On parle du blog et du livre.

Je voulais vous signaler que plusieurs blogs ont eu la gentillesse d’évoquer le mien : le blog Comcampus évidemment, de l’agence Campus communication qui accompagne mon « blogging » au quotidien, mais également le blog  News grandes écoles. Plus récemment c’est le blog Sciences² de Libération à l’occasion d’un article sur le budget 2009 des universités qui a cité une de mes notes. Du côté des médias spécialisés, l’Officiel de la Recherche et du supérieur dans un article publié le 16 décembre 2008 évoque le lancement de mon blog et celui de Louis Vogel. Quant au livre « quand l’université se réveille », le numéro 122 de Vie universitaire lui consacre une fiche de lecture.

Le concours commun aux formations de santé, une mauvaise décision pour tenter régler un problème bien réel.

L’Assemblée nationale a adopté la création d’une année commune de sélection aux professions de santé. La députée Jacqueline Fraysse, soutenue par le professeur Debré et d’autres médecins UMP de l’hémicycle, avait proposé un amendement repoussant la réforme à 2010-2011. Cet amendement a finalement été rejeté. A cette occasion Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche a déclaré : « Il y a en face de moi un certain nombre de personnes qui considèrent que lutter contre l’échec en première année de médecine peut attendre. Je leur réponds : non, c’est une urgence. Et le rôle du service public de l’enseignement supérieur est de répondre aux besoins et aux urgences des étudiants ».

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De mauvaises décisions pour tenter de régler des problèmes biens réels.

La semaine qui vient de s’écouler nous a donné l’occasion, une fois de plus de mesurer combien l’art du double langage est une spécialité française. Lors de son discours sur la diversité à l’Ecole polytechnique, le mercredi 17 décembre, Nicolas Sarkozy déclare que dès septembre 2009, 25% des places de chaque classe préparatoire aux grandes écoles seront réservées aux meilleurs lycéens boursiers. A la rentrée 2010, ce taux devrait atteindre 30%. Le même jour, dans un numéro spécial du Nouvel Economiste, Valérie Pécresse confirme:  « Nos classes préparatoires sont de bons systèmes de formation. Je réfléchis à l’idée que les universités puissent expérimenter l’ouverture d’une classe préparatoire aux grandes écoles intégrée dans leurs parcours de formation ».

Quelques heures avant cette déclaration du chef de l’Etat devant les membres de l’Association nationale de la recherche technologique, Valérie Pécresse assurait le service après vente de sa Loi en déclarant à l’assemblée qu’il fallait renforcer les liens entre l’université et l’entreprise et le lendemain 18 décembre, au cours de l’émission de Laurence Piquet sur France 5 « un soir à la Sorbonne », par ailleurs assez bien faite, elle se fait le chantre des sciences humaines et des formations universitaires. Alors qui croire ?

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Non Madame la Ministre, le compte n’y est pas.

« Je pense qu’il y a une focalisation excessive sur la question des emplois, mais en regardant les dotations des années précédentes, les universités se rendront compte de l’augmentation sans précédent de leurs moyens », estime Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, à l’occasion d’une conférence de presse sur la répartition des moyens et des emplois des universités, lundi 15 décembre 2008 rapporte l’AEF du 16 décembre. Non Madame le ministre, le compte n’y est pas. Votre argument concernant l’université Pierre et Marie Curie, première université de l’Alliance Paris Universitas à avoir demandé pour elle-même l’application de la loi LRU est inexact, voire spécieux. Vous affirmez : « Quant à la contribution qui est demandée à certaines universités, elle reste modérée : Paris-VI a -14 emplois, soit 0,3% de ses emplois… alors que ses effectifs étudiants ont diminué de 1% de 2005 à 2008 » ce qui est contestable. Comment croire vos affirmations comme quoi « Il faut en finir avec le pseudo-égalitarisme » lorsque vous ajoutez « on ne peut pas traiter toutes les universités de la même manière selon notamment que leurs effectifs baissent ou augmentent ». Mais le pseudo-égalitarisme c’est précisément la politique de redéploiement.

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8 au 13 décembre, une folle semaine.

Lundi : le comité exécutif de l’UPMC se réunit aux aurores. Il dresse un bilan morose des propositions du ministère.  Des demandes d’explication et des protestations lui sont adressées, on va se tenir en contact toute la semaine.

Mardi 9 décembre : grande déclaration de Nicolas Sarkozy aux premières assises européennes de l’innovation où, après avoir dressé un portrait dithyrambique  de l’ancien ministre de Jospin, Claude Allègre, il réaffirme sans ambage : « Nous avons lancé en dix-huit mois des chantiers colossaux… Cinq milliards d’euros pour créer dix grands campus universitaires de rang mondial. Mais ce qui est extraordinaire c’est que l’on a réussi sans drame à faire accepter l’idée que tout ne se valait pas, qu’on pouvait choisir d’abord les meilleurs et que les autres devaient continuer à travailler. Quinze autres milliards d’euros en 5 ans seront investis dans l’ensemble de nos universités, enfin devenues autonomes ». Mais en réalité, depuis la veille on connait les chiffres, les six plus grandes universités française sont priées de rendre de 8 à 14 emplois l’an prochain et soumises à la diète budgétaire. Alors qui dit la vérité ? Qui croire avec ce gouvernement ? Dans le même temps les moyens sont maintenus voire renforcés dans les principales écoles d’ingénieurs.

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Non, le Père-Noël ne sauvera pas l’université française.

…Seuls les universitaires le peuvent à condition qu’ils se bougent !
(en réponse à Oldcola sur ma note précédente).

En plus du débat sur l’autonomie, le débat sur la réforme des statuts fait rage. Mais les deux logiques sont évidemment liées. D’un côté les tenants du « tout Etat » qui font absolument confiance aux comités nationaux pour les promotions et l’attribution des primes. De l’autre ceux qui comme moi pensent qu’il est beaucoup plus aisé de vérifier la véracité des rapports d’activités y compris de recherche, l’effectivité des fonctions enseignantes et administratives par des dispositifs de proximité.  Ne nous berçons pas d’illusions, les réseaux ça existe et plus leur cible est éloignée du terrain moins leur action est transparente. Encore faut-il qu’un consensus existe sur l’égale grandeur du métier d’enseignement et du métier de chercheur.

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Autonomie des universités : J-18

Mais où sont passés les milliards pour l’Université ?

Il y a un an à peine, le Président de la république, relayé par sa sémillante ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, prétendait que la France, rompant avec des décennies de sous-financement de l’enseignement supérieur allait propulser dans les 100 premières universités mondiales une dizaine d’universités françaises. Toute l’année 2008 le pays a vécu au rythme des milliards liés à la privatisation d’EDF qui allaient être déversés sur 10 campus universitaires et qui ont accouché du projet de déménagement de Paris Sud sur le plateau des mille vaches et sur le fiasco d’un audit immobilier à Paris. La ministre vient de redécouvrir l’eau chaude : l’immobilier universitaire à Paris est tellement exécrable qu’il vaut mieux ne pas publier l’audit ! Mais que représentent ces cinq petits milliards probablement inclus dans le merveilleux plan de relance que la terre entière nous envie. Bref les grandes universités parisiennes attendront le prochain ministre.

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« Un président d’université doit être paranoïaque »

La lettre de l’étudiant datée du 8 décembre me consacre une interview et à l’amabilité d’annoncer le lancement de ce blog. Bienvenue donc aux lecteurs qui auront découvert son existence via la Lettre. L’interview revient sur mes années de président à l’UPMC, les réformes menées pendant ce mandat. Extrait :

Que changeriez-vous à la loi LRU ?

Il faut la simplifier radicalement. La loi LRU ne devrait pas définir aussi précisément comment les universités doivent s’organiser. Cette question concerne directement les statuts de chaque établissement, en fonction de ses objectifs de recherche et de formation qui ne sont pas les mêmes pour tous. La loi Pécresse ne laisse aucune place à la diversité. Et la loi Goulard est encore pire. les PRES sont été corsetés par l’Etat.

Quelles sont les qualités indispensables d’un président d’université ?

Il doit avant tout être paranoïaque. Il faut qu’il soit en permanence sur la défensive pour détecter ses alliés et ses ennemis, parmi les grandes écoles ou au gouvernement. Mais il ne doit pas être un paranoïaque solitaire, il doit savoir s’entourer. Il faut aussi qu’il ait de l’ambition, à la fois pour lui et son établissement. Et mieux vaut aussi qu’il soit persévérant et n’ait pas besoin de beaucoup de sommeil !

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Autonomie des universités : J-25

La partie de bonneteau engagée par l’administration avec les vingt universités désignées pour passer à la gestion du budget global en Janvier se poursuit. Malgré les engagements du ministre sur le maintien des emplois dans les grandes universités de recherche, malgré la loi LRU votée qui implique la négociation d’un contrat d’établissement, les hommes de Bercy sont à l’œuvre, appuyés en sous-main par le syndicat des P.M.U.¹ . La tactique est simple, imposer aux grandes universités une masse salariale plancher minimale et renvoyer les marges de manœuvre nécessaires à une négociation contractuelle qui surviendra plus tard.

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