Lille et Lyon deux aspects de la rentrée universitaire.

lyon liberation

Le samedi 19 septembre, j’ai participé au forum organisé à Lyon sous la houlette de « Libération » pour débattre avec Bernard Belloc de l’autonomie des universités. La semaine précédant cet évènement un journaliste de « Libé » avait réussi à me joindre en Patagonie pour s’inquiéter que Bernard Belloc et moi étions tous les deux d’accord sur ce sujet. Elle était effrayée par le fait que l’auditoire puisse être frustré de ne pas entendre les diatribes anti-LRU qui réunissent fièrement les gauchistes de SUD et le noyau dur des juristes conservateurs (SUD en épitoge selon une maxime maintenant célèbre). C’est sans doute pourquoi les deux journalistes initialement prévus pour modérer le débat se sont défilés et durent être remplacés au pied levé par une jeune collaboratrice d’un « think/thanks » de Delors.

Contrairement à leurs craintes, débat il y eut, car autant je suis d’accord avec Bernard Belloc sur le principe de l’autonomie, autant j’estime que l’on est loin du compte et que le dossier n’a pas beaucoup avancé depuis la promulgation de la loi. Par ailleurs, j’ai profité de cette tribune pour mettre en avant mon idée force : seules des universités autonomes et puissantes pourront mettre fin au système ségrégationniste, dual et obsolète de l’enseignement supérieur français. D’ailleurs, les réactions de la salle sur ce sujet furent tout à fait favorables. Partant de la démarche entreprise par la nouvelle administration américaine, j’ai montré qu’il y avait un abîme entre la politique libérale progressiste d’Obama et le libéralisme de Sarkozy. Continuer la lecture

Il n’y a pas que l’Asie dans la vie !

argentina

Lors de mes précédents passages à Buenos Aires je n’avais pas eu le temps d’une visite à la ville, cette fois c’est chose faite grâce aux contraintes des horaires d’Air France qui m’obligent à partir samedi soir. Avec le décalage horaire, j’ai donc mon dimanche disponible, j’en profite pour me rendre à la plaza de Mayo, jeter un coup d’œil à la cathédrale métropolitaine et visiter la casa Rosada, siège de la présidence de la république. L’hôtel où je suis descendu se situe avenue de Mayo, à quelques centaines de mètres de là. C’est ici, en mai 1810, qu’eut lieu la révolution qui allait conduire à l’indépendance. La formation de multipes juntes dans les cités espagnoles, lors de l’été 1808 était la conséquence de la vacance du pouvoir royal résultant de l’invasion napoléonienne. Dans un premier temps elles ne voulurent pas changer grand chose, c’est ainsi que le 24 mai 1810 une première junte constituée à Buenos Aires désignait le Vice-roi Baltazar Hidalgo de Cisnéros comme président. Elle fut débordée le lendemain par une nouvelle junte formée par les éléments les plus radicaux de la ville s’appuyant sur le corps des milices. Elle destitua immédiatement le Vice-roi. Mais deux jours plus tard elle publie une circulaire précisant qu’elle agit au nom du roi d’Espagne Ferdinand VII. Ce n’est que six ans plus tard, lors du congrès de Tucumàn, le 9 juillet 1816 que l’indépendance des provinces unies de l’Amérique du Sud consacre l’éviction de la royauté espagnole.

La plaza de Mayo est étrangement calme en ce dimanche matin, Continuer la lecture

Les universités et le XXIème siècle !

stat

Nul n’étant prophète en son pays, ce n’est pas la CPU qui m’a sollicité pour donner mon sentiment sur l’impact socio-économique des universités en ce début de siècle, mais la conférence des universités espagnoles. Et c’est pourquoi je profite d’un stop de deux heures dans l’aéroport de Madrid, en attente de mon vol pour Santander pour commencer l’écriture de ce billet. Santander, charmante cité balnéaire de la côte Cantabrique, mais aussi siège de deux universités dont l’Université internationale Menéndez Pelayo, où va se tenir ce séminaire, de plusieurs musés et qui accueille chaque année un festival de jazz. A la Tabacalera de Santander, entrepôts transformés en pénitencier, après avoir pris la ville en août 1937, les franquistes entassèrent 4000 républicains dans des avant de les liquider un à un et de les jeter dans des fosses communes. Celle qui fut la dernière statue équestre de Franco de toute l’Espagne fut finalement déboulonnée le 18 décembre 2008 à l’occasion du réaménagement de la place et devrait rejoindre le futur Musée de la Cantabrie.

Dans ce genre d’exercice, il vaut mieux connaître ses dossiers, et ce d’autant que les universités espagnoles sont en pleine mutation. L’Espagne est le pays européen dans lequel le nombre de publication a le plus progressé ces dernières années, il a doublé en 10 ans,

  • devant les universités françaises (+78%),
  • les universités suisses (+66%),
  • les universités italiennes (+57%) et loin devant
  • les hollandaises (+42%),
  • les allemandes (+48%) ou
  • les anglaises  (+38%).

Ce qui relativise au passage le discours ambiant sur la mauvaise qualité des universités françaises car dans la même période, le nombre de publication des soit disant « grandes écoles » n’a cru que de 40% et celles du CNRS ou de l’INSERM que de 20% environ.

Quoi qu’il en soit, cette commande survenue à la mi-juillet m’obligea à quelques devoirs de vacances durant le périple aoûtien que j’ai décrit dans ma précédente note. Je décidais donc de m’en tenir à quelques exemples pour lesquels des données fiables étaient accessibles. Continuer la lecture

Un tour estival de France, des amis et de la famille.

credits : Phil91 - flickr

Ce dimanche du 2 d’août 2009, dixième anniversaire de la découverte macabre à Bruxelles des corps de Yaguine Koïta et Fodé Tounkara dans le train d’atterrissage d’un avion de la Sabena en provenance de Conakry, qui inspira la diatribe de Stéphane Guillon contre Eric Besson, c’est le départ. Quatre cent quarante ans après que Saint-Gaudens ait été pillée par les Huguenots du duc de Montmorency, quatre cent vingt ans après que Henri de Navarre, fraîchement converti au catholicisme, soit désigné roi de France et couronné le lendemain comme Henri le quatrième, je m’élance avec mon épouse, Françoise, dans l’arène automobile. Nous évitons soigneusement les autoroutes surchargées et les grandes villes. Après avoir parcouru la Beauce monotone, nous rattrapons le soleil à Meung-sur-Loire, où Le Poète Maudit fut engeôlé par l’évêque du coin en 1461. Nous dédaignons Tours vide de ses étudiants pour piquer droit vers Poitiers via Chasseneuil-du-Poitou de notre Raffarin national. Continuer la lecture