Valérie, bonne fée ou sorcière ?

Lors du discours d’investiture du gouvernement de combat, le bourgeois de la Sarthe s’est vanté d’être celui qui avait réussi de nombreuses réformes, notamment celles des retraites et celle de l’université. Regardons-y de plus près.

Fillon s’était en effet attaqué aux retraites dès 2003. Il avait réussi, avec l’aide de la CFDT, à faire passer une première réforme dont tout le monde pensait qu’elle serait insuffisante et qu’il faudrait y revenir. Une tentative d’amélioration de la gouvernance des universités avait fait les frais de l’opération. Je me souviens qu’Alain Juppé, alors patron de l’UMP, invité à un dîner des présidents des universités parisiennes avait, à l’époque, indiqué que le gouvernement reculerait sur tout sauf sur les retraites. En réalité, il n’a pas pu reculer sur la réforme LMD lancée par la gauche parce que ce sont les présidents d’université qui ont imposé son application. L’histoire bégaye puisque le financement des retraites selon la loi qui vient d’être adoptée devra être immanquablement revu dès 2014 ! La patate chaude est donc refilée aux suivants.

Examinons maintenant la réforme des universités. Loin de moi de minimiser l’importance de la Loi d’août 2007, mais force est de constater qu’elle n’est pas arrivée sur un terrain en jachère. Depuis près de dix ans, imperceptiblement, les universités, en particulier celles possédant de fortes composantes scientifiques et médicales où la recherche primait, avaient commencé à modifier leur organisation. La réforme majeure s’était faite à bas bruit par une série d’étapes, ce fut d’abord la multiplication des laboratoires mixtes avec le CNRS, puis l’INSERM et l’INRA, ensuite la contractualisation des universités, enfin son phasage lors de leur renouvellement avec la détermination du financement récurrent des laboratoires mixtes de recherche. Seules les universités de sciences humaines, sociales et juridiques étaient en retrait châtrées qu’elles étaient par les Instituts de Sciences Politiques et l’EHESS qui faisaient main basse sur la recherche en accord avec le CNRS.

Beaucoup de présidents d’université avaient montré que pour aller de l’avant une meilleure organisation de la gouvernance de leurs établissements était indispensable. Pour eux, elle passait par une réorganisation des pouvoirs au sein de l’université visant à assurer la continuité des politiques universitaires sous la houlette des présidents et une remise à plat du rôle des UFR, laquelle passait par la diminution drastique de leur nombre. La noblesse d’Etat voyait d’un mauvais œil cette évolution, Continuer la lecture