Là-haut sur la montagne, le Village Gaulois

Village Gaulois

Le nuage devenant évanescent, je peux m’envoler vers Bangkok pour une tournée asiatique. A Roissy, je tombe sur internet et des nues avec l’annonce de la résurrection, en plein Paris, d’un village Gaulois !

La grande druidesse qui préside à l’opération annonce fièrement qu’il regroupe 3000 thésards. C’est sans doute un effet de la potion magique puisqu’un décompte précis n’en fait apparaître 955 et encore s’agit-il de doctorants hébergés car à ma connaissance ils ne sont pas inscrits en tant que tels dans des établissements qui ne sont pas habilités à délivrer le doctorat. C’est sûr que si l’on compare ces chiffres aux 7300 étudiants inscrits en doctorat à Sorbonne Universités, il fallait tordre un peu la vérité pour sauver les apparences. Contrairement à ce qu’avance Educpros, cet attelage hétéroclite n’a rien d’un mastodonte pluridisciplinaire : pas plus de 2000 étudiants régulièrement inscrits dans des cursus délivrant des diplômes.  La qualité me direz-vous ? Mais en ce qui concerne les classements internationaux et le nombre de leurs publications on est loin du compte si on les compare à la production de Sorbonne Universités !

Tableau 1

Par ailleurs, malgré la place éminente de certains de leurs membres, une étude effectuée en 2009 par TecKnowMétrix montre qu’en ce qui concerne les projets européens FP6 et FP7 déposés par les membres de la CPU, l’UPMC est largement en tête avec 240 projets devant Paris-Sud avec 183 projets, Grenoble 128, Toulouse 112 et Strasbourg 111. Quant aux écoles et grands établissements ils sont loin derrière : INP de Grenoble 53, ENS Ulm 46, INSA de Lyon 40 !

Si l’on considère maintenant les projets ANR, une fois encore, l’UPMC est largement en tête avec 181 projets contre 102 à Lyon 1, 100 à Paris Sud, 88 à Paris 7 et à Montpellier 2. Là encore les écoles sont à la traîne, Continuer la lecture

Terrific but terrible

Terrific but terrible

Jeudi 15 avril je m’embarque à Roissy à 9h35 pour Madrid où je suis invité par l’Alianza de las 4 Universidades (Universidad Autonoma de Madrid, Universidad Pompeu Fabra, Universidad Autonoma de Barcelona, Universidad Calos III de Madrid). Elle organisait une conférence intitulée « strategy for international excellence of European research universities ».

Signe des temps, deux universités françaises y étaient invitées, Toulouse 1 Capitole, première université française en économie et Pierre et Marie Curie, première université française en sciences et médecine. L’université de Leiden très active dans les procès d’évaluation était représentée par son Recteur Magnificus Paul van der Heijden, la jeune université de Konstanz, l’une des lauréates du programme allemand des universités d’excellence, était représentée par son recteur Ulrich Rüdinger qui n’était pas né quand son université fut créée. Nul n’avait prévu que le séminaire serait perturbé par le nuage de cendres microscopiques que nous devons au volcan islandais. Celui-ci bloqua le principal de l’université d’Edimbourg à Paris faute d’y être arrivé à temps.

Tout à nos discussions sur la compétitivité des universités (la nécessaire réforme par elles-mêmes de leur propre gouvernance afin de l’adapter à leurs objectifs stratégiques, le sous-financement chronique et les moyens d’y remédier, l’intérêt des clusters versus des politiques d’établissement, la taille idéale des universités) nous ne nous sommes pas aperçus que le nuage se déplaçait inexorablement vers le Sud et l’Est Continuer la lecture

Aller de l’avant !


Aller de l'avant

Dans la dernière lettre des relations internationales de l’UPMC, j’ai fait le point sur sa situation à l’aune de son évolution des dernières années et de la constitution historique de Sorbonne Universités. Pour moi en effet, et n’en déplaise aux esprits chagrins, l’enjeu de la refondation au cœur du Quartier latin d’une université globale est de première importance pour le pays. Il parait qu’au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche on n’est pas content de mes prises de positions sur le rapport Larrouturou. Visiblement la ministre de l’enseignement supérieur n’a pas bien pris la mesure de ce qu’il convient de faire pour que l’objectif présidentiel de placer une dizaine d’universités françaises dans le peloton de tête des universités du monde soit atteint.

J’espère qu’elle ne s’entêtera pas à suivre le premier reçu, premier sorti, premier viré. Nous ne sommes pas résignés, comme les romains du troisième siècle avant notre Ère, à subir la peine du joug dans le défilé du Caudium en passant la tête courbée et les mains liées dans le dos, sous une pique ou une fourche tendue à l’horizontale. Il serait malsain d’ailleurs pour elle de poursuivre un double langage en faisant semblant de faire siennes à Nancy les analyses élyséennes ou matignonesques tout en persistant à exiger de Sorbonne Universités qu’elle adopte la gouvernance des PRES[1]« du Villepiniste François Goulard ». Il faudra plus qu’une manifestation médiatique par les champions du méli-mélo et de l’отдел агитации и пропаганды[2] pour tout réinventer à la Sorbonne et créer la cité de la réussite.

Plutôt que de s’accrocher aux chimères du rapport Larrouturou, elle ferait bien de se plonger dans le rapport de Pascal Aimé, Thierry Berthé et Jean-Pierre Korolitski sur le développement des PRES et la reconfiguration des sites universitaires. Car, contrairement à ce que pense le Germanopratain, tout n’est pas mauvais dans ce rapport, Continuer la lecture