Un mardi 20 octobre.

tour zamansky

Le mardi 20 octobre de l’année du bœuf, l’université Pierre & Marie Curie, en grande pompe et devant la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a célébré à sa façon 900 années de vie universitaire sur le site où est installé son campus principal, Jussieu. L’UPMC confirme que la tour administrative, si haïe de certains à Bercy, se dénommera désormais la tour Zamansky et décide que la dalle du site Jussieu portera désormais le nom de Guillaume de Champeaux. J’ai décrit dans mon livre, « Quand l’université se réveille tout devient possible », les combats que nous avons menés ces dix dernières années pour que la tour ne soit pas détruite et que le site soit désamianté et réhabilité contre ceux qui voulaient dépecer l’université Pierre et Marie Curie et la réduire aux acquêts dans les friches industrielles du nord de Paris hors les murs. Sans oublier de la mettre à contribution pour l’opération de Saclay. Pour cela ce livre a subi la censure. C’est donc d’abord la victoire sur la haute administration et la noblesse d’Etat qui est ainsi honorée. C’est aussi la constance et la continuité politique de trois équipes présidentielles successives qui est aussi récompensée, sans oublier la ténacité de tous les membres de la communauté universitaire qui s’y sont accrochés comme le paysan s’accroche à sa terre.

Ce fut l’occasion pour la poignée de bolcheviques d’opérette et de leurs alliés apprentis nazillons de tenter de perturber la cérémonie. Continuer la lecture

Pour une nouvelle politique éducative !

credits : dmonniaux - flickr

Il n’y a pas de ralliements assumés et de ralliements honteux. La démarche du Ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire est-elle plus méprisable que celle d’un ancien Président d’université reconverti en Directeur-adjoint de cabinet de Valérie Pécresse  (voir dépêche AEF) ? Non, à la voiture de fonction près. C’est en réalité la même démarche, ni plus, ni moins.

La semaine dernière deux livres ont paru qui, malgré les apparences, reflètent bien le problème de la Gauche aujourd’hui. Le premier est signé d’une géographe, Sylvie Brunel, et le second d’Eric Maurin, Directeur de recherche à l’EHESS. La première nous explique que, lors de son mariage en 1983, son mari a refusé de prononcer le fameux triptyque républicain en s’exclamant : « Secours, assistance, oui. Fidélité, non ». Si l’on en croit son livre, celui qui est maintenant son ex-mari a fait la démonstration que, dans son esprit, la fidélité ne désignait pas uniquement la fidélité sentimentale. Le second nous explique que, ce qui caractérise la société française aujourd’hui, c’est plus la peur du déclassement que le déclassement lui-même. « Le déclassement [dit-il] est une réalité qui touche la société à la marge. Alors que nous traversons une des pires récessions de notre histoire, le nombre de salariés ayant perdu un emploi stable dans les 12 derniers mois est, par exemple, de l’ordre de 300 000 personnes. Sur un plan personnel et familial, ces licenciements représentent un drame, mais ils ne concernent cependant qu’une toute petite fraction de la société, à peine 1 % de la population active totale. L’immense majorité des Français reste en fait à l’abri de la déchéance sociale ». Ce n’est sûrement pas avec des arguments de ce genre que la Gauche crédibilisera sa démarche pour une alternance véritable. Continuer la lecture

Lundi 5 octobre, la « Montagne » accouche d’une souris.

valérie pécresse

L’an dernier, à la même époque, un rapport sur l’immobilier universitaire parisien patronné par l’Inspection Générale des Finances, l’Inspection Générale de l’administration de l’Education Nationale et de la Recherche et du Conseil général de l’environnement et du développement durable circulait sous le manteau. Ce rapport enfonçait des portes ouvertes par de nombreux rapports antérieurs mais avait au moins l’intérêt de lister les 120 sites universitaires de Paris intramuros sans d’ailleurs donner de pistes sérieuses pour l’évolution de la situation. Ce rapport ne sera rendu public qu’à la fin de l’année 2008 en même temps que Valérie Pécresse confiait une nouvelle mission à un ingénieur des Ponts, Bernard Larrouturou qui s’était illustré avec le succès que l’on sait dans la réforme du CNRS alors qu’il en était le Directeur Général. Remercié sans beaucoup de tact par le Gouvernement en janvier 2006, il avait tenté, sans plus de succès, un passage chez Schneider Electric, recruté en novembre 2006, il aurait été remercié, selon boursica, en février 2008 « en raison de ses maladresses, il aurait notamment voulu redimensionner la recherche en transférant certains salariés de la recherche au développement (R&D), mais aurait fait certaines annonces sans l’aval de sa hiérarchie ».

Valérie Pécresse, que la contradiction n’effraye nullement, indiquait le 6 janvier 2009 que Bernard Larrouturou devait proposer, en lien étroit avec l’ensemble des acteurs concernés – collectivités locales et établissements – un schéma directeur pour l’enseignement supérieur à Paris, appuyé sur les projets pédagogiques et scientifiques des établissements. Il devait proposer, au mois de mars 2009 pour les questions de vie étudiante et au mois de mai 2009 pour l’ensemble du dossier, un dispositif permettant de piloter, dans la durée, la mise en œuvre du schéma directeur retenu par l’Etat, en lien avec les collectivités locales, et d’accompagner et de coordonner les établissements concernés, dans le cadre et le respect de la loi sur l’autonomie des universités. Bref autonomie certes mais encadrée.

La création fut réalisée en sept jours selon les textes bibliques, mais notre sémillant X-pont, entré et sorti premier de Polytechnique, auquel “l’usine nouvelle” du 16 novembre 2006 trouvait « un physique de rugbyman et un mental de bête à concours » mettra neuf mois pour pondre un texte où la fatuité l’emporte sur le ridicule. Continuer la lecture