L’alternative

L'alternative

En rebond sur mon dernier article, Irnérius me taquine sur mon manque de propositions et pointe le risque, avec les doubles cursus que j’ai créés à l’UPMC en 2005 en partenariat avec l’Institut d’études politiques d’abord puis de Paris Sorbonne ensuite, d’avoir ainsi mis en place des licences fréquentées par les seuls étudiants issus des classes favorisées. Ce n’était pas le but de ces programmes qui visaient à restaurer un minimum de mixité intellectuelle chez les primo-entrants et de représenter une alternative aux classes préparatoires. Cinq années plus tard, malgré une concurrence accrue, on peut constater l’effet positif de ce dispositif :

Mention au baccalauréat

Revenons maintenant sur le panorama éducatif français. Nous savons que l’intégration de la dernière grande vague d’immigration constituée pour l’essentiel des anciens colonisés attirés en France dans les années soixante pour les besoins du développement industriel ne s’est pas effectuée, contrairement à ce qui s’était passé pour les vagues antérieures de polonais, d’italiens, d’espagnols et de portugais. Mais ce qu’Arlette Chabot appelle hypocritement l’échec de 30 ans de politique de la ville est en réalité l’échec d’une politique d’intégration Continuer la lecture

Le déni d’échec.

credit : 1suisse sur Flickr

Le déni de grossesse se définit comme le fait, pour une femme enceinte, de ne pas avoir conscience de l’être . C’est bien de cette pathologie dont est atteinte la société française en ce qui concerne son système éducatif. Un rapport de la Cour des Comptes qui tentait naïvement de présenter quelques symptômes du mal a été immédiatement relativisé par Luc Châtel ministre de l’éducation nationale . Et en dehors d’un Slam des banlieues on ne peut qu’être frappé par le silence abyssal de la communauté éducative.  De fait on sait que, depuis 1995 tous les indicateurs stagnent voire même régressent.

Les comparaisons internationales effectuées par l’OCDE font apparaître une efficacité moyenne de l’enseignement scolaire français. Qu’il s’agisse de la compréhension de l’écrit, des mathématiques ou des sciences, la France se situait en 2006 juste au-dessous de la moyenne de l’OCDE. Ainsi, sur les 30 pays figurant sur le tableau ci après, la France figure au 17ème rang pour la compréhension de l’écrit et les mathématiques et au 19ème rang pour les sciences. Il est certain que les prochaines études montreront que la situation en 2010 s’est encore détériorée. Continuer la lecture

Décidément Valérie Pécresse est têtue

ruban

Je finis mon périple à Singapour où la ministre m’a précédé il y a quelques mois sans y laisser un souvenir impérissable. En contemplant Biopolis et son articulation avec les deux universités phares de la ville Etat on comprend tout le retard français englué dans sa bureaucratie.

En sept années s’est construit ici un complexe de recherche en bioingénierie alors qu’en plus de dix ans un tiers seulement du campus Jussieu est rénové ! Et que depuis quatre ans, de LRU en plan campus et maintenant grand emprunt, les universités françaises intensives en recherche attendent encore l’argent promis. Avant de reprendre l’avion pour Paris le vendredi, j’apprends que la potion du bon docteur Fillon qui n’a rien de magique a été prescrite et qu’elle n’épargnera pas les opérateurs publics que sont les universités. Le lundi j’assiste à un discours de Valérie Pécresse qui s’est invitée à Jussieu. Continuer la lecture

Loin des tartufferies parisiennes !

Kuala Lumpur

Loin des tartufferies parisiennes, je poursuis ma tournée de promotion de Sorbonne Universités et de l’UPMC en Asie du sud-est. A chaque étape je m’aperçois combien la promotion du système « à la française » est délétère pour notre recherche scientifique dans la plupart des disciplines. Alors que la France manque d’étudiants dans les sciences et que cette contrée, à l’instar du « big brother » chinois ou de la ville État de Singapour, considère qu’il lui faut développer une recherche en sciences de qualité si elle veut avoir la moindre chance de compter dans l’avenir, les officines françaises bien formatées continuent à privilégier les « grandes écoles » où la recherche est microscopique. Alors que lassés d’être rançonnés par les universités britanniques de second rang ou les universités australiennes, les états se tournent vers l’Europe et le dispositif mis en place par le MAE, étranglé par les restrictions budgétaires, n’a que de vieilles recettes à leur servir. A Bangkok, l’attaché de coopération scientifique qui nous reçoit est plein d’amertume. Il quitte son poste en septembre et ne sait pas où il atterrira en France. Quoi qu’il en dise, l’Asian Institute of technology a encore de beaux jours devant lui, même si la France a diminué fortement sa participation.

A Djakarta je participe au début de la tournée organisée par l’ambassade pour le lancement d’un programme de bourses « sandwich » baptisé pompeusement séminaire des écoles doctorales. L’Indonésie offre 30 bourses de 18 mois. A l’évidence le niveau des laboratoires ne permettra que dans très peu de disciplines scientifiques de garantir une qualité permettant l’obtention d’une thèse. Continuer la lecture