En l’honneur de la fondation de l’Académie de Montauban, le 17 juillet 1744

Il y a tout juste un demi-siècle, le 17 juillet 1959 Billie Holiday, « Lady Day » comme l’avait appelé Lester Young, le plus fidèle de ses compagnons, disparaissait à 44 ans.  Celle qui reste encore, aux yeux de beaucoup, la plus grande chanteuse de Blues avait déclaré dans son autobiographie « Lady Sings the Blues » : « Même si vous êtes une traînée, vous ne voulez pas qu’on vous viole. Même une pute qui ferait vingt-cinq mille passes par jour ne voudrait pas se laisser violer. C’est la pire des choses qui puisse arriver à une femme et ça m’est arrivé quand j’avais dix ans ». A 18 ans, engagée par John Hammond, elle enregistre son premier disque avec Benny Goodman et jusqu’en 1940 jouera avec les plus grands musiciens de Jazz. L’amour lui jouera bien des tours et elle se réfugiera dans les paradis artificiels (mais y a-t-il des paradis naturels ?). Interdite de club à New York elle se produisit une ultime fois à Philadelphie. Sur son lit de mort, elle est inculpée une dernière fois par la police pour détention de stupéfiants.

Parmi toutes ses inoubliables interprétations, c’est « Strange Fruits » qui fut la plus décisive pour la cause de ses frères noirs américains :

Southern trees bear strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black bodies swinging in the southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.

Pastoral scene of the gallant south,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolias, sweet and fresh,
Then the sudden smell of burning flesh.

Here is fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for the trees to drop,

Here is a strange and bitter crop.

Dix ans jour pour jour après le décès de « Lady Day », à l’aide d’une fusée Saturne 5, Armstrong, Aldrin et Collins se libéraient de l’orbite terrestre pour filer vers la lune. Continuer la lecture

Trip en Asie du Sud Est

credit : rpeschetz - flickr

Il est près de 6 heures lorsque je frappe au numéro 1 de la rue Ba Huyên Thanh Quan à Hôchiminh-Ville. Quelques aboiements et je tombe dans les bras de mon ami Nghi. Il n’a pas changé, seulement vieilli, la voie est faible, nasale et moins assurée qu’avant. La vieille dame qui servait du temps de Duong Quinh Hoa a pris sa retraite, sa nièce la remplace. Elle nous a mijoté un excellent dîner vietnamien, d’ailleurs la cuisine du Vietnam ne se goûte vraiment qu’en famille. Je retrouve la maison comme elle était six années auparavant et il veille jalousement sur tous les trésors de l’art et de la culture vietnamienne que Hoa et lui y ont accumulé au fil des ans. Je lis sur son visage la tristesse infinie de l’absence. Il me fait visiter l’autel de Celle qui l’a quitté il y a trois ans. Avant de passer à table, je lui donne des nouvelles de la bande de copains qui a accompagné l’aventure du centre de nutrition de Duong Quinh Hoa et je lui remets mon bouquin sur le Cambodge. Puis comme nous le faisions jadis, nous parlons politique. Obama, Sarkozy, Ahmadinejad, Kim Jong Il ! Tout y passe, y compris la position de son pays sur les évènements du monde. Sa critique est toujours aussi acerbe sur ses anciens camarades de combat. La nouvelle règle de conduite des communistes vietnamiens c’est enrichissez vous ! Je me risque à lui dire qu’il me semble qu’en la matière ils suivent la voie chinoise. Bah me dit il, il y a un grand débat entre les intellectuels chinois et vietnamiens. Nous pensons être les premiers habitants de la chine, avant les Hans ! bien sûr ils ne le reconnaîtront jamais. Comme toujours avec Nghi, l’excessif masque la vision réaliste des progrès de la société mais lui, en philosophe pessimiste, pense que l’égoïsme et l’irresponsabilité vont tuer l’humanité. La révolution ne sert à rien conclu t’il. Je regagne l’hôtel le cœur plein de nostalgie en repensant à la vie de ce couple fusionnel qui a tant œuvré pour la justice et les enfants. Je veux mettre tout en ordre ici avant de rejoindre Hoa m’a dit Nghi en me quittant. Décidément il faut que j’écrive aussi sur cette partie de ma vie.

Le Vietnam, je l’ai découvert il y a presque trente années, dans les conditions que j’ai indiqué ailleurs . Hôchiminh-Ville, la Saïgon des français et des américains a évidemment beaucoup changé. Continuer la lecture

Une réforme de l’accès aux professions de santé…

credits: flickr - Funky64

…s’appuyant sur l’autonomie universitaire. (cet article est la suite d’ Un cautère sur une jambe de bois !, publié le 25 juin 2009)

Dans une véritable réforme de l’accès aux professions de santé, il conviendrait d’abord de remettre en cause, d’une part les modalités de la sélection (la technique du concours) et, d’autre part, le niveau où elle se situe. La France est l’un des rares pays en Europe, avec la communauté francophone de Belgique et le Portugal, qui organise le numerus clausus par un concours à l’issue d’une seule année d’études supérieures. Ainsi est imposée une sélection brutale qui ne repose nullement sur l’appétence à la pratique d’un métier très dur et très prenant mais sur des habitudes familiales ou le désir d’occuper une position sociale reconnue. Nul besoin d’un concours pour réaliser une telle sélection. Nos voisins Suisses ont mis en place depuis dix années un test d’aptitudes comme critère d’admission aux études médicales. Il leur a été possible d’examiner ces questions à l’aide des données empiriques en comparant les résultats obtenus aux examens propédeutiques à ceux du « test d’aptitudes pour les études de médecine » ou AMS. Dans le bulletin des médecins Suisses, K.-D. Hänsgen, B. Spicher signalent que, par rapport à d’autres critères d’admission, l’AMS reste sans concurrence, non seulement parce qu’il est économique, non-discriminatoire et impartial mais aussi parce qu’il a été prouvé qu’il sélectionne vraiment les candidats en fonction de leur aptitude à étudier la médecine (Deutsch Erschienen in Nr. 31/2002).

Nous proposons de changer radicalement le dispositif français en repoussant la sélection en fin de licence et en utilisant toute la souplesse que permet la logique licence/master/doctorat (LMD). Continuer la lecture