appliquer au débat en cours sur les formations supérieures immédiatement post-baccalauréat. Trois de mes derniers articles, Errare humanum est, Je suis X-Mines mais je me suis soigné… et Paroles paroles paroles,  ont déclenché une petite flambée d’un prurit printanier d’autant plus désordonné que chacun n’y voulait voir qu’à sa porte. Je vais donc y revenir aujourd’hui.

Je voudrais d’abord dire à Rémy que je sais parfaitement ce que sont les trois écoles que Patrick Mehr, l’X-Mines qui s’est soigné, a cité et que j’ai repris dans mon article. La mission de l’ENA est peut-être de former les hauts fonctionnaires, mais elle sert surtout à les formater à la sauce de la bureaucratie française et à atténuer toute différence entre eux qui pourrait résulter de leur histoire politique antérieure[1]. Quand à l’ENS[2] ce n’est nullement un institut de recherche mais une école destinée à former les enseignants agrégés des lycées, sauf qu’ils ne veulent plus y aller et pensent avoir droit à des positions sans réelle compétition au sein de l’Etat et des universités. Il se fait certes un peu de recherche à l’ENS mais sans les universités de Paris (Paris Sorbonne, Paris Diderot, Paris Descartes et surtout Pierre et Marie Curie), elle n’existerait plus. C’est d’ailleurs ce qui rend furax l’agitée de la MSG. Quant aux polytechniciens chômeurs dont il fut, c’est quand même une rareté, au pire ils trouvent aisément une place dans les universités ou les organismes de recherche qui sont les bonnes filles de la république dont ils sont les seigneurs[3]. Mais malgré leurs différences ces trois écoles constituent de fait le mirage que l’on fait miroiter aux élèves comme l’aboutissement, le nec plus ultra  du système méritocratique à la française seule justification des classes préparatoires. En outre il est patent, comme le rappelle Professore, que « le culte des grandes écoles se combine avec la norme selon laquelle les élites sont parisiennes, la province ne comptant que des notables » et, comme je le démontrais dans mon article du 27 août 2010, une quinzaine de classes préparatoires, dont 10 à Paris où en proche banlieue chic, remplissent 53,6% des places dans les 27 premières grandes écoles. Mais dans mon article du 28 septembre 2009,  je rappelais que « si l’on considère combien d’étudiants provenant des classes préparatoires du Nord Pas-de-Calais intègrent l’une des grandes écoles nationales citées en référence, pour l’année 2008 on en trouve 17 provenant des classes préparatoires scientifiques et 2 provenant des classes préparatoires littéraires, soit moins de 1% de l’effectif total. Il y a bien tromperie sur la marchandise. Naturellement, je ne suis pas naïf et je comprends bien que certains des enfants des cadres supérieurs et de la haute bourgeoise du Nord Pas-de-Calais ont déjà quitté le cocon familial et sont au chaud dans des classes préparatoires plus huppées pour rejoindre le vivier de la noblesse d’Etat ».

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Le Chaos

L’effet papillon de Twister est à l’œuvre, partout la jeunesse fait craquer les certitudes. Partout ? Oui sauf dans la couche moyenne de certains pays développés, dont la France,  saisie par la tentation de Venise, le « soul blindness », qui refuse de voir que le monde turbule. Dans la mythologie grecque, le chaos désigne la situation primordiale d’où est surgi l’univers. Le chaos c’est également une région géologique particulièrement désordonnée dégagée par l’érosion. Et pour les mathématiciens c’est un phénomène fondamental d’instabilité dont l’évolution n’est pas prédictible déjà décrit par le grand Poincaré sous le vocable de « sensibilité aux conditions initiales ». On peut donc dire que le monde actuel est en plein chaos, chaos du climat, chaos de l’économie, chaos de la démographie, chaos de l’internet, chaos du religieux. Partout les jeunes éduqués réclament ce qu’ils estiment être leur dû et de ce fait contaminent ceux qui, dans les faubourgs surpeuplés du non droit, le sont moins. La notion de liberté du travail si chère au patronat craque de partout car c’est le droit au travail, le droit à une vie décente qui prend corps et nul ne peut dire ce qu’il adviendra si nos sociétés sont incapables d’y faire face.

Ce jour anniversaire où le 7 mars 161, l’empereur Marc Aurèle, qui fut aussi un guerrier furieux qui persécuta les chrétiens mais surpassa tous les empereurs par la pureté de ses mœurs, accédait au pouvoir ; où les marins de Kronstadt, le 7 mars 1921, se portaient aux avant-gardes de la révolution bolchevick dont on sait ce qu’elle est advenue ; on ne peut ignorer que des situations dites révolutionnaires, où le pire côtoie souvent le meilleur, se déroulent dans le monde arabe.

La valse des maroquins qui se manifeste ces derniers mois montre que le chaos est aussi à l’œuvre chez nous. De ce point de vue on est tenté de dire que la révolution sarkozienne tourne en eau de boudin. La même année où pour renflouer à minima la cagnotte de la retraite des vieux, le notaire à la triste figure qui squatte Matignon met à contribution la plèbe. Dans le même temps il exonère de 2 milliard d’euros les malheureux puissants sous les applaudissements haineux de la vieille peau, Continuer la lecture